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INTRODUCTION

 

Le FLN déclencha la lutte de libération, le 1er novembre 1954. L’ALN instituée pour mener à bien cette tâche ardue, mit tout en œuvre pour concrétiser cette noble action révolutionnaire. Le FLN regroupait bien sûr, toutes les sensibilités sans ostrascisme et s’opposait résolument au colonialisme français.

Dès l’indépendance en 1962, les algériens ébahis par l’ivresse de cette libération tant attendue, suivait docilement le cours des évènements sans trop rechigner…

La facture était trop lourde ! Une grave agitation au sommet, allait bousculer la quiétude des algériens, lorsque en 1965 un coup d’état militaire, les précipita dans un népotisme généralisé qui aboutira à un despotisme stalinien !

L’équation était facile :

  • Le FLN historique est utilisé pour juguler toute action politique non conforme à la vision des potentats au pouvoir.
  • L’ALN devenue ANP, est elle aussi prise en otage pour défendre et servir les intérêts du système mis en place par cette oligarchie issue du putsch militaire.
  • Le MALG devient la Sécurité Militaire (SM) pour étouffer toute velléité de dissidents potentiels ou opposants politiques.

Ainsi :

  • Le secrétaire général du FLN coordonne tout le programme politique du parti.
  • Le ministre de la défense utilise ses structures militaires pour le maintien du système.
  • Le directeur du DRS réprime toute contestation.

Depuis lors, se targuant d’une légitimité historique, les décideurs » et leur commanditaire ont mis sous leur emprise, la destinée de plusieurs générations d’algériens même si la plupart d’entre-elles n’ont jamais connu le colonialisme français !

 

L’IMPLOSION

Après octobre 1988, le FLN implosa et presque toutes les tendances politiques en son sein, se regroupèrent en formations politiques dans le camp de l’opposition dès octobre 1988 !

Il y eu une myriade de partis politiques. Du microscopique au poids lourd. Tous les sigles pavoisaient et rivalisaient à qui mieux mieux ! C’était la foire aux idées. Des plus saugrenues aux plus farfelues…

Tous les partis en lice gesticulaient pour plaire au maître de céans ! L’enjeu est considérable.

  • Des locaux dans chaque wilaya pour les plus entreprenants d’entre-eux !
  • Des subsides pour le financement des activités du parti.
  • Des facilités d’accès aux média « lourds » comme la TV et les quotidiens nationaux.
  • Une importante représentativité dans les grandes institutions étatiques et/ou élues.

L’essentiel, c’est d’être là, coûte que coûte…

Petit parti deviendra grand !

Le système bien au courant de la cupidité des uns et de l’ambition des autres n’hésite pas, en légalisant ces partis à mettre en place devant chaque parti, son alter égo de même tendance !

– Le FLN et le RND
– Le FIS (dissout le 04 mars 1992), le HMS et Ennahda
– Le FFS et le RCD
– Le PT, PTS et (PCA-ORP) PAGS puis MDS

Plusieurs partis n’ont pas pu obtenir leurs agrément pour des raisons très politiquement correctes. D’autres par contre, obédience oblige, eurent les faveurs du pouvoir en place en profitant de ses largesses ! Le pouvoir navigue en solo mais pour mieux berner les incrédules, il a mis en place une démocratie de façade. Ainsi il veut donner l’impression d’une direction collégiale.

L’opposition donc de facto est factice. Elle est grassement rétribuée en retour.

Ce pouvoir réel et puissant redistribue, les quotes-parts puisées dans les ressources de l’état et se charge des nominations aux plus hautes fonctions pour les postes déterminants. Les petits partis algériens ont tous ou presque disparu, de la scène politique.

 

L’OPPOSITION LÉGALE

Ce sont tous les partis agréés par le ministère de l’intérieur. Ils sont plus de vingt (20) partis juridiquement agréés, conformément à la loi sur les associations à caractère politique. L’état a la mainmise sur tous les acteurs de la scène politique.

Ils sont contrôlés et mis au pas…

Les réticents sont systématiquement mis hors d’état de nuire. Le pouvoir en place nomme aux postes stratégiques tous ses affidés.

Toutes les élections sont triées, sélectionnées et manipulées…
Le système est cloisonné. Le sérail est bien gardé !
Les institutions sont hermétiques.
La presse est servile (elle conforte l’idéologie du pouvoir) :

  • Aucun « titre » n’est indépendant.
  • Aucune objectivité.
  • Aucun respect du pluralisme.

Les CLANDESTINS

D’autres se croyants plus fins et plus aguerris aux sournoiseries claniques, surfent sous l’œil vigilant du DRS en s’exhibant à travers les réseaux sociaux, comme étant les représentants dûment mandatés pour parler au nom du peuple algérien ! Des sigles foisonnent par-ci et par-là pour impressionner la galerie et surtout pour se placer à l’avant-garde d’une probable vacance ou pour être propulsé à la une des manchettes. L’ambition, encore elle ! La démesure l’emporte parfois sur certains comportement puisque certains vont jusqu’à se donner une biographie historique…usurpée !

Nos enfants ne connaissent même pas certains héros de la grandiose révolution de novembre 1954 !

Des opportunistes mus par la cupidité et profitant de l’incrédulité notoire de notre jeunesse, se posent en révolutionnaires attitrés en venant pompeusement déclamer leurs sacrifices passés et leurs abnégations pour la patrie. Ces charlatans en titre, n’hésitent pas, à travers les réseaux sociaux surtout, à pérorer de tout et de rien. Ils ne donnent à personne l’occasion de répondre à leur prétendue vision des choses de la vie !

Le docteur Maiz chirurgien de son état est le porte parole du CCD !

C’est quoi, ce CCD ? C’est le « Congrès pour le Changement Démocratique » !
Une sorte d’organe consultatif.

Globalement, il dépend du FCN (Front du Changement National) qui tient un journal en ligne – le Quotidien d’Algérie – (une tribune berbériste (avec la naïveté bienveillante du Dr Sidhoum) et que les démagogues du Matin-Dz pour donner le change, l’accusent d’être « Islamiste » ?!) c’est donc à travers ce site qu’il a vu le jour…

Monsieur Maiz un socialiste de culture laïque(1), s’est déplacé à Aïn Salah avec quelques membres sur proposition du CCD.

Il est sur toutes les photos en gros plan ! Un véritable bain de foules. C’est donc Aïn Salah qui lui fait honneur, pas le contraire ! Sur sa page « Facebook » une trentaine de photos accentuent encore cette idée du « Zaïm » si chère à Ben Bella (Rahimahou Allah) !

Cependant « la marche des chômeurs » à Ouargla n’a pas eu les honneurs de notre docteur…

A propos de sigle, c’est à la mode. Constatez par vous-même :

  • CCD (Congrès pour le Changement Démocratique) porte parole : Dr Maiz
  • MCLD (Mouvement citoyen pour les libertés et le développement) porte parole : Mr Ali BRAHIMI
  • CNLTD (Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique) avec: Abderrezak Mokri (MSP), Mohcène Belabbas (RCD) et Sofiane Djilali (Jil Jadid)
  • ISCO (Instance de Concertation et de suivi de l’Opposition algérienne)
  • CNDDC (Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs) porte parole Aibek Abdelmakel
  •  ACA  (Action citoyenne pour l’Algérie) porte parole : Hocine Redjala
  • CCRNA (Collectif Citoyen pour la Réédification de la Nation Algérienne) porte parole : le général Yala Mohand Tahar.

La plupart sont agréés en tant qu’instances de partis qui activent en toute légalité !

Le CCD n’existe que sur du papier et il a l’ambition de vouloir provoquer le changement par des moyens pacifiques !

Le Dr Maïz compare le 12/03/2015, son CCD au CNLTD qui regroupe soit dit en passant : cinq partis politiques (MSP, RCD, Jil Jadid, El Adala et Ennahda) sans compter l’adhésion de Messieurs Ali Benflis, Mouloud Hamrouche et de Ahmed Benbitour !

1/Écoutons-le : (tous ses textes ont été copiés tels quels de sa page Facebook)

Début:

« A une question qui m’a été posée par un responsable sur ce qui différencie la CNLTD du CCD auquel j’appartiens sur la question du changement , voici ce qu’a été ma réponse:

Au sein du CCD nous considérons que le système dans sa globalité agit comme un cancer qui s’est développé sur un organisme (la société) qu’il a affaibli appauvri et corrompu . Il ne s’agit donc pas pour nous de sauver « ce qu’il y a de santé » (il n y en a pas) dans cette tumeur , il s’agit de la supprimer et , ce faisant , de sauver l’organe . Et aussi de fortifier , de purifier l’organe dont la faiblesse et les excès ont rendu possible l’apparition de la tumeur . Il n y a rien a sauver de ce système (on ne sauve pas une maladie , on sauve l’organe malade en éliminant la maladie ). Mais en même temps , il y a bien des choses a corriger dans l’organisme social dont les tares ont permis l’irruption d’un tel mal . Au CNLTD on considère qu’il est possible de guérir le mal en s’accommodant de la tumeur , c’est a dire qu’il est possible d’appeler a un changement dans ce système qui a été et est la cause principale de tous les maux de la société et du pays !

une même revendication certes et qui est le changement , mais deux visions et deux démarches diamétralement opposées !

l’une conciliatrice avec le système pour un partage du pouvoir qui est celle de la CNLTD ; l’autre radicale (qui ne veut pas dire extrémiste) et qui est l’édification d’un véritable Etat de droit , de justice et de dignité ! »
Fin

A l’instar du FLN Historique, le CCD a choisi le regroupement de plusieurs sensibilités mais à l’image du Ennahda de DjabAllah qui préfère surtout des militants technocrates ! (Le Ghachi, c’est pour les urnes !)

Que se passera-t-il, s’il réussit son coup d’état chirurgical sans douleur, sans pleurs et arrive au pouvoir ?

 

Qui prendra les rênes ?

– Les islamistes ?

– Les conservateurs ?

– Les berbéro-communistes ?

– Les affairistes ?

 

Que va faire le CCD face à tous ces partis qui militent en Algérie depuis des lustres légalement et pacifiquement pour arriver au pouvoir ? N’oublions pas qu’ils sont déjà aux premières loges !!!

Les légalistes:

– Conservateurs (FLN, RND, FNA, MPA, MJD, MEN, PRA…)

– Islamistes (FIS, HMS, ENNAHDA, MRN, EL ISLAH,WAFA…)

– Berbéro-communistes (MDS, FFS, RCD, PT, PTS…)

 

Quelle sera la réaction de l’ANP ?
Comment réagira l’opposition armée, face à un éventuel changement salutaire ?

 

Le FLN Historique avait utilisé cette stratégie, pour des raisons très historiques. Il n’avait pas l’embarras du choix.

Pour lui, une seule priorité : l’indépendance de l’Algérie!

 

FALSIFICATION

Faut-il encore rappeler qu’en Algérie, il y a une opposition armée que personne ne peut éluder…

Il y a ensuite une opposition légale qui essaye de retrouver ses repères mais…elle est toutefois légale !

– C’est le cas du FFS créé en 1963 Aït Ahmed…et les autres !

– PCA, ORP, PAGS, Ettahadi, MDS – Bachir Hadj-Ali (25/01/1966) El Hachemi Chérif, Larbi Bouhali, Sadek Hadjeres…

– PST Chawki Salhi (Trotskiste)

– PT Louisa Hanoun

– MDSL, PLD Moulay Chentouf…

– MDRA Krim Belkacem (1967) Slimane Amirat…

– MDA (1982) Ahmed Ben Bella.

Il y a enfin une pseudo-opposition qui fait feu de tout bois…sans convaincre personne.

Sur sa page ‘Facebook » le Dr Maiz affirme qu’il est né le 10 juin 1955. C’est l’année où le jeune Slimane AMIRAT, avait rejoint les rangs de l’ALN ! Monsieur Maïz a donc 60 ans à ce jour…

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===>Pourtant quelque chose me turlupine !

Le Dr Maïz est nommément désigné sur les pages suivantes comme étant l’un des membres fondateurs du MDRA avec Krim Belkacem ?!

Krim Belkacem a été assassiné le 18 ocrobre 1.9.7.0 à Francfurt ! Le Dr Maiz, avait 15 ans !

Il n’a donc JAMAIS connu ou côtoyé Krim Belkacem, (Allah YArhamou) mais en bon paternaliste démagogue, il entretient  mine de rien, l’amalgame de la perfidie…

Le Dr Maïz n’a JAMAIS démenti cette affirmation ! Pourquoi ?

Qui ne dit MOT consent ! Le Dr Maiz n’ignore pas que TOUS CEUX qui pourraient le démasquer (les Historiques) sont décédés ! (Allah Yarhamh’oum)

Boumédienne, Ben Bella, Ben Tobal, Boussof, BenKhedda, Ali Kafi, Boudiaf, Krim Belkacem, Amirat…

Les autres, soit ils ne savent pas ce qui se trame ou bien ils sont consentants par idéologie berbériste ! Tous ceux qui savent et se taisent, essayent de faire du Dr Maiz une figure historique (même usurpée ?!) Sur son piédestal, monsieur fait le fier pour mieux berner les hésitants et consolider cette ignoble supercherie historique. La rumeur fera le reste…

voir (Sreenshots)

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Pour rappel, le MDRA a été créé le 18 actobre 1967 !

Comment le Dr Maïz né le 10 juin 1955 pouvait-il être MEMBRE FONDATEUR du MDRA alors qu’il n’avait que 12 ans…?!

 

CE N’EST PAS POSSIBLE !!!

Il ne devient secrétaire général de ce parti qu’à partir de 1989 jusqu’à 1992…année du pluralisme politique ! Le MDRA n’a été officiellement agréé que le 19 janvier 1990, sous la houlette de Slimane Amirat.(Rahimahou Allah)

Commémorant ce 22 octobre 2013, le 43e anniversaire de l’assassinat du «lion des djebels», un vibrant hommage a été rendu à Krim Belkacem, par plusieurs moudjahidine qui sont venus notamment de Tizi Ouzou, d’Aït Yahia Moussa localité natale du martyr, de Draâ Ben Khedda, de Tadmaït, ainsi que de la capitale, Alger.

Le Dr Maïz, en tant que membre fondateur supposé du MDRA, aurait dû normalement assister à un pareil évènement ! Ce n’était pas le cas…

Ecoutons l’indignation de monsieur Brahim Ould Mohamed un ancien du MDRA et proche compagnon de Krim Belkacem (Le lion des Djebels (Rahimahou Allah) :
« Au lancement du MDRA, beaucoup de gens qui avaient promis de marcher et se disaient être bras droit de Krim, l’ont par la suite trahi après avoir acquis un nom grâce à Krim »
 
Quelle clairvoyance ! Merci monsieur Brahim Ould Mohamed…
 

2/Monsieur Maïz en date du 06/09/2011, nous parle d’une future révolution pacifique, en Algérie(2):
Début :

LA REVOLUTION DANS LA PAIX !
« A tous ceux qui sont entrain d’appeler a la révolte au lieu de la révolution , a la désobéissance au lieu de la mobilisation , l’anarchie au lieu de la discipline , a la destruction au lieu de la construction , a la rébellion au lieu de la discipline dans l’engagement sachez que le peuple Algérien ne suivra plus les sirènes et les discours enchanteurs et enflammés de personnes quelque soit leur engagement et qui se la coulent douces dans les capitales occidentales ou ailleurs !
nous sommes engagés pour le changement , un changement radical ; mais avec des moyens pacifiques avec le souci de préserver notre peuple et notre pays ! on ne veut plus de drames , de disparus , de mutilés de terrorisés , de massacrés , d’assassinés ! nous voulons et nous œuvrons pour une révolution tranquille et pacifique ! cela a besoin de temps , le temps de l’union des forces du changement , le temps de la prise de conscience collective pour le changement , le temps du rassemblement et de la mobilisation; nous sommes loin de ceux qui veulent tout et maintenant ceux la sont mus par d’autres intérêts que celui du bien être de ce peuple ; le pouvoir rien que le pouvoir qui les intéresse! qu’ils viennent , qu’ils descendent dans l’arène comme ceux qui n’y sont jamais descendus et ont fini par pactiser avec les fauves en prônant les discours de ces opposants !
Non et non ! nous militons pour le changement mais pas pour n’importe quel changement ! nous militons pour le changement de système , de ses hommes et de ses méthodes pour l’instauration d’une Algérie démocratique, celle du mérite , de la liberté sous toutes ses formes , une Algérie de l’espoir et de la justice , de l’honneur et du respect ainsi que de la dignité ! elle se fera mais elle se fera dans l’ordre et dans la paix !

Tel est notre engagement au sein du Congrès pour le Changement Democratique CCD(3)
Fin…

Ma réponse, sur la page d’un ami…

Monsieur Maiz, on ne peut l’ignorer. Cependant, cette idée d’opposer la sérénité à la folie destructrice d’un pouvoir qui a déjà montré son outrecuidance et sa bestialité envers tous ceux qui essayeront ne serait-ce que de s’opposer à lui, est une fiction !

Pour une action politique, vous n’êtes pas sans savoir que son terrain de prédilection, c’est la création d’un parti politique par les voies réglementaires et légales ?! Or, il apparait nettement dans vos déclarations, que c’est le dernier de vos soucis…

En Algérie, plusieurs partis politiques agréés par le pouvoir (obédience oblige) et une multitude d’associations caritatives ou autres, activent sur le patinoire de l’humiliation et de la soumission ! D’autres partis suspectées de crédibilité, attendent gentiment un probable agrément. Vous, vous vous démarquez et vous filez le vent en poupe, croyant par là, arriver à vos fins ?

Par ailleurs, serait-il impudent de vous demander :
– « Mais que voulez-vous ? »
===> »Le pouvoir monsieur, le pouvoir ! » Non pas, une part du pouvoir ! Mais TOUT le pouvoir…

Puis, faut-il encore insister : qui représentez-vous ? Si vous dites le « peuple » ! on est en droit de vous dire mais qui vous a autorisé à parler en son nom ?! Voyez-vous, ce pouvoir a usurpé son poste de « décideur » par la force des armes et au nom d’une légitimité historique juste pour se maintenir à la tête du pays ! Croyez-vous qu’il restera les bras croisés devant vos gesticulations oratoires (c’est bien de ça qu’il s’agit, non ?)
Monsieur Maiz, croyez-vous sincèrement en utilisant la politique de l’autruche, pouvoir mettre un terme à la barbarie de cette impitoyable dictature ? Vous connaissez mieux que moi, la réponse !

Beaucoup d’enjeux sont en ligne…

Ce qui a été pris par la force ne le sera repris que par la force !

Pour certains, la force, c’est la puissance ou l’action militaire ! Pourtant l’Irak et la Libye ont été affaiblis par une action économique…

Tous les partis politiques en Algérie sont soumis au régime militaire maffieux ! Sans exception…aucune !

Le docteur Salaheddine est un ami que je respecte beaucoup malgré le différend qui nous a opposé à cause de (Sait TOUT) qu’il défend même s’il a tort ! Cependant ma conviction intime est que ce régime honni n’abdiquera pas politiquement ! Jamais…

Le maintien de ce pouvoir est assuré par les militaires qui l’utilisent comme paravent !

Ce pouvoir n’est pas bicéphale…

En Algérie, les militaires sont les vrais décideurs et personne d’autres hormis les vrais commanditaires qui se trouvent en France ! Ces gens là, pour donner une image acceptable d’une démocratie de façade, sont prêts à toutes les concessions mais pas au prix du pouvoir ! Il y a des lignes à ne pas franchir…
Tant que vous amusez la galerie, faites-le avec la bénédiction des pouvoirs publics. A la moindre incartade, vous assumerez et vous ne trouverez personne pour vous secourir…

Je ne vous apprends rien monsieur Maiz, vous qui êtiez en 1967(?) avec Krim Belkacem(4), le colonel Amar Ouamrane et le colonel Mohand Oulhadj, Slimane Amirat(5) au sein du M.D.R.A

Le pacifisme politique demande une implication à tous les niveaux de la vie communautaire et une solidarité sans faille sur le terrain pas à l’ombre et être de toutes les manifestations PACIFIQUES !
Participer ACTIVEMENT à toutes les actions sur le terrain malgré toutes les dérives possibles. Le pouvoir à presque tous les moyens pour infiltrer et « casser » toute initiative qui mettrait en péril sa cohésion et sa pérennité !

L’administration est aux ordres et la presse est à ses pieds !

La lutte doit impérativement être de tous les fronts et à tous les niveaux ! Le choix des hommes doit être rigoureux ! Pourquoi s’encombrer de gens qui détaleront au moindre pétard ?

Un changement, quel qu’il soit, doit être réfléchi et pondéré…

2/Un autre écrit du Dr Mohamed Maiz : 02 avril 2012 (page Facebook)
Début:

DE LA MEDIOCRITE DE NOS GOUVERNANTS !
Contredisez sainement un homme supérieur , il accueillera votre contradiction , mais il l’intégrera dans l’édifice de sa pensée personnelle , il se sentira non pas réfuté , mais complété par votre critique . Agissez de même avec un homme médiocre , un homme en série (suivez mon regard) ou bien il sera fermé sans recours a vos meilleurs arguments , ou bien il les approuvera, mais sans les assimiler , sans les accorder a son opinion antérieure , il ne s’inquiétera pas du « trou » que vous aurez creusé en lui. Le malheur de cette espèce d’hommes qui pullulent chez nos gouvernants , c’est de tolérer en eux une opinion a l’état de corps étranger, de n’avoir nulle besoin de cohérence et de synthèse intérieures . Ils se suffisent a leur médiocrité dans un système qui ne tolère aucune réflexion ni pensée autre que la sienne. Tandis que l’homme supérieur, (entendez: LUI ?! Quelle modestie !) par sa culture, son indépendance et sa dignité, s’acharne a transformer les contradictoires en complémentaires, (?)le médiocre les accueille en lui en tant que contradictoires,et cela sans même avoir conscience de l’absurdité de son attitude ! (Pauvre plèbe !)

Fin…

===> Cette affirmation est le propre de votre pensée. Moi, je l’ai apprise à mes dépens, sur les colonnes du Quotidien d’Algérie. (N’est-ce pas Dr Salaheddine ?) Un site où les berbéristes font de la récupération politique…et où la censure a de beaux jours devant elle ! Une tribune où le tribalisme et le régionalisme prospèrent…le ton est celui d’un démiurge qui « Sait TOUT » sur l’histoire de notre pauvre Algérie ! Tout avis contradictoire vous renvoie à une rebuffade. Monsieur « Sait TOUT » connait TOUS les anciens moudjahidine puisqu’ils sont TOUS de son village – dixit (« Sait TOUT »)

On a cette désagréable impression que c’est la wilaya 03 qui nous a débarrassé du colonialisme français ! Inutile de débattre, il « Sait TOUT » vous en mettra plein les yeux et les oreilles ! Vous aurez droit aux Ali Zammoum, et ses compagnons D.Timsit, A.Fadhel et Kateb Yacine(?) par un invité de marque : le colonel El Hadjen ! Puis plus loin, il vous assène ses propres vérités d’acteur en première ligne sur les champs de batailles sans dates ni repères(?) :

Le colonel El Hadjen très content lui aussi des hommes qu’il venait de rencontrer, me fit cette remarque deux jours après à Mechtras : « Ali Zammoum, Krim, Benbella, Ait Ahmed, Khider, Boudiaf et tes amis d’Alger (Rien que ça ?) sont de grands patriotes, des nationalistes auxquels on ne peut rien reprocher,sauf le fait qu’ils sont orgueilleux, exigeants et rancuniers à l’extrême. Dans de telles conditions, on ne peut pas faire de la politique et conquérir le pouvoir.»

Je reprends à mon compte, ce jugement péremptoire d’un lecteur de LQA (28/03/2015) parmi tant d’autres: Il est évident que cet excité de (Sait TOUT) a des accointances au sein de LAQ !
Début :

« Je vous cite : « Boussof, Bentobal, Mahmoud Cherif, Boukharouba, Krim, le commandant Slimane, Mohammedi Said, Amirouche…etc… etc.. sont de grands patriotes mais très limités intellectuellement et culturellement. »

Ok donc pour vous tous ses grands hommes sont des tarés et des bouchés intellectuellement et culturellement et vous, vous êtes un génie ! C’est honteux de parler d’histoire de la révolution et de ses hommes comme vous le faîtes !

Mais non de Dieu , pour qui vous vous prenez ? Un super intellectuel, un super cultivé un super historien, un super idéologue, un super sociologue , un super spécialiste de l’histoire de l’Algérie, un super spécialiste de la naissance et de la vie du pouvoir algérien, un super ceci ou cela etc… etc…

On veut bien savoir? YA KHO !

Pour l’instant , vous n’avez écrit aucun livre sur l’Algérie ou autre , n’est-ce pas ???!!! Donc , on attend votre premier livre (..sur l’Algérie etc…) et après on parlera avec vous !

Il faut arrêter de parler comme çà de tout et de n’importe quoi d’une manière incohérente sur l’Algérie et ses hommes ! Un peu de respect pour la science de l’histoire ! On peut certes discuter et débattre à notre niveau sur LQA de notre pays, mais sans trop de prétention s’il vous plait !

NB: vous dîtes trop de fausses vérités historiques ou autres et vous faîtes trop souvent trop de raccourcis …historiques !!
Fin…

Voilà, on ferme cette parenthèse sur les prétentions de ce Messaliste né en 1962(6) et qui a le toupet de remettre sans cesse, en cause notre grandiose révolution ?! Il n’a même pas participer à la guerre de libération et il se permet de porter un jugement d’intention à tous ces braves combattants de la lutte armée ?!

Pour finir, je ne permettrais jamais à un usurpateur(7) qui se pose en militant d’un parti qu’il n’a connu qu’à l’âge de 34 ans de venir prétendre me représenter d’une quelconque façon !(8) Ce laïc imbu de lui-même et berbériste de surcroît, déteste l’Islam et les musulmans…

Remarquez le ton acerbe qu’il utilise pour dénoncer la mort des mécréants, journalistes à Charlie Hebdo…

(8 janvier 2015)
Début:

Ce que je vais dire va certainement déplaire a certains de mes compatriotes voire même certains de mes amis , mais je ne pratiquerais pas l’hypocrisie dans ce qu’il y a de plus noble et qui est la vie .

J’ai toujours dénoncé et je dénoncerais toujours ces actes criminels et barbares perpétrés pas ceux qui ont perdu leur part d’humanité pour ne laisser vivre et extérioriser que leur part d’animalité en donnant la mort a autrui (9) , en se drapant de religion ou de défense des préceptes religieux ; ces gens la n’ont rien de religieux , quelque soit la religion qu’ils prétendent défendre ; je crois que le consensus sur cela est sans équivoque ; la ou je ne suis pas d’accord avec ce que je lis dans certaines contributions et analyses c’est quand beaucoup vont jusqu’à presque reprocher la compassion , la solidarité avec le peuple français dans sa terrible épreuve , dans sa douleur .(10)

Oui le monde s’est indigné pour 12 vies humaines happées par la barbarie , parce que les français , peuple , Etat , gouvernement, partis , associations etc s’est levé comme un seul homme pour dénoncer cet acte criminel, pour crier son indignation et son dégoût contre ces faiseurs de morts et aussi parce que la vie du français est pour eux ce qu’il y a de plus cher , parce que l’Etat français protège son citoyen et le défend ou qu’il soit .

Nous avons subit des milliers de « Charlie Hebdo », il n’ y’a jamais eu autant de mobilisation , d’indignation que dans le » Charlie Hebdo Français « , parce que nous sommes divisés même dans la mort , même la plus abjecte , la plus horrible qui est celle d’enfourner un bébé de 06 mois que j’ai vu de mes propres yeux ! Non , ni le peuple ,ni l’Etat Algérien , ni les partis , ni les associations n’ont eu ce sursaut de dignité pour se mobiliser contre la barbarie qui a sévit et qui continue de sévir dans mon pays !

Alors oui je dis au peuple Français Bravo pour ce que vous faites ! je ne rentre pas dans les suppositions politico mediatiques , je reste dans cet aspect de la dénonciation de l’acte , de la tuerie , de la barbarie !
– Fin…

Monsieur nourrit à la mamelle de la laïcité glapit et s’insurge, devant cette « odieuse barbarie » et ne s’indigne guère devant l’offense faite à tous les musulmans en la personne du Messager d’Allah le Très Haut. Ces mécréants méritaient une mort des plus atroces ! Qu’Allah leur réserve les supplices les plus horribles ! Que la géhenne les engloutisse ! Le Messager d’Allah Notre Seigneur Mohammed – Que le Salut Soit Sur Lui – (Tiens, vous portez son prénom ?) a dit dans un hadith certifié :
 
« El Mar’ou Ma3a Men Ahab » (c’est à dire dans l’au delà !)

===> Si tu aimes Le Messager d’Allah Notre Seigneur Mohammed – Que le Salut Soit Sur Lui – alors, tu seras avec LUI au Paradis !

===> Tu es Charlie et…tu aimes Charlie alors tu seras en ENFER avec ton ami Charlie !!!

Pour nous les « barbares », (tiens, cela me rappelle quelque chose ?!) quand on porte atteinte à notre religion, on tire sans sommation sans demander l’avis de quiconque ! Nous respectons toutes les religions contrairement aux hypocrites et aux tartuffes qui ne ratent aucune occasion pour venir effrontément nous agresser jusque dans nos villes et villages. Le temps de la soumission est révolue !

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NOTES

(1) http://www.michel-tabanou.net/2014/05/mon-ami-le-professeur-mohamed-maiz.html
(2) Sur sa page Facebook. (sans possibilité de commenter)
– Krim Belkacem le 18 octobre 1970, Tansouet le 20 septembre 1970 et Tarbouche Mourad en 1972, alors que la dernière n’a pas eu lieu sur Slimane Amirat qui a été mis au 4e sous-sol à Sidi El Houari. (Oran)
(3) Toutes les libertés ! Quelles libertés ? La laïcité ? Pas un mot sur l’Islam ?!
(4) Il participe à la création d’un nouveau mouvement d’opposition, le MDRA, mouvement qui verra le jour le 18 octobre 1967.
(5) Le MDRA est alors officiellement agréé le 19 janvier 1990 avec Slimane Amirat comme président.
(6) Comment cet individu né en 1962 peut-il être messaliste à cet âge ?

Said Radjef (le messaliste qui sait TOUT) est né en 1962 à draa el mizane.

Lien : http://radjef-said.skyrock.com/ 50 ans au 16/09/2012.
===> né en 1962 !

Analysons son commentaire, publié par Said Radjef lui-même sur LQA (Le quotidien D’Algérie) du 06/09/2014.

« Les derniers moments avant l’assassinat de Krim Belkacem » par BERNARD GOLAY

Commentaire de Said Radjef :

a) Militant en herbe, naïf, candide et vaniteux, j’ai décidé de surprendre Ali Zammoum et ses compagnons D Timsit, A Fadhel et Kateb Yacine par un invité de marque : le colonel El Hadjen »

C’est juste pour nous montrer le type de relation qu’il a !

===> compléments d’informations par mes soins :

– Zammoum est né le 20 octobre 1933/2004 à Boghni, dans la région de Tizi Ouzou.
– Daniel Timsit est un militant algérien du FLN, né le 16 décembre 1928 à Alger et mort le 2 août 2002 à Paris.

Pourquoi a-t-il mis D. au lieu de Daniel ?

– Abdallah Fadel (75 ans) né en 1930 dcd 11 novembre 2005 à Annaba.
– Kateb Yacine né le 2 août 1929 à Constantine, en Algérie et mort le 28 octobre 1989 à Grenoble, en France.
– Lt colonel El Hadjen EFOR Blida (Aucune information précise sauf qu’il était Lieutenant Colonel)

Puis il enchaine : (toujours par commentaire)

b) « Le colonel El Hadjen très content lui aussi des hommes qu’il venait de rencontrer, me fit cette remarque deux jours après à Mechtras : « Ali Zammoum, Krim, Benbella, Ait Ahmed, Khider, Boudiaf et tes amis d’Alger sont de grands patriotes, des nationalistes auxquels on ne peut rien reprocher, sauf le fait qu’ils sont orgueilleux, exigeants et rancuniers à l’extrême. Dans de telles conditions, on ne peut pas faire de la politique et conquérir le pouvoir. »
===> Ce minable, insulte nos martyrs par la bouche du Lt Colonel Hadjen décédé ! (prosopopée)
===> Remarquez cette expression insidieusement ostentatoire !!! « TES AMIS d’Alger… »

 

– « Ali Zammoum, Krim, Benbella, Ait Ahmed, Khider, Boudiaf et tes amis d’Alger sont de grands patriotes… »

===> Regardons de près, SES (supposés) AMIS d’Alger !

– Krim Belkacem né le 15 décembre 1922 à Oued Ksari en Kabylie (Algérie), et mort assassiné à Francfort le 18 octobre 1970.
– Mohamed Khider né le 13 mars 1912 à Alger. (Algérie) Mort assassiné le 4 janvier 1967 en Espagne.
===> Krim Belkacem est assassiné en 1.9.7.0 Said Radjef (né en 1962) AVAIT 08 ans ?!
===> Mohamed Khider est assassiné en 1.9.6.7 Said Radjef (né en 1962) AVAIT 05 ans ?!

On peut aussi DIRE sans crainte que Monsieur KHIDER était encore vivant durant cette période (vérité de Lapalice) puisque le Lt Colonel El Hadjen venait de lui parler ? (cela s’est donc passé AVANT 1967 ?! (date de l’assassinat de Khider) – Said Radjef avait moins de 05 ans ?! – Hihihi..

Comment pouvait-il être lié à ces DEUX géants de la révolution alors qu’il portait encore la culotte ?!

Un malade sans conscience et qui ne recule devant rien…
———————
(7) Membres fondateurs du MDRA : les colonels Amar Ouamrane et Mohand Oulhadj, Mohamed Zamoum (dit Si Salah), Saïd Babouche, Mohamed Hamouche, (dit Moh-Touil) Brahim Ould-Mohamed, Tansouet, Tarbouche Mourad, Djouab Abdelmadjid et Slimane Amirat, ancien compagnon et co-fondateur avec Belkacem Krim du MDRA.
(8) Dr Maiz ex secrétaire général à 34 ans (1989-1992) du MDRA (Mouvement démocratique pour le renouveau algérien), parti créé par Krim et dissout par le pouvoir algérien durant les années 90.
(9) Où étiez-vous, lors des crimes génocidaires :
– en Irak ?
– à Ghaza ?
– au Mali ?
– en Syrie ?
– en Egypte où le frères musulmans se sont faits massacrer par Sissi le criminel ?
(10) Milatou El Kofri Wahida ! Vous pleurez vos frères. Vous le montrez ostensiblement pour plaire à vos maîtres !

 

ADDENDUM

 

LE Dr MAIZ  est passé SUR MON SITE, le 03/04/2015…(10 h 35mn)

Il a ensuite EFFACE SA « DATE DE NAISSANCE »  sur son site !

Tout cela pour BERNER encore plus, TOUS CEUX QUI CROIENT QU’IL EST « MEMBRE FONDATEUR » du M.D.R.A !!!  Quel toupet !!!

 

Cependant, IL A OUBLIE D’EFFACER CECI :

 

Maiz_naissance

Le ridicule ne TUE point de nos jours…

La médiocrité a encore de très beaux jours devant elle !

 

Il a même plagié mon article  » L’alphabet de la gouvernance en Algérie » !

Lien: http://goutdemiel.com/?cat=9&paged=3

Voir sur sa page en date du 04/04/2015 !?

 

C’est sur la page de notre illustre docteur que la flagornerie a trouvé son bonheur…

 

EUREKA !

 

Le Dr Maiz vient de trouver la solution (ou quelqu’un lui a soufflé à l’oreille !)

Il vient de me bloquer sur sa page fessebook ! Quel génie…

Il s’est débarrassé de moi ! Il a la paix. Pour combien de temps ?

D’autres viendront…

Tôt ou tard, le stratagème sera éventré !

 

Ps définitif: (dossier clos)

Je ne connaissais pas ce Dr Maiz jusqu’au jour où je découvris le pot aux roses…

Je n’ai RIEN contre lui en tant que personne mais je n’aime pas ce personnage qui fait tout pour se faire passer pour ce QU’IL N’EST PAS (MEMBRE FONDATEUR du MDRA)

 

J’ai contacté certains de ses amis. Quelques-uns étaient quelque peu, surpris…d’autres se sont carrément dérobés ! Comment un supposé « intellectuel » du genre technocrate puisse-t-il se complaire dans la politique de l’autruche ? Acculé, il n’assume pas ! 

 

 

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Sid Ahmed Ghozali : «Vingt ans après, je m’aperçois que le pouvoir est pire que le FIS»

El Watan, 11 janvier 2012

Acteur de premier plan en sa qualité de chef de gouvernement lorsque le pouvoir avait décidé d’interrompre le processus électoral, Sid Ahmed Ghozali estime que ce choix a été «un coup d’épée dans l’eau» ; car si pour de nombreux acteurs il avait pour but de «sauver la République», pour d’autres «la réelle motivation était de sauver le pouvoir à n’importe quel prix».

Monsieur le chef du gouvernement « s’aperçoit » effrontément, vingt ans après que le pouvoir qui était déjà « mauvais » est devenu « encore plus mauvais » que le FIS qui a été dissout par lui et sur de simples présomptions puisqu’il n’a jamais accédé au pouvoir ?!
Étrange revirement d’un commis du système !
« Un coup d’épée dans l’eau »
===>Donc, la décision a été prise sur un « coup de tête ! » sans tenir compte des conséquences dramatiques que cela pouvait engendrer ! Allons-y et advienne que pourra ! Aujourd’hui, nous mesurons avec effarement l’étendue des dégâts collatéraux…

« Sauver la république », »Sauver le pouvoir »
===>Quelle différence ?
– La république ? Est-ce les institutions et les lois supposées les régir pour le maintien justement de ce pouvoir ?
– Le pouvoir ? Qui ? On tourne autour du pot ! Il n’est pas si occulte que ça…

– Si le « POUVOIR » était synonyme de « PAUVRETÉ » personne ne l’aurait recherché ! (Suivez mon doigt…)

 

– Vous étiez chef de gouvernement quand l’interruption du processus électoral le 12 janvier 1991 a eu lieu. Vingt ans après, avez-vous toujours le même regard ?

Simplement un préliminaire au sujet de l’arrêt du processus électoral de 1992. C’est bon d’en parler. C’est un moment important de cette période qui y a conduit et mérite que l’en on parle, non pas pour refaire l’histoire, mais pour en connaître les tenants et les aboutissants, savoir en quoi il a été une bonne chose pour l’Algérie. Il faut qu’un jour qu’on engage un véritable débat national contradictoire sur cette question qui doit être présentée au public sous des angles différents.
Si le but est d’éclairer l’opinion, les déclarations, écrits ou autres, récits unilatéraux, doivent être étayés par le débat contradictoire. Durant ces vingt dernières années, on a trop peu dit ou alors trop dit. Aussi bien sur la genèse que sur les suites de l’événement et je dirais même sur ses conséquences.
Sur l’analyse de l’angle du processus, je n’ai pas à changer un iota. Sur l’angle de la santé ou la validité de la décision je n’ai pas à changer. Et ce qui est changé dans mon approche, c’est tout simplement ce qu’on a fait et vu durant vingt ans. Et qui m’a conduit à dire qu’en fin de compte, cette opération a été un coup d’épée dans l’eau. Elle n’a servi en rien notre pays. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas tiré de leçons aussi bien du vote que les raisons qui ont conduit à l’arrêt du processus électoral.

– Pourquoi avoir fait ce choix alors ?

Je m’explique. Il faut se poser la question de savoir si l’arrêt dudit processus a été le point de départ de quelque chose ou bien l’aboutissement de quelque chose. Or, la pensée dominante une pensée sciemment et pernicieusement instillée dans les esprits par les tenants du même pouvoir va jusqu’à postuler la période tragique des années 1990 qui est le résultat de l’arrêt du processus électoral. Que les initiateurs de l’action violente aient porté cette thèse, cela est de bonne guerre. Pour eux, le FIS dira qu’il y a eu recours pour défendre la démocratie. Mais que ce soit le pouvoir, le même pouvoir d’aujourd’hui qui fut porteur de cette thèse, voilà qui devrait donner un éclairage largement méconnu sur la genèse du 11 janvier 1992. Attendez vous à ce qu’on se mette aujourd’hui à vous expliquer que même la situation actuelle du pays «c’est la faute au processus du 11 janvier 1992».

– Vous laissez entendre qu’il y avait une sorte de pacte entre le pouvoir et les islamistes du FIS…

Pas nécessairement un pacte, mais il y a ce qu’on appelle dans la dialectique marxiste une alliance objective entre les deux forces politiques réelles du pays. Avec l’enjeu commun et le seul enjeu : le pouvoir. Il faut se poser la question de savoir si c’est un hasard qui a fait que l’arrêt du processus n’est pas intervenu en fin de compte pour occulter les vraies raisons du vote des Algériens, à savoir la faillite d’un système et d’une politique. C’est ce qui a conduit les Algérien à donner la majorité au FIS. C’est le résultat d’une décennie d’une gestion politique catastrophique. Par conséquent, il n’avait pas intérêt à charger ce pouvoir. Donc, l’opération a été faite pour exonérer le pouvoir et dire que tout cela est dû à l’arrêt des élections et au terrorisme.

– L’arrêt du processus électoral était présenté comme une décision pour «sauver» la République. A vous entendre, on a finalement sauvé le pouvoir…

Il faut distinguer une bonne fois pour toutes les acteurs : les acteurs visibles, quelle que soit la couleur de leur tenue. Cette distinction étant bien faite, j’affirme que les seules motivations des uns étaient de sauver la République, qu’ils aient eu tort ou raison, telle fut leur seule motivation, et je reste catégorique sur ce point et prêt à vous le démontrer. J’ajoute, tout aussi catégorique, que la réelle motivation des autres fut de sauver le pouvoir à n’importe quel prix.
Je rappelle en passant, à un moment où on a tendance à l’oublier, l’existence, parmi les acteurs visibles et de manière massive = (Le FIS), la rue = (Encore le FIS) et la société civile = (Les éradicateurs) qui, bien avant la démission de Chadli, ont réclamé l’arrêt du processus électoral entamé le 27 décembre 1991.

– Mais pas pour les mêmes objectifs ?

C’est ce que je viens de dire. Et ce n’est que la reproduction mot pour mot de ce que j’avais dit officiellement, publiquement, en ma qualité de chef de gouvernement et à plusieurs reprises. Lors du vote d’investiture de l’Assemblée nationale, le 8 juillet 1991, j’ai rappelé les conditions insurrectionnelles dans lesquelles mon gouvernement avait été formé, et j’ai procédé à une analyse en disant que la violence que nous vivions était le résultat d’une situation de violence qui avait commencé à se développer bien avant, dès le lendemain de la disparition de Boumediène. Et que le FIS n’était pas le premier à avoir provoqué cette violence. Avant lui, il y avait une autre violence et c’est là que j’ai employé la formule «le peuple algérien s’est trouvé entre la marteau et l’enclume».
Entre un pouvoir dont l’obsession première était de s’attacher uniquement au pouvoir, au détriment du règlement des affaires du pays, et cela a duré dix ans. ( Vous saviez tout cela ?) Il a laissé filer une crise économique qui s’est muée en crise sociale, qui s’est muée en crise politique et morale. Et ce n’est qu’après que le FIS est venu, pour essayer de profiter de cette situation, pour prendre le pouvoir à son tour. J’avais même condamné les tractations qui étaient en train de se faire, depuis 1989, avec le FIS pour partager le pouvoir. Il y avait une stratégie qui était déployée qui consistait à amener le FIS aux communes et au gouvernement dans l’idée qu’il allait se casser la figure et que le pouvoir en sortirait régénéré. Voilà la situation.
J’avais proclamé au préalable, dans mon discours à l’APN, que tous les gouvernements qui se sont succédé, y compris le mien n’émanaient pas de la volonté populaire. Et qu’à l’époque, mon gouvernement comme les autres étaient handicapés dès le départ.
Dans mon analyse publique (interview, télévision) des résultats du premier tour j’ai dit sans ambages que ces résultats avaient une signification, que c’était «un cri de rejet très fort par les électeurs du pouvoir qu’ils considéraient comme responsable de leurs malheurs».

– Vous parliez de tractations entre le FIS et le pouvoir. Peut-on identifier ce pouvoir, la présidence, les militaires ?

Il y a eu, entre fin 1990 et début 1991, des tractations secrètes et des accords conclus entre le gouvernement et le FIS pour que les élections législatives, avancées à juin 1991, ne donnent pas un vainqueur et puis prendraient le FFS comme arbitre. Cette tractation avait existé et on avait convaincu le président de la République, Chadli Bendjedid. Le gouvernement pensait qu’il fallait laisser le FIS prendre le pouvoir aux communes et au niveau du gouvernement. Comme la situation financière du pays était catastrophique, il se casserait la figure, ce qui permettrait au pouvoir de rebondir. J’ai été ministre des Affaires étrangères et quand j’ai appris cela, j’ai démissionné. Il y avait des gens, à l’intérieur de l’armée, qui étaient contre ces tractations qui se faisaient dans leur dos. ( de quel droit devait-on les associer à ces tractations ?) Il est important de rappeler cela parce que nous sommes en train de répéter la même chose actuellement. (Vous n’allez quand même pas  vous et vos amis  « déposer » Monsieur Bouteflika comme vous l’aviez fait avec Monsieur Chadli et nous mettre encore une fois de plus dans la mdrrr ???)

– Que pensez-vous de la thèse qui édicte que Octobre 1988 était une manipulation du pouvoir ?

Ce sont eux-mêmes qui le reconnaissent ; ce n’est pas moi qui le dis. Il y a des gens qui étaient au pouvoir à l’époque qui disent qu’Octobre 88 avait été initié par le pouvoir lui-même, mais que les choses, après, lui ont échappé. C’est devenu, malgré eux, un vrai printemps algérien. Les acteurs principaux du pouvoir reconnaissent cela, que vous rappelez à juste titre, à savoir que les événements d’Octobre sont intervenus dans une situation sociale et politique très tendue. Et que l’heure des bilans était arrivée. Et pour justement passer cette période des bilans, on a allumé une mèche. Je ne fais que reprendre ce que les acteurs disent, bien que cela corresponde parfaitement à mon analyse. Les choses ont commencé le 19 septembre avec le discours du président-secrétaire général du FLN, où il dressait un tableau sombre et disait «ça va mal»et que «le responsable, c’est le FLN». Et ce, depuis lors qu’on a commencé à entendre dans la rue «FLN seraqine» (FLN, des voleurs). Le pouvoir lui-même a ancré dans l’esprit des Algériens que le responsable de cette situation-là était le FLN.
Ce qui est profondément injuste et pas vrai. Parce que le FLN n’a jamais été au pouvoir.

– Qui était au pouvoir alors ?

Nous sommes dans une situation de pouvoir occulte. (FAUX ! ) Vous n’allez pas croire que nous sommes dans le pouvoir tel que décrit dans la Constitution. Pensez-vous que, chez nous, le Président est élu par le peuple ? Il faut simplement comparer ce que dit la Constitution et ce qui se passe sur le terrain. Jamais le président de la République n’a été élu, mis à part la première élection de 1962. Toutes les autres élections ont été des désignations. (par QUI ?)

– Y compris Bouteflika ?

Mais bien entendu.

– J’insiste sur la question de l’identification du pouvoir, sont-ce les services, les militaires, la présidence de la République ou plutôt c’est tout cela ?

Le pouvoir ce n’est pas l’armée, comme on le dit de manière courante. L’immense majorité des militaires sont des gens comme vous et moi et n’ont aucun poids dans la décision politique.
On ne peut pas dire non plus que c’est le DRS (département du renseignement et de la sécurité» puisqu’il se trouve à l’intérieur du DRS des gens qui ne sont que des serviteurs de l’Etat et n’ont aucune part dans l’exercice ou la décision politiques. ( Conclusion : ce n’est ni l’armée ni le DRS ! C’est le plombier !!!) Un peu de décence monsieur, voyons ! Tous ces clins d’œil…

Le réel pouvoir est une oligarchie qui s’est sédimentée avec le temps. C’est un système pas des noms. ( Une hydre sans tête ?!) C’est un parti clandestin. C’est un parti qui a une tête qui dispose des moyens de l’Etat et qui a ses militants. Quel est le parti le plus important en Algérie ?! ( Le FLN ?! Vous le dédouaner un peu plus haut !) Il n’y a pas un député, un haut fonctionnaire qu’il soit wali, ministre ou bien président de la République qui soit nommé contre la volonté de l’oligarchie. Cela n’existe pas. Ils se comptent par dizaines de milliers ceux qui savent bien à qui ils doivent leur nomination. (Et vous, qui vous a nommé chef du gouvernement ? Vous ne pouvez pas l’ignorer ? Impossible !) Car leur nomination est signée par le Président ou le chef du gouvernement, mais qui présente les listes ? On ne peut pas être wali, ministre où Président sans un aval du pouvoir réel. Nous n’avons pas le pouvoir politique que nous avons dans nos lois.
C’est se mentir à soi-même. D’un autre côté, je crois qu’il est superfétatoire de continuer à se fixer sur cette question qui est le pouvoir. Parce que nous sommes en train d’analyser la santé d’un régime, alors que celle-ci se mesure simplement au résultat auquel il aboutit et savoir qui en est responsable. C’est pour cela qu’on a voulu éviter le débat en 1988. A la fin de l’année, le congrès de FLN devait se tenir pour faire le bilan d’une décennie.

– Ce parti clandestin contrôle-t-il toutes les strates de la société ?

Dans les démocraties, le pouvoir c’est un parti qui dispose de militants, d’un programme et de moyens, mais chez nous ce n’est pas formel. C’est un ensemble qui a 2 millions de militants, qui a les moyens financiers de l’Etat qui a les moyens de la violence de l’Etat, les moyens de la légalisation de l’Etat, donc est nécessairement de très loin le parti le plus fort du pays.

– Vous avez dit qu’on a peu ou trop dit à propos de l’arrêt du processus électoral. Si on estime qu’on a peu dit, que reste-t-il à dire ?

Il y a des livres à écrire sur ce sujet. Vous savez, lorsqu’on évoque cet évènement, on s’attarde beaucoup sur l’anecdote du genre : quelle a été la participation de Khaled Nezzar. Ceux qui étaient contre l’arrêt des élections ont beaucoup fait. Le FFS, je le considère comme un parti démocratique et je suis sûr qu’Aït Ahmed, en son for intérieur, ne voyait pas l’arrivée du FIS au pouvoir comme une bonne chose. Mais comme il savait que celui-ci n’allait pas passer, il s’est donné le beau rôle de défenseur de la démocratie. ( Donc pour vous, monsieur Aït Ahmed est un Mounfeq parce que vous, vous aviez fait votre choix  !) Et c’est là que nous sommes différents. Parce que si nous avions fait un calcul politique personnel, nous aurions dit qu’il y a un vote qui a été fait, chose promise chose due, laissez-les prendre le pouvoir, comme le souhaitait une bonne partie des gens, surtout la partie cachée du pouvoir, et nous serions passés à l’histoire en tant que défenseurs de la démocratie. Nous aurions peut-être disparu mais ç’aurait été sur le champ d’honneur de la démocratie. Si nous avions fait un calcul personnel, jamais nous aurions pris la décision d’arrêter le processus électoral.

Mais nous avions fait un calcul pour notre pays. ( Vous l’avez démoli, ce beau pays qui est aussi le leur ! Sachez-le monsieur le décideur !!!) Peut-être, et certains nous disent pourquoi vous n’avez pas laissé le FIS ? Nous étions convaincus que l’arrivée du FIS au pouvoir, ce serait la fin de l’Algérie. (Et là, c’est vous qui avez signé sa fin !?) C’est-à-dire qu’il n’y avait pas pire. Sur ce plan-là, j’ai changé. Vingt ans après, quand je regarde l’état où a été mis mon pays, je suis obligé de constater qu’il y a pire que le FIS de l’époque : le pouvoir lui-même. ( Vérité de La Palice !) Je me resitue dans le contexte de l’époque ; nous pensions «tout sauf le FIS» face à une menace d’écroulement du pays. Les autres faisaient un calcul : «C’est le FIS qui va s’écrouler et nous, nous garderons le pouvoir»…

J’avais dit devant l’APN, en juillet 1991, que ceux qui faisaient des tractations pour se partager le pouvoir ne montraient un antagonisme qui n’était qu’un écran de fumée pour cacher un travail d’apprenti-sorcier. Il y avait un mélange incestueux. Le discours consistait à présenter au peuple le choix suivant : «C’est nous ou eux.» Quelle différence entre ce que disait El Gueddafi au peuple libyen et aux Occidentaux : «C’est moi ou Al Qaîda» ? Ce fut dit publiquement et plus caricaturé que chez nous.
Ils croyaient, en laissant le FIS hurler dans les rues, menacer, et en le laissant prendre le pouvoir, cela allait conduire inéluctablement à un échec. Et le peuple reviendrait à dire : «Mieux vaut le pouvoir». Et là, ils se sont trompés.

– Si vous considérez que la période dans laquelle s’est engagé le pays après 1992 n’est pas la résultante de l’arrêt du processus électoral, à quoi peut-on alors incomber cela ?

Encore faut-il étayer un peu plus cette thèse ridicule et que je réfute. Je me contenterais de vous faire remarquer qu’en vingt ans, il y a eu 16 gouvernements, six mandatures présidentielles, six élections législatives et communales et tout cela pour ne pas effacer les «conséquences» prétendument imputées à l’arrêt du processus du 11 janvier.
C’est grotesque. L’Algérie de maintenant est l’échec éclatant d’un pouvoir congénitalement incompétent et incapable. Et qui renferme, dans sa nature, les ingrédients de son propre écroulement. Et à continuer à fermer les yeux sur cette triste réalité, conduit le pays droit au désastre. ( Allez, chiche monsieur, RENVERSEZ- LE pour le bien être de tous les algériens !)
Et pourquoi ne pas dire, à l’inverse, que si nous avions laissé continuer le processus de décembre 1991 nous n’allions pas nous retrouver dans une situation à l’iranienne, par exemple ?

– Que faut-il faire alors ?

Il faut revenir à de véritables institutions qui associent le peuple aux décisions. Or, on continue actuellement à croire qu’on peut diriger une société en donnant des ordres de manière autoritaire. (Vous parlez des ordonnances présidentielles ?)
Ce n’est pas possible. On ne peut diriger une société que sur la base de son adhésion au projet politique et d’une participation active à l’exécution des décisions politiques dans tous les domaines.
J’avais dit que le résultat des élections de 1991 avait un sens. Il était «l’expression par la majorité des Algériens d’un rejet total de ceux qu’ils considèrent comme étant responsables de leur situation».
J’avais dit cela à l’époque et ça m’a valu d’être renvoyé comme un malpropre de l’ambassade de Paris.
Ce système a la conviction très forte qu’il peut diriger le pays par des ordres, on violant les lois. Les vingt ans qui se sont écoulées m’ont montré très bien qu’aucune leçon n’a été tirée de cette expérience. (Qu’avez-vous fait durant ces vingt ans pour que cela change ?) Avec le « FIS », c’était plus facile, hein !

– Pourquoi voulez-vous qu’ils tirent les leçons dès lors que leur seule obsession est de se maintenir au pouvoir ?

C’est là le problème justement. Pas de se maintenir en tant que personne (Si,si, si !) mais de maintenir un système qui est totalement contraire à ceux qui dictent les lois et qui leur paraît à eux le plus efficace. Leur postulat est : «Nous sommes les seuls à pouvoir diriger ce pays.» Et d’ailleurs, à chaque échéance, ils disent à propos de Bouteflika : «Nous avons choisi le moins mauvais.» Cela implique implicitement en tout cas que tous les autres sont mauvais.

– Où pourrait mener cette situation où c’est un système qui décide à la place du peuple et pour le peuple ?

Elle conduit nécessairement à l’écroulement, à l’implosion. Parce qu’il est évident qu’il n’existe pas d’avenir pour une société dont la marche repose sur ses trois piliers complètement foireux. A savoir non-respect des lois, mépris total des éléments de la société et surtout, c’est le plus grave, l’irresponsabilité. Le système qui prend les décisions ne rend compte à personne et c’est là que le mal contient les germes de sa propre destruction. Quand ont prend des décisions et tout en sachant qu’on est pas appelé à rendre des comptes, on ne peut prendre que des mauvaises décisions. Et quand ça dure, c’est l’écroulement. (Pourquoi vous ne dites pas que c’est une dictature ! Vous y faites seulement allusion. Vous avez peur de QUI ?) (Cela dure depuis vingt ans et il n’y a aucun écroulement ! Alors ?)

– Ce système gère-t-il le pays comme une sorte de propriété ?

Il y a les dérives qui découlent de l’habitude de gouverner seul. Elle conduit naturellement, avec le temps, à ne plus faire la différence entre ce qui appartient à la collectivité nationale et ce qui est privé. (C’est du Kadhafi tout craché !) Il n’y a plus de frontière. Il y a une véritable privatisation de l’Etat. C’est la conséquence même de la nature du système. Quand Montesquieu dit le pouvoir corrompt, il énonce un postulat universel.
Un homme au pouvoir est toujours exposé à être corrompu au sens large. Ensuite, on en abuse. Et comme la contradiction est bannie, on finit par croire que cette conviction est une vérité de Dieu. Le pouvoir est un cycle inéluctable, il commence par nous griser, il corrompt, ensuite il rend aveugle et rend fou. Deux exemples caricaturaux, il est sûr que quelques heures avant sa mort Kadhafi était convaincu que la vérité était de son côté. Et dès lors que l’on commence à dire que celui qui ne pense pas comme moi est mon ennemi (dit et redit publiquement chez nous notamment) donc il faut le bâillonner, c’est la fin. On devient dieu, impuni. (Vous affirmiez pourtant un peu plus haut, que même monsieur Bouteflika n’est qu’un simple « pantin » – le moins mauvais – comment dès lors peut-on alors le qualifier de « Dieu » ? )
Ce sentiment d’impunité se répand. Il y a aussi tel ministre de qui proclame froidement à propos d’un scandale touchant son secteur : «Je ne suis pas au courant autrement que par la presse.» Vous voyez cette arrogance ! C’est un mépris total des autres et c’est soutenu par un sentiment d’impunité. «Nous sommes intouchables.»

– Comment sortir de cette situation de pouvoir absolu ?

On ferait un pas géant en avant si nous commencions par deux choses. Primo, respect des lois. Secundo, tout preneur de décision doit être comptable de ses actes. Tout preneur de décision à tout niveau doit être responsable, qui devant telle institution, qui devant le peuple, qui devant tel organisme de contrôle. Il faut qu’il y ait des rendez-vous où on rend compte. Nous avons entendu le président de la République à la fin de son second mandat dire : «Nous nous sommes cassés le nez, mais je n’accuse personne.»
C’est une manière de dire, on peut se casser le nez sans qu’il y ait de responsables où bien dire : «Je ne suis pas responsable.»
J’imagine même à la limite qui si nous sommes dans une situation donnée où l’armée prenait le pouvoir, mais en l’assumant, ce serait déjà un progrès considérable, car à partir de ce moment, elle se désignerait elle-même comme comptable. (C’est parti ! Monsieur propose un énième putsch militaire ! Pas moins que ça ! Comme « aventuriste », vous vous posez bien là ! Un scénario à l’égyptienne ?!)

 

– Vous suggérez là un coup d’Etat…

Une hypothèse d’école pour une illustrer l’importance de la responsabilité… Je n’invite personne à faire un coup d’Etat, simplement il est indispensable que celui qui prend les décisions soit comptable et à tous les niveaux.

(Qui va les forcer à faire cela ?) Vous dites que ce n’est ni l’armée ni le DRS donc ce sont forcément des CIVILS ?! Comment cela !

– Mais seul un pouvoir démocratiquement élu pourrait être contraint à rendre des comptes…

Pas forcément. La Chine n’a pas un pouvoir démocratique, mais elle a un pouvoir cohérent avec des débats contradictoires à l’intérieur du parti communiste. Il y a des contre-pouvoirs et c’est comptable.
Quand le chef du gouvernement se présente comme responsable, il rend au moins compte au congrès du PC. Qui le nomme et le dénomme ouvertement pas en cachette, ni par maillons interposés. (Est-ce ainsi que vous aviez été nommé et dénommé ?)
Il faut commencer par la tête, un président vraiment accepté par le peuple, quels que soient les moyens. Le pays est dans un état déplorable et il y a bien un responsable. C’est le régime qui détient le pouvoir politique. Ce pouvoir n’est pas celui dont l’Algérie a besoin. Il a échoué et quand on échoue, on s’en va. Je leur dis que nous n’avons plus le choix entre changer ou pas changer, nous avons peut-être encore, mais ce n’est pas sûr, le choix sur la manière de changer et je crois au changement dans l’ordre. Et si on change dans le désordre, c’est le changement imposé par la rue et par l’étranger surtout. Maintenant, je me demande même si nous avons le choix sur la manière de changer. Parce que nous avons un système politique qui a échappé à son propre contrôle. Il ne se contrôle plus. Le président nous dit qu’il y a la corruption, etc., pour résoudre cela, il change la Constitution, ça veut dire quoi ? Que c’est à cause de ça qu’il y a le chômage, la corruption. Celui qui dit ça, est soit dans l’aveuglement, soit dans la fuite en avant ou bien dans le mensonge. Soit les trois à la fois.

– Vous critiquez ce système alors que vous en faisiez partie, mais vous en faites partie, du moins par les fonctions que vous avez occupées…

Quelqu’un qui est interdit d’action publique depuis vingt ans, qui depuis 1962 totalise près de 30 ans d’exclusion, peut-il avoir été ou être un homme du système ? Je ne fais pas partie du système. Je ne me suis jamais considéré comme un des leurs et ils ne m’ont jamais considéré comme tel. On fait la confusion entre le pouvoir politicien et les pouvoirs publics. Le pouvoir politicien gère le système, les pouvoirs publics servent le public et l’intérêt général. J’ai servi constamment dans les pouvoirs publics, jamais dans le système politicien. Et je suis d’autant plus à l’aise de vous dire que je le regrette. Parce que moi-même et les cadres de ma génération avons cru naïvement qu’on peut servir les pouvoirs publics sans être au pouvoir politique. Et cela, c’est une naïveté considérable. Si on prétend servir les pouvoirs publics, il faut être du pouvoir politique. Faute de l’avoir fait finalement, nous avons servi de «harkis» du système. Notre erreur fut de laisser la politique aux autres. (En fin diplomate que vous êtes, vous jouez sur les mots, monsieur !)

– Vingt ans après, nous sommes à la veille de législatives qui interviennent dans un contexte régional où les islamistes arrivent au pouvoir. S’il y avait des élections propres et honnêtes, pensez-vous que les islamistes gagneraient ?

Oui. Aussi bien que les islamistes autonomes par rapport au pouvoir que les islamistes-maison. C’est le résultat inéluctable de l’autoritarisme qui a dominé le Monde arabe et musulman.
Les seules forces qui sont véritablement internationales, qui utilisent la religion avec des moyens et avec la connivence de l’Etat, ce sont les forces qui se réclament de la religion. Je dois dire que l’anti-islamisme primaire, je ne m’y associe pas. Je réfute le mélange du spirituel et du matériel. L’islam, notre religion, ressortit de l’affaire personnelle de l’individu et la gestion des affaires religieuses publiques relève des hommes de sciences et de connaissance. La problématique politique est l’affaire des politiques. Des politiques comptables devant le peuple. Il faut qu’on arrive à cette distinction.
La prospérité des mouvements religieux violents vient de la situation créée par le pouvoir. Entre les pouvoirs despotiques locaux et les tenants de la violence religieuse, il y a toujours eu une sorte de connivence tacite qui a conduit à l’étouffement de la pensée démocratique moderne. (Enfin, une vérité qui redonne de l’espoir…)

Hacen Ouali

* Mes commentaires en « bleu »

* Les contradictions en « orange »

* Le reste à votre appréciation…

Kamel pour un débat contradictoire !

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 Pendant de nombreux siècles, les Alaouites ont été les gens les plus faibles, les plus pauvres, les plus campagnards, les plus méprisés, les plus arriérés de la Syrie. Or ces dernières années, ils se sont transformés en l’élite dirigeante de Damas. Aujourd’hui, les Alaouites dominent le gouvernement, détiennent les postes militaires clés, profitent d’une part disproportionnée des ressources pédagogiques, et sont en train de devenir riches. Comment ce changement spectaculaire s’est-il produit? Quand les Alaouites ont-ils réussi à sortir de leur enfermement traditionnel, et comment s’explique leur ascension?

Les Sunnites et les autres qui sont hostiles au régime d’Assad répondent à cette question en accusant les Alaouites d’une conspiration élaborée et à long terme pour prendre le pouvoir en Syrie. Annie Laurent suggère que «déterminés à prendre leur revanche » après l’échec d’un chef rebelle, Sulayman Murshid, « les Alaouites mirent en œuvre une stratégie de mise en place de cellules dans l’armée et dans le parti Baath, et cela leur permit de gagner le pouvoir à Damas. »Les tenants de cette vision des choses font remonter l’ascension alaouite à 1959, l’année où le Comité Militaire du Parti Ba’th a été formé. Pourquoi, demandent-ils, les dirigeants de ce groupe ont-ils gardé son existence secrète : loin de l’administration du parti? Ce caractère secret suggère que le Comité militaire depuis le début avait un programme lié à la secte des Alaouites. Matti Moosa a fait valoir qu ‘«il est presque certain que les agents ont agi non pas comme ba’thistes, mais comme Nusayris* (Noseïris) [Alaouites], avec l’intention d’utiliser le Ba’th et les forces armées pour accéder au pouvoir en Syrie. La formation du comité militaire fut le début de leur plan pour une future prise de pouvoir du gouvernement.  »

Cette hypothèse est confirmée par la réunion clandestine de 1960 de leaders religieux et d’ officiers alaouites(y compris Hafez el-Assad) qui aurait eu lieu à Qardaha, village natal d’El-Assad. « L’objectif principal de cette réunion était de planifier la façon de faire passer des officiers Noseïris dans les rangs du Parti Ba’th. Ils pourraient alors tirer parti de cela en en faisant un moyen d’arriver au pouvoir en Syrie. » Trois ans plus tard, une autre réunion des Alaouites à Homs, aurait, dit-on, suivi les initiatives antérieures. Parmi d’autres mesures, on eut recours à la mise en place de plus d’Alaouites dans le parti Ba’th et dans l’armée. D’autres réunions secrètes de leaders Alaouites semblent avoir eu lieu plus tard dans les années 1960.

Des analystes mieux disposés envers Assad ont tendance à ne pas tenir compte seulement de ces réunions et d’une conduite des choses préméditée en vue du pouvoir, mais de tenir compte du facteur sectaire, de façon plus générale. John F. Devlin, par exemple, nie que la disproportion des Alaouites dans l’armée implique la domination alaouite de la Syrie. Il est contre le fait de voir « chaque désaccord interne en termes de conflit sunnite-alaouite. » Pour lui, le fait que des Alaouites soient au pouvoir est essentiellement fortuit: « Le Ba’th est un parti laïc, et les minorités pèsent lourd» Alasdair Drysdale appelle «réductionniste» le fait de mettre l’accent sur l’appartenance ethnique, faisant valoir qu’il s’agit d’un des nombreux facteurs- géographique, classe, âge, éducation, profession – qui définissent l’élite dirigeante. Selon. Yahya M. Sadowski, «La loyauté à l’appartenance religieuse jouer un rôle insignifiant dans le Ba’th, et même les obligations confessionnelles ne sont qu’un des nombreux moyens par lesquels le népotisme s’étend. »

La vérité se situe entre complot et caractère fortuit. Les Alaouites ne planifièrent pas pour « prendre le pouvoir dans le futur» des années à l’avance, et ce n’est pas non plus un pur hasard si dans le parti Ba’th « les minorités ont pesé lourd ».  » Le pouvoir alaouite a été la conséquence d’une transformation non prévue, mais religieuse de la vie publique en Syrie. Michael van Dusen explique: «De 1946 à 1963, la Syrie a assisté à l’érosion progressive du pouvoir politique national et finalement même en dessous du national, de l’élite traditionnelle, non pas tant par l’émergence d’élites nouvelles et particulièrement dynamiques, mais plutôt par un conflit interne ». Traduit du jargon de la science politique, ce que van Dusen dit c’est que les divisions internes ont conduit les civils sunnites non-Ba’thistes à perdre le pouvoir. Cela a donné une ouverture que les officiers ba’thistes d’origine alaouite ont exploitée.

Comment ce processus est survenu est le sujet que je traite ici. Mais d’abord, quelques informations de base sur le contexte des Alaouites et leur place dans la société syrienne traditionnelle, suivi d’une esquisse de leur ascension.

L’HERESIE ALAOUITE JUSQU’EN 1920

Les gens et la religion

« Alaouites» est le terme que les Alawis (également appelés Alaouites) s’appliquent habituellement à eux-mêmes ; mais jusqu’en 1920 ils étaient connus du monde extérieur comme Nusayris ou Ansaris. Le changement de nom – imposé par les Français lors de leur prise de contrôle de la Syrie – a une signification. Considérant que « Nusayri», souligne les différences du groupe par rapport à l’islam »,« Alawi » suggère un partisan d’Ali (le gendre du prophète Mahomet) et accentue les similitudes de la religion avec l’islam chiite. Par conséquent, les opposants au régime d’Assad ont l’habitude d’utiliser le premier terme, les partisans du régime, de faire usage du deuxième.

Les Alaouites aujourd’hui sont approximativement au nombre d’1,3 millions, dont environ un million vivent en Syrie. Ils constituent aux alentours de 12 pour cent de la population syrienne. Trois-quarts des Syriens alaouites vivent dans Latakia, une province au nord-ouest de la Syrie, où ils représentent près des deux tiers de la population.

Les doctrines alaouites datent du IXe siècle et sont issues de la branche des duodécimains ou imamites de l’islam chiite (la secte qui prédomine en Iran). Aux environs de 859 après J.-C., un Ibn Nusayr se déclara le Bab (« porte de la vérité »), un personnage clé dans la théologie chiite. Sur la base de cette autorité, Ibn Nusayr proclama une foule de nouvelles doctrines qui, pour faire court, firent de l’Alaouisme, une religion distincte. Selon Ibn Kathir (mort en 1372), là où les musulmans proclament leur foi avec la phrase « Il n’y a de divinité que Dieu et Mahomet est son prophète », les Alaouites affirment « Il n’y a pas de divinité à part Ali, pas de voile, mais Muhammad, et pas de bab sauf Salman ». Les Alaouites rejettent les grands principes de l’Islam; sous tous les angles, ils doivent être considérés comme non musulmans.

Certains doctrines alaouites semblent provenir du paganisme phénicien, du Mazdéisme et du Manichéisme. Mais de loin la plus grande affinité est avec le Christianisme. Les cérémonies religieuses alaouites impliquent du pain et du vin ; en effet, boire du vin a un rôle sacré dans l’Alaouisme, car cela représente Dieu. La religion tient Ali, le quatrième calife, comme l’incarnation (comme Jésus) de la divinité. Elle a une sainte trinité, composé de Mahomet, Ali, et Salman al-Farisi, un esclave affranchi de Mahomet. Les Alaouites célébrent de nombreuses fêtes chrétiennes, y compris Noël, le Nouvel An, l’Epiphanie, Pâques, la Pentecôte et le dimanche des Rameaux. Ils honorent de nombreux saints chrétiens: Sainte-Catherine, Sainte-Barbe, Saint-Georges, Saint-Jean-Baptiste, saint Jean Chrysostome et de Sainte-Marie-Madeleine. Les équivalents arabes de noms de personnes chrétiens comme Gabriel, John, Matthew, Catherine, et Hélène, sont d’usage courant. Et les Alaouites ont tendance à montrer plus de gentillesse pour les chrétiens que pour les musulmans.

Pour ces raisons, de nombreux observateurs – notamment des missionnaires – ont soupçonné les Alaouites d’un penchant secret pour les chrétiens. Même T.E Lawrence les a décrits comme « ces disciples d’un culte de la fécondité, purs païens, anti-étrangers, se méfiant de l’islam, assimilés par moments au christianisme par la persécution commune. » Le jésuite érudit Henri Lammens sans équivoque a conclu de ses recherches que «les Nusayris étaient chrétiens» et leurs pratiques combinent des éléments chrétiens avec des éléments chiites.

Les détails de la foi alaouite sont cachés non seulement aux gens de l’extérieur, mais même à la majorité des Alaouites eux-mêmes. Contrairement à l’islam, qui est fondée sur des relations directes entre Dieu et le croyant, l’alaouisme permet seulement aux gens de sexe msculins nés de deux parents Alaouites d’apprendre les doctrines religieuses. Lorsqu’ils sont jugés dignes de confiance, ceux-ci sont initiés à quelques-uns des rites, à 16-20 ans; d’autres mystères sont révélés plus tard et seulement peu à peu. Le secret religieux est strictement maintenu, sous peine de mort et d’être incarné dans un vil animal. Si cette dernière menace est valable, les mortels ne peuvent pas en juger, mais la première l’est certainement. Ainsi, l’apostat le plus renommé de l’Alaouisme, Sulayman Efendi al-Adhani, a été assassiné pour avoir divulgué des mystères de la secte. Encore plus impressionnant, à un moment de tension sectaire dans le milieu des années 1960, la suggestion que les officiers alaouites qui dirigeaient le pays publient les livres secrets de leur religion a poussé Salah Jadid à répondre avec horreur, disant que, si cela était fait, le leaders religieux « nous écraseraient. »

Les femmes font la plupart des durs travaux ; elles sont appréciées « précisément à cause que le travail qu’elles font, les hommes ne le feraient pas sauf à contrecoeur, trouvant cela incompatible avec leur dignité. » Les femmes ne sont jamais admises dans les secrets («Devrions-nous s leur apprendre ce que nous utilisons, notre sainte foi? »); En effet, leur malpropreté nécessite leur exclusion de tous les rituels religieux. Les femmes sont pensées pour conserver le culte païen des arbres, prairies et collines cultes, et n’ont pas d’âme. Dans l’ensemble, les femmes sont traitées abominablement, mais une conséquence de ce manque de respect, c’est qu’elles ne doivent pas être voilées et elles ont une plus grande liberté de mouvement que les femmes musulmanes.

Les femmes non voilées et plusieurs autres pratiques alaouites- en particulier, que la consommation de vin est autorisée, et que certaines cérémonies ont lieu la nuit – tout cela a longtemps dirigé les soupçons des musulmans sur le comportement des Alaouites. Puis aussi, l’obsession du secret inhérent à la religion a suggéré à de nombreux Sunnites que les Alaouites avaient quelque chose à cacher. Mais quoi? Au cours des siècles, l’imagination des sunnites a fourni une réponse très évocatrice: abandon sexuel et perversion.

Ainsi, le théologien al-Ash’ari (874-936) a jugé que l’Alaouisme encourageait la sodomie masculine et les mariages incestueux et le fondateur de la doctrine religieuse druze, Hamza ibn ‘Ali (m.en 1021), a écrit que les Alaouites considèrent«le membre masculin entrant dans la nature féminine comme l’emblème de leur doctrine spirituelle ». En conséquence, les hommes alaouites partagent librement leurs épouses avec des coreligionnaires. Ces accusations et d’autres ont survécu intactes à travers les siècles et ont même circulé parmi les Européens. Un voyageur anglais du début des années 1840, qui était probablement en train de répéter des rumeurs locales, a écrit que «l’institution du mariage est inconnue. Quand un jeune homme grandit, il achète sa femme. » Même les Alaouites croyaient au«communisme conjugal» de leurs chefs religieux. De telles calomnies restent un des piliers de la propagande anti-Alaouite circulant dans la Syrie d’aujourd’hui.

Bien que les accusations soient fausses, les Alaouites rejettent la loi sacrée de l’Islam, la charia, et donc se permettent toutes sortes d’activités que la doctrine islamique interdit formellement. Les Alaouites ignorent les pratiques sanitaires, les restrictions alimentaires, les mœurs sexuelles, et les rituels religieux. De même, ils accordent peu d’attention au jeûne, à l’aumône, et aux cérémonies de pèlerinage de l’islam ; en effet, ils considèrent le pèlerinage à la Mecque comme une forme d’idolâtrie. Les «mariages spirituels» entre les jeunes (hommes) initiés et leurs mentors religieux se trouvent probablement à l’origine des accusations d’homosexualité.

Le plus frappant de tout, les Alaouites n’ont pas de prières ou de lieux de culte ; en effet ils n’ont pas de structures religieuses autres que les sanctuaires tombes. Les prières ont lieu dans des maisons privées, généralement celles des chefs religieux. Le voyageur du XIVe siècle, Ibn Battuta décrit comment ils ont répondu à un décret du gouvernement ordonnant la construction de mosquées:.. «Chaque village a construit une mosquée loin des maisons, dans laquelle les villageois n’entrent pas pour y rester. Ils y abritent souvent des bovins et des ânes . Souvent un étranger arrive et va à la mosquée pour réciter l’appel [islamique]à la prière, alors ils lui crient, «Arrêtez de braire, votre fourrage va venir. ». Cinq siècles plus tard une autre tentative a été faite pour construire des mosquées pour les Alaouites, cette fois par les autorités ottomanes ; malgré la pression officielle, celles-ci ont été désertées, abandonnées, même par les fonctionnaires religieux, et encore une fois utilisées comme étables.

Au-delà des divergences spécifiques, la non-conformité à la charia signifie que la vie alaouite suit son propre rythme, fondamentalement différente de celles des musulmans. Les Alaouites n’agissent pas comme des musulmans sunnites, avec lesquels il y aurait seulement des légères différences, mais plutôt, ils ressemblent à des chrétiens et des juifs dans leur manière de vivre totalement distincte. Matti Moosa fait remarquer que, «comme les autres chiites extrémistes… les Nusayris avaient un mépris total pour les obligations religieuses musulmanes. » Ignaz Goldziher le résume succintement: «Cette religion n’est l’Islam qu’en apparence. » Il est important de rendre ce point très clair: « Les Alaouites n’ont jamais été des musulmans et ne le sont pas maintenant.

Pourtant, comme le compte-rendu d’Ibn Battuta le laisse entendre, il y a une incohérence permanente dans le souhait alaouite d’être considéré comme musulman. Dans le cas qu’il cite, des mosquées furent construites et négligées, d’autres fois il s’agit de l’adoption en demi-teinte des façons islamiques. Les Alaouites ont une longue histoire de revendiquer l’Islam quand cela convient à leurs besoins et de l’ignorer à d’autres moments. En bref, comme d’autres sectes d’origine chiite, les Alaouites pratiquent la taqiya(dissimulation religieuse). Cela peut signifier, par exemple, prier côte à côte avec les musulmans sunnites, mais en silence en maudissant les califes sunnites. L’apostat alaouite, Sulayman Efendi al-Adhani, a raconté avoir dû jurer de dissimuler les mystères de sa religion. Un Alaouite explique le sentiment derrière la taqiya: «Nous sommes l’organisme et les autres sectes ne sont que les vêtements. Toutefois, l’habit ne change pas l’homme. Donc nous restons toujours des Nusayris, même si à l’extérieur nous adoptons les pratiques de nos voisins. Celui qui ne… dissimule pas est un imbécile, car aucune personne intelligente va nue sur le marché. » Une autre phrase alaouite exprime ce sentiment de façon succincte:« La dissimulation est notre guerre juste!  » (al-kitman jihadna)).

Un voyageur anglais a observé en 1697 que les Alaouites sont

d’un caractère étrange et singulier. Car c’est leur principe de n’adhérer à aucune religion définie, mais comme un caméléon, ils ont pris la couleur de la religion, quelle qu’elle soit, qui se reflète sur eux à partir des personnes avec lesquelles ils conversent…. Personne n’a jamais été capable de découvrir ce qu’ils étaient vraiment au fond d’eux-mêmes. Tout ce qui est certain à leur sujet, c’est qu’ils font beaucoup de vin et du bon vin, et que ce sont de grands buveurs.

Cent cinquante ans plus tard, Benjamin Disraeli a décrit les Alaouites dans une conversation dans le roman de Tancrède:

« Sont-ils Moslemîn? »[musulmans]
« Il est très facile de dire ce qu’ils ne sont pas, et c’est dû à toute la connaissance que nous avons d’eux ; ils ne sont pas Moslemîn, ils ne sont pas chrétiens, ils ne sont pas druzes, et ils ne sont pas juifs, et certainement ils Guèbres [zoroastriens]. »

Sulayman Efendi al-Adhani expliqué cette flexibilité de l’intérieur:

Ils prennent les pratiques de l’extérieur de toutes les sectes. S’ils rencontrent des musulmans [sunnites], ils leur disent sous la foi du serment: «Nous sommes comme vous, nous jeûnons et nous prions». Mais ils jeûnent mal. S’ils entrent dans une mosquée avec des musulmans, ils ne récitent aucune prière, mais au lieu de cela, ils s’inclinent et se relèvent comme les musulmans, tout en maudissant Abu Bakr, ‘Umar,’ Uthman, et d’autres [figures majeures de la tradition sunnite] .

La taqiya a permis aux Alaouites d’aller dans le sens du vent. Lorsque la France a gouverné , eux-mêmes se sont dépeints comme des chrétiens perdus. Lorsque le panarabisme a été en faveur, ils sont devenus des Arabes fervents. Plus de 10.000 « alaouites vivant à Damas ont fait semblant d’être sunnites dans les années précédant l’arrivée d’Assad au pouvoir, ne révélant leur véritable identité que lorsque cela est devenu politiquement utile. Durant la présidence de Assad, des efforts concertés ont été faits pour dépeindre les Alaouites comme des chiites duodécimains.

Relations avec les Sunnites

La majorité des musulmans, sunnites comme chiites, traditionnellement ne prennent pas en considération les efforts des Alaouites pour se dissimuler ; ils ont vu les Alaouites comme au-delà des bornes de l’Islam – comme des non musulmans. Hamza ibn Ali, qui a vu l’attrait de la religion résider dans sa perversité, a énoncé clairement ce point de vue: «La première chose qui favorise les méchants Nusayris est le fait que toutes les choses normalement interdites à l’homme – assassiner, voler, mentir, calomnier, forniquer, être pédéraste- cela est autorisé à celui ou celle qui accepte [les doctrines alaouites] ». Abu Hamid al-Ghazali (1058-1111), le Thomas d’Aquin de l’Islam, a écrit que les Alaouites « apostasient en matière de sang, d’argent, de mariage, et de boucherie, c’est donc un devoir de les tuer. »

Ahmad ibn Taymiya (1268-1328), l’écrivain sunnite d’origine syrienne encore très influent, a écrit dans une fatwa (décision religieuse) que «les Nusayris sont plus infidèles que les juifs ou les chrétiens, encore plus infidèles que de nombreux polythéistes. Ils ont causé plus de préjudice à la communauté de Mahomet que les infidèles belligérants comme les Francs, les Turcs, et d’autres. Aux musulmans ignorants ils prétendent être chiites, bien qu’en réalité ils ne croient pas en Dieu, en Son prophète ou à Son livre.  » Ibn Taymiya a averti du mal que leur hostilité peut faire:

«Chaque fois qu’ils le peuvent, ils font couler le sang des musulmans. Ils sont toujours les pires ennemis des musulmans».

En conclusion, il a soutenu que « la guerre et le châtiment contre eux, conformément à la loi islamique sont parmi les plus grands actes de piété et les obligations les plus importantes » pour un musulman. Depuis le XIVe siècle, les sunnites ont utilisé le terme «Nusayri» pour signifier paria.

Les Alaouites n’ont pas eu de position reconnue dans système confessionnel (millet) de l’Empire ottoman. Un décret ottoman de 1571 note qu’une «ancienne coutume » exigeait des Alaouites qu’ils paient des impôts supplémentaires aux autorités et justifiait cela au motif que les Alaouites « ne pratiquent pas le jeûne [du Ramadan], ni les prières rituelles, et ne respectent aucun des préceptes de la religion islamique ». Les Sunnites ont souvent vu les denrées alimentaires produites par les Alaouites comme impures, et ne les mangeaient pas. Selon Jacques Weulerrse, « Aucun Alaouite n ‘oserait entrer dans une mosquée musulmane. Autrefois, aucun de leurs chefs religieux n’était en mesure d’aller à la ville le jour de la prière publique [vendredi], sans risque d’être lapidé. Toute manifestation publique de l’identité distincte des communautés était considérée comme un défi [par les sunnites].  »

Les sunnites ne furent pas seuls à comprendre les Alaouites comme hors de l’islam. – le courant majoritaire chiite a fait de même. Et les Alaouites, à leur tour ont vu les deux groupes comme ayant des manques.

Les spécialistes des hérésies sunnites ont condamné les croyances alaouites et vu les Alaouites comme des mécréants (kuffar) et des idolâtres (mushrikun). Les hérésiographes chiites duodécimains étaient seulement légèrement moins virulents et considéraient les Alaouites comme ghulat, « ceux qui dépassent » les limites dans leur déification de Ali. Les Alaouites, à leur tour, ont qualifié les chiites duodécimains de muqassira, « ceux qui sont loin » de sonder la divinité d’Ali.

Il y avait une exception à ce consensus que les Alaouites ne sont pas musulmans. Vers la fin du XIXe siècle, comme les missionnaires chrétiens ont commencé à considérer avec intérêt les Alaouites, les autorités ottomanes ont essayé de les mettre en Islam. Les Français avait déjà des attaches spéciales avec leurs concitoyens catholiques, Maronites, et les autorités à Istanbul ont craint qu’un lien semblable semblable ne soit en cours de création avec les « Alaouites. Alors ils ont construit des mosquées dans les zones alaouites, construit des écoles pour enseigner l’islam, fait pression sur les leaders religieux alaouites pour adopter des pratiques sunnites, et ils ont généralement essayé de faire que les Alaouites agissent comme de vrais musulmans. Ce cas isolé a pris fin après quelques décennies et eut très peu d’impact sur le comportement des Alaouites.

La religion islamique garde une hostilité particulière envers les Alaouites. Comme les autres sectes post-islamiques (tels que les bahaïs et les Ahmadis), on voit qu’ils sont en contradiction avec le principe clé islamique que la dernière révélation de Dieu est allée à Mahomet, et les musulmans trouvent cela tout à fait inacceptable. La loi islamique reconnaît la légitimité du judaïsme et du christianisme, parce que ces religions ont précédé l’islam et, partant, les juifs et les chrétiens peuvent maintenir leurs croyances. Mais les Alaouites sont privés de ce privilège. En effet, les préceptes de l’Islam commandent que les apostats comme les Alaouites soient vendus comme esclaves ou exécutés. Au XIXe siècle, un cheikh sunnite, Ibrahim al-Maghribi, a émis une fatwa annonçant que les musulmans peuvent prendre librement la propriété et la vie des Alaouites ; et un voyageur britannique rapporte ce on dit, « ces Ansayriés, c’est mieux d’en tuer un que de prier toute une journée. »

Fréquemment persécutés, quelque 20.000 furent massacrés en 1317 et la moitié de ce nombre en 1516, les Alaouites se sont isolés géographiquement du reste du monde en restant dans leurs propres régions rurales. Jacques Weulersse a expliqué leur situation difficile:

Défaites et persécutées, les sectes hétérodoxes ont disparu ou, pour survivre, ont renoncé au prosélytisme …. Les Alaouites en silence se sont retranchés dans leurs montagnes …. Isolés dans une région accidentée, entourés par une population hostile, désormais sans communications avec le monde extérieur, les Alaouites ont commencé à vivre leur existence solitaire dans le secret et la répression. Leur doctrine, entièrement constituée, n’a pas évolué davantage.

E. Janot a décrit le problème: « persécuté par les Turcs, victime d’un ostracisme déterminé, rançonné par son propriétaire musulman, l’ Alaouite osait à peine sortir de sa zone de montagne, où l’isolement et la pauvreté même l’ont protégé. » Dans la fin des années 1920, moins de la moitié de un pour cent vivait dans les villes: seulement 771 Alaouites, sur une population de 176.285. En 1945, juste 56 Alaouites ont été enregistrés vivant à Damas (bien que beaucoup d’autres ont pu cacher leur identité). Pour une bonne raison, « le nom Nusayri est devenu synonyme de paysan. » Les quelques Alaouites qui vivaient loin de leur montagne ont couramment pratiqué la taqiya. Même aujourd’hui, les Alaouites dominent les zones rurales de Lattaquié, mais ne représentent que 11 pour cent des habitants de la capitale de cette région.

Des siècles d’hostilité ont fait des ravages sur le psychisme alaouite. En plus de prier pour la damnation de leurs ennemis sunnites, les Alaouites ont attaqué des étrangers. Ils ont acquis une réputation de gens de la montagne féroces et indisciplinés qui ont se sont opposés à payer les impôts qu’ils devaient aux autorités et ont souvent pillé les villageois sunnites dans les plaines. John Lewis Burckhardt a observé en 1812 que les villageois « tenaient les Anzeyrys [Ansaris] dans le mépris de leur religion, et les craignaient , parce que souvent ils descendent des montagnes dans la nuit, traversent l’Aaszy[la rivière Asi, ou Oronte], et volent, ou enlèvent de force, le bétail de la vallée.  »

Les choses semblaient être encore pires en 1860, lorsque Samuel Lyde a ajouté que « cela est considéré comme rien qu’ils tuent un mussulman comme un ennemi naturel, ou un chrétien comme une chose impure. » Ecrivant à peu près en même temps, un écrivain britannique guide de voyage a averti de la réception fraîche à laquelle il faut s’attendre de la part des Alaouites: « Ils sont une race sauvage et quelque peu féroce, enclin au pillage, et même avec effusion de sang, quand leurs passions sont excitées ou la suspicion réveillée. »Avec une magnifique litote , l’auteur guide a conclu, « leur pays doit donc être parcouru avec prudence. »

Les Alaouites se retirèrent dans les montagnes à cause des persécutions, puis ils restèrent là, à l’abri de l’ensemble du monde, faute de pouvoir politique au-delà des limites de leur région, loin des administrations plus importantes, presque en dehors des limites du changement historique. La survie dans le vingtième siècle de pratiques archaïques fait de la «région alaouite (pour utiliser l’expression de Jacques Weulersse) un« pays fossile ». Peu a changé dans ce pays parce que «ce n’est pas la montagne qui s’est humanisée;.c’est plutôt l’homme qui est devenu sauvage » ; les Alaouites en ont souffert :« le refuge qu’ils avaient conquis est devenu une prison, bien que maîtres de la montagne, ils ne pouvaient pas la quitter. »

Les gouvernements ont eu des difficultés à dompter le territoire alaouite. En effet, il ne tombe sous contrôle ottoman qu’à la fin des années 1850. La pacification de la région a ensuite mené à des percées économiques sunnites et à la formation d’une sous-classe alaouite ». Comme des paysans mal éduqués manquant d’organisation politique ou de force militaire, les Alaouites généralement travaillé dans des fermes appartenant à des propriétaires arabes sunnites, ne recevant qu’un cinquième de la production. Les agents ottomans ont souvent exigé le double ou le triple des impôts dûs dans la région de Lattaquié.

« Les Alaouites ont été tellement dans la gêne, après la Première Guerre mondiale, que beaucoup de jeunes ont quitté leur patrie pour aller travailler ailleurs. Les fils ont quitté pour trouver un travail de subalterne ou rejoindre les forces armées. Les filles sont parties à l’âge de sept ou huit ans pour travailler comme domestiques en milieu urbain pour les Arabes sunnites. Parce que beaucoup d’entre elles finirent comme maîtresses (une estimation tient qu’un quart de tous les enfants Alawi dans les années 1930 et 1940 avaient un père sunnite), les musulmans et les Alaouites ont vu cette pratique comme profondément honteuse. Dans certains cas, les filles étaient même vendues. Il n’est pas exagéré de dire, comme le fait un historien autochtone, que les Alaouites « furent parmi les plus pauvres de l’Orient » Le révérend Samuel Lyde est allé encore plus loin, écrivant en 1860 que «l’état de la société[alaouite] était un parfait enfer sur la terre. »

Les effets politiques de la pauvreté ont été exacerbés par la nature de ces divisions, qui ont suivi les lignes géographiques et communautaires. Les Sunnites qui vivaient dans les villes ont connu une bien plus grande richesse et dominé les paysans Alaouites. Jacques Weulersse a décrit en 1934 la manière dont chaque communauté « vit à part avec ses propres coutumes et ses propres lois. Non seulement ils sont différents mais ils sont hostiles … l’idée des mariages mixtes semble inconcevable. » En 1946, il a ajouté que «l’antagonisme entre les populations urbaines et rurales est si profond que l’on peut presque parler de deux populations différentes qui coexistent dans un seul cadre politique. » Une génération plus tard, Nikolaos van Dam a observé, «les contrastes urbain-rural sont parfois si grands que les villes semblaient comme des colonies d’étrangers qui étanchent la population pauvre en milieu rural …. Au cours du temps, la communauté alaouite a mis au point un forte méfiance des sunnites qui avaient été si souvent leurs oppresseurs.  » Ce ressentiment ‘Alawi des sunnites a donné d’excellents conséquence, ces dernières années.

LA MONTEE EN PUISSANCE DES ALAOUITES, 1920-1970

L’ascension des alaouites a pris un demi-siècle. En 1920, ils étaient encore la minorité humble qui vient d’être décrite ; en 1970, ils régissaient de main de maître la Syrie. Cette transformation étonnante a eu lieu en trois étapes: le mandat français (1920-1946), la période de domination sunnite (1946-1963), et l’ère de la consolidation alaouite (1963-1970).

Le mandat français, 1920-1946

Selon Yusuf al-Hakim, un éminent homme politique syrien, les Alaouites ont adopté une attitude pro-française, même avant la conquête française de Damas en juillet 1920. « Les Alaouites se voyaient dans un état de grâce après l’enfer ; en conséquence, ils se consacrèrent au mandat français et n’envoyèrent pas une délégation au Congrès [général]syrien. « Ils s’opposaient si intensément au Prince Faysal, le chef sunnite arabe de la Syrie en 1918-1920 qu’ils soupçonnaient de vouloir les dominer, qu’ils lancèrent une rébellion contre son régime en 1919, en utilisant des armes françaises. Selon un observateur bien informé, les Alaouites maudissaient l’islam et priaient « pour la destruction de l’Empire ottoman ». Le général Gouraud reçut un télégramme à la fin de 1919, émanant de 73 chefs Alaouites représentant différentes tribus, qui demandaient « la création d’un syndicat indépendant Nusayri sous notre totale protection. »

Deux ans plus tard, les Alaouites se rebellèrent contre la domination française sous la direction de Salih al-‘Ali, un événement que le gouvernement Asad montre fièrement comme un des titres d’ anti-impérialisme. Mais un examen attentif pousse à croire que la révolte avait plus à voir avec le fait que les Ismaéliens avaient pris parti pour la France et, compte tenu de l’état des relations Ismaéliens-Alaouites, cela a conduit à des hostilités entre les Alaouites et les Français. Dès que les autorités françaises ont accordé l’autonomie aux Alaouites, elles ont gagné le soutien alaouite.

En effet, l’établissement de la domination française après la Première Guerre mondiale bénéficia aux Alaouites plus qu’à toute autre communauté. Les efforts français pour coopérer avec les minorités signifiaient que les Alaouites accédaient à l’autonomie politique et échappaient au contrôle sunnite ; l’Etat de Lattaquié a été créé le 1er juillet 1922. Ils ont également acquis une autonomie juridique ; une décision de 1922 pour mettre fin au contrôle sunnite d’affaires judiciaires impliquant des Alaouites a transféré ces cas aux juristes alaouites. L’état alaouite a bénéficié d’imposition basse et d’une importante subvention française. Il n’est pas étonnant que les Alaouites aient accepté tous ces changements avec enthousiasme. Comme un historien anti-Alaouite a dit plus tard, « Au moment où des mouvements de résistance prenaient de l’ampleur contre le mandat français, alors que Damas, Alep, et le Hauran connaissaient des rébellions continues au nom de l’unité et de l’indépendance syriennes, les Nusayris bénissaient la division du pays en petits États minuscules. «

En échange, les Alaouites ont contribué à maintenir la domination française. Ils se sont déplacés en grand nombre lorsque la plupart des Syriens ont boycotté les élections parrainées par la France, de janvier 1926. Ils ont fourni un nombre disproportionné de soldats pour le gouvernement, formant près de la moitié des huit bataillons d’infanterie constituant les Troupes Spéciales du Levant, servant en tant que police, et fournissant des renseignements. Pas plus tard qu’en mai 1945, la grande majorité des Troupes Spéciales demeurait fidèle à leurs commandants français. Les Alaouites brisaient les manifestations sunnites, arrêtaient les grèves, et réprimaient les révoltes. Les Alaouites ont été ouvertement favorables à la poursuite de la domination française, craignant que le départ de la France ne conduise à une reprise du contrôle sunnite sur eux. Henri de Jouvenel, haut-commissaire français pour la Syrie (1925-1927), a cité un homme politique alaouite de premier plan lui disant: « Nous avons réussi en trois ou quatre ans à faire plus de progrès que nous n’avions fait en trois ou quatre siècles. Laissez-nous donc dans notre situation actuelle ».  »

Les sentiments pro-français ont été exprimés de façon particulièrement claire en 1936, quand l’incorporation temporaire de l ‘État alaouite dans la Syrie a suscité de vives protestations. Une pétition de mars 1936 parla de l’union avec les Sunnites comme d’un « ‘esclavage». Le 11 juin 1936, un leader alaouite écrivit une lettre au Premier ministre de la France, Léon Blum, lui rappelant « la profondeur de l’abîme qui nous sépare des Syriens [sunnites], »et lui demandant« d’imaginer la catastrophe désastreuse qui suivrait » l’incorporation.

Quelques jours plus tard, six notables alaouites (y compris Sulayman Asad, qui serait, dit-on, le grand-père de Hafez al-Assad) envoyèrent une autre lettre à Léon Blum dans laquelle ils faisaient plusieurs remarques : les Alaouites diffèrent des Sunnites religieusement et historiquement; les Alaouites refusent d’être rattachés à la Syrie , car c’est un État sunnite et les Sunnites les considèrent comme des non-croyants (kafirs); la fin du mandat exposerait les Alaouites à un danger mortel;« l’esprit de féodalité religieuse »rend le pays inapte pays à l’autonomie ;par conséquent, la France devrait assurer la la liberté et l’indépendance des Alaouites en restant en Syrie.

Une note alaouite au gouvernement français en juillet 1936 demandait: » Est-ce que les Français aujourd’hui sont ignorants que les croisades aurait réussi si leurs forteresses avaient été dans le nord-est de la Syrie, dans la terre des Nusayris ?…. Nous sommes les personnes les plus fidèles à la France. « Encore plus fermement formulée fut la pétition de septembre 1936, signée par 450.000 Alaouites, Chrétiens et Druzes, dans laquelle on lit :

Les Alaouites croient qu’ils sont des êtres humains, pas des bêtes prêtes à l’abattage. Aucune puissance au monde ne peut les forcer à accepter le joug de leurs ennemis traditionnels et héréditaires en étant leurs esclaves pour toujours …. Les Alaouites regretteraient profondément la perte de leur amitié et de leur attachement fidèle à la noble France, qui jusqu’à présent a été tant aimée, admirée et adorée par eux.

Bien que Lattaquié ait perdu son statut autonome en décembre 1936, la province a continué de bénéficier d’un «régime administratif et financier particulier » »

La résistance alaouite au pouvoir sunnite a pris un nouveau tournant en 1939 avec le lancement d’une rébellion armée menée par Sulayman al-Murshid, la « mi-sinistre, mi-ridicule figure du « dieu », obèse, illettré, thaumaturge». Murshid, un bandit qui se proclamait lui-même divin, a contesté la règle sunnite avec des armes françaises et quelque 5.000 partisans alaouites. Selon les mots d’un rapport consulaire britannique de 1944: « Les dirigeants locaux Alaouites, dont la conception du nouvel ordre en Syrie est un gouvernement nationaliste qui va les traiter à la manière des Français, confirmant leur autorité et fermant les yeux sur leurs excès, font de leur mieux pour tout combiner, et le mouvement semble être soutenu par les Français. » Murshid réussi à maintenir l’autorité de Damas hors des territoires alaouites.

Jusqu’à l’indépendance, les dirigeants alaouites ont continué de présenter des pétitions aux Français pour que le mécénat français continue. Par exemple, un manifeste signé par douze chefs de file en mars 1945 a appelé tous les soldats alaouites à rester sous le commandement français et l’arbitrage français des différends entre le gouvernement alaouite et Damas.

Prédominance sunnite, 1946-1963

Ce furent les Sunnites , et spécialement l’élite sunnite urbaine, qui héritèrent du gouvernement lorsque le mandat français prit fin en 1946. Même après l’indépendance, les Alaouites continuèrent à s’opposer à la soumission au gouvernement central. Sulayman al-Murshid mena une seconde révolte en 1946, se terminant par son exécution. Un troisième soulèvement manqué, dirigé par le fils de Murshid eut lieu en 1952. L’échec de ces efforts conduisit les Alaouites à envisager la possibilité de rattacher Lattaquié au Liban ou à la Transjordanie – tout pour éviter l’absorption dans la Syrie. Ces actes de résistance ternissaient encore plus, parmi les Sunnites, la réputation déjà lamentable des Alaouites.

Quand ils arrivèrent au pouvoir, les dirigeants sunnites à Damas ne ménagèrent aucun effort pour intégrer Lattaquié dans la Syrie (en partie parce que cette région offre le seul accès à la mer). Surmontant la résistance armée, ils ont aboli l ‘Etat alaouite, les unités militaires alaouites, les sièges des Alaouites au parlement, et les tribunaux qui appliquaient les lois alaouites de statut personnel. Ces mesures ont eu un certain succès ; les Alaouites se réconcilièrent avec la citoyenneté syrienne après l’écrasement de la révolte druze en 1954 et, désormais, abandonnèrent l’idée d’un Etat séparé. Ce changement de perspective, qui semblait être une question d’importance relativement mineure à l’époque, en fait a inauguré une nouvelle ère de la vie politique syrienne: l’ascension politique des Alaouites.

Une fois qu’ils eurent reconnu que leur avenir était au sein de la Syrie, les Alaouites commencèrent une rapide ascension vers le pouvoir. Deux institutions clés, les forces armées et le parti Ba’th, eurent une importance particulière dans leur transformation.

Même si les circonstances particulières qui les avaient amenés dans l’armée devenaient caduques avec le départ des Français, les Alaouites et d’autres minorités continuèrent après l’indépendance à être surreprésentés dans l’armée. De vieux soldats restèrent en service et de nouveaux continuèrent à venir. Etant donné l’attitude sunnite envers les Alaouites, la persistance d’un grand nombre d’Alaouites dans les forces armées est surprenante. Cette anomalie résulte de plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’armée conservait sa réputation de place pour les minorités. Patrick Seale a fait observer que les familles de l’aristocratie terrienne sunnite, «étant principalement nationalistes, méprisaient l’armée comme profession : la rejoindre en cas de guerre était servir les Français. Homs [l’Académie militaire] était à leurs yeux un endroit pour les paresseux, les rebelles, les arriérés sur le plan universitaire, ou sur le plan social des gens quelconques. » Cependant pour les non-sunnites, Homs a été une chance pour les ambitieux et talentueux.

Deuxièmement, les dirigeants sunnites ont pratiquement ignoré l’armée comme outil de l’Etat, craignant sa puissance dans la politique intérieure ; ils ont rechigné à la financer, l’ont gardée petite, et rendu peu attractive la carrière militaire. Troisièmement, la situation économique désastreuse des Alaouites et d’autres populations rurales signifiait qu’ils ne pouvaient pas payer les frais pour exempter leurs enfants du service militaire. Plus positivement, ces enfants ont vu le service militaire comme un moyen de mener une vie décente.

En conséquence, bien que la proportion d’Alaouites entrant à l’Académie militaire de Homs ait diminué après 1946, les Alaouites sont restés surreprésentées dans le corps des officiers. Un rapport de 1949 a déclaré que «les personnes originaires des minorités » commandaient « toutes les unités de quelque importance» dans l’armée syrienne. (Cela ne signifie pas seulement Alaouites ; par exemple, la garde du corps du président Hosni az-Za’im en 1949 était entièrement circassienne.) Les Alaouites formaient une majorité parmi les soldats et environ les deux tiers des sous-officiers.

Les dirigeants sunnites ont apparemment cru que réserver des postes de haut niveau pour eux-mêmes suffirait à contrôler les forces militaires. En conséquence, les minorités ont rempli les rangs inférieurs et pendant quelques années trouvèrent des difficultés à s’élever au-dessus du niveau commun. Comble de l’ironie, cette discrimination les a bien servis, comme les officiers supérieurs étaient engagés dans d’innombrables coups d’Etat militaires entre 1949 et 1963, chaque changement de gouvernement était accompagné par de ruineuses luttes de pouvoir entre Sunnites, conduisant à la démission et à l’épuisement des rangs sunnites. Des plaisantins ont prétendu, avec raison, qu’il y avait plus d’officiers à l’extérieur de l’armée syrienne qu’à l’intérieur. Se tenant en dehors de ces conflits, les non sunnites, et les Alaouites en particulier, ont bénéficié de ces purges répétées. Comme les officiers sunnites s’éliminaient les uns les autres , les Alaouites héritèrent de leur positions. Avec le temps, les Alaouites ont obtenu des postes de plus en plus élevés, et, quand un Alaouite gravissait les échelons, il apportait ses parents avec lui.

Purges et contre purges pendant la période 1946-1963 ont engendré une profonde méfiance parmi les officiers. Ne sachant jamais qui peut préparer un complot et contre qui le complot est préparé, les officiers supérieurs ont souvent contourné la hiérarchie normale de commandement en faveur des liens de parenté. Comme la peur de la trahison est venue à dominer les relations entre les militaires, avoir des liens ethniques fiables a donné aux officiers issus de minorités un grand avantage. Dans des circonstances de suspicion presque universelle, les officiers au sein des réseaux fiables pourraient agir beaucoup plus efficacement que ceux sans réseau. Les Sunnites entraient dans l’armée en tant que personnes individuelles, tandis que les Alaouites entraient en tant que membres d’une secte; ceuxci, donc, ont prospéré. La solidarité ethnique alaouite a offert une base beaucoup plus durable de coopération que les alliances changeantes formées par des officiers sunnites.

En plus de l’armée, les Alaouites ont également acquis le pouvoir à travers le parti Ba’th. Dès les premières années, le Ba’th a particulièrement attiré les Syriens de milieux ruraux et des minorités, y compris les Alaouites, qui ont adhéré en nombre disproportionné (en particulier à la branche de Lattaquié du parti Ba’th). Les migrants ruraux qui se rendaient à Damas à des fins éducatives constituaient la majorité des membres du Parti Ba’th. Ils avaient tendance à être des étudiants des basses classes, les fils d »ex-paysans nouvellement arrivés dans les villes. Par exemple, à Alep, le Ba’ath a revendiqué autant de membres que les trois quarts des élèves du secondaire dans certaines écoles. L’un des fondateurs du parti était un Alaouite, Zaki al-Arsuzi, et il a apporté avec lui plusieurs de ses (ruraux) coreligionnaires au Ba’th.

En particulier, deux doctrines ont attiré les Alaouites : le socialisme et la laïcité. Le socialisme offrait des possibilités économiques pour les plus pauvres de la Communauté du pays. (Cependant le socialisme du Ba’th ne fut pas clair, jusqu’aux années 1960 ; c’est seulement lorsque les minorités ont pris le pouvoir que cette caractéristique devint importante). La laïcité – le retrait de la religion de la vie publique –offrait la promesse de moins de préjugés à une minorité méprisée. Quoi de plus attrayant pour les membres d’une communauté religieuse opprimée que cette combinaison de ces deux idéologies? En effet, ces aspects ont attiré les Alaouites (et d’autres minorités rurales pauvres) au Ba’th plus de son nationalisme panarabe.

Le seul rival pour le Ba’th était le PSNS [Parti Social Nationaliste Syrien], qui offrait sensiblement les mêmes attraits. Les deux furent en compétition assez uniformément pendant une décennie, jusqu’à ce que le Ba’th ait éliminé le PSNS à travers l’affaire Maliki en 1955. A partir de là, en particulier en Syrie, les Alaouites furent liés principalement au Ba’th.

La consolidation alaouite, 1963-1970

Trois changements dans le régime ont marqué la consolidation alaouite du pouvoir: le coup d’État du Ba’th de mars 1963, le coup d’Etat alaouite de février 1966, et le coup d’Etat d’Assad de novembre 1970.

Les Alaouites ont eu un rôle majeur dans le coup d’Etat du 8 mars 1963 et ont pris de nombreux postes clés du gouvernement dans le régime Ba’th qui a suivi. Entre 1963 et 1966, des batailles sectaires opposant les minorités contre les sunnites ont eu lieu au sein de l’armée et du parti Ba’th.

D’abord l’armée: pour s’opposer au président Amin al-Hafiz, un sunnite, et consolider leur position nouvelle, les dirigeants Alaouites ont inondé l’armée avec des coreligionnaires. De cette façon, les officiers de la minorité sont venus à dominer les effectifs de l’armée syrienne. Lorsque sept cents postes furent proposés dans l’armée peu après le coup d’Etat de mars 1963, les Alaouites remplirent la moitié des postes. Si restreints étaient les sunnites, que quelques élèves officiers diplômés furent privés de leurs nominations au corps des officiers. Alors que les Alaouites, Druzes et Ismaéliens occupaient des postes politiquement sensibles dans la région de Damas, les Sunnites furent envoyés dans des régions éloignées de la capitale. Bien que l’appartenance communautaire ne soit pas le moteur de toutes les alliances, elle a fourni la base pour la plupart des relations durables. Les leaders alaouites comme Muhammad ‘Umran ont construit des unités clés de membres de leur propre communauté religieuse. Les officiers sunnites sont souvent devenus des figures de proue, occupant des postes élevés, mais disposant de peu de pouvoir. En représailles, Hafiz est venu à voir presque chaque Alaouite comme un ennemi et a suivi d’honteuses politiques sectaires, par exemple, l’exclusion des Alaouites de certaines positions sur la seule base de l’appartenance communautaire.

Même les officiers alaouites qui avaient résisté au confessionnalisme finalement y succombèrent. Les événements politiques renforcèrent les liens entre les Alaouites, réduisant les différences tribales, sociales et religieuses qui, historiquement, les avait divisés . Itamar Rabinovich, un des premiers étudiants de cette période, explique comment le confessionnalisme avait acquis une dynamique propre:

J’did [Salah Jadid, gouverneur de Syrie 1966-1970] fut parmi ceux qui (pour des raisons politiques) dénoncèrent ‘Umran pour promouvoir le « sectarisme » (ta’ifiyya) mais, ironiquement, il eut le soutien de nombreux officiers alaouites qui devaient leur avancement à ‘Umran…. Les officiers alaouites promus par ‘Umran ont réalisé que leur surreprésentation dans les échelons supérieurs de l’armée déplaisait fortement à la majorité, et ils semblent s’être ralliés autour de J’did, à ce moment là, les plus éminent officier dans l’armée syrienne et la personne considérée comme la plus susceptible de préserver leur position élevée, mais précaire. Il fut également tout à fait naturel pour [Amin al-] Hafiz … de tenter de rassembler des officiers sunnites autour de lui en accusant J’did de se livrer à des politiques «sectaires»…. La solidarité des supporters alaouites de[Jadid]»semble avoir été encore renforcée par le sentiment que la question avait pris un caractère confessionnel et que leurs positions personnelles et collectives étaient en jeu.

Les mêmes facteurs ont poussé les officiers druzes – également surreprésentés dans les hautes fonctions militaires – à unir leur sort avec les Alaouites en 1965.

Une dynamique similaire s’était produite dans le parti Ba’th. Juste au moment où les Alaouites avaient rempli plus de la moitié des sept cents postes militaires, alors ils entrèrent en nombre dans le parti. Pour rendre possible leur recrutement, les exigences idéologiques d’admission furent assouplies pendant deux ans après mars 1963. Beaucoup d’officiers du parti apportèrent avec eux les membres de leur famille, tribu, village, ou secte. Comme un document interne du parti Ba’th document de 1966 a expliqué le problème, « amitié, lien familial et même parfois connaissance purement personnelle furent à la base » de l’admission au parti, ce qui conduisit « à l’infiltration d’éléments étrangers à la logique aux points de départ du parti. Alors que les Alaouites introduisaient d’autres Alaouites, beaucoup de sunnites furent éliminés. L’adhésion a quintuplé en un an après son accession au pouvoir, transformant le parti d’une affiliation idéologique à une appartenance sectaire. Le Ba’ath est devenu une institution tout à fait différente au cours de ses deux premières années et demie au pouvoir (Mars 1963 à fin 1965).

Ces changements ont abouti à la décision de Hafez en février 1966 d’éliminer 30 officiers issus de groupes minoritaires de l’armée. En entendant parler de son plan, un groupe constitué principalement d’officiers ba’thistes alaouites ont devancé Hafiz et prit le pouvoir le 23 février dans le changement de gouvernement le plus sanglant jamais vu en Syrie. Une fois au pouvoir, ils ont éliminé les officiers rivaux appartenant à d’autres groupes religieux – d’abord les Sunnites et les druzes, les Ismaéliens -, aggravant encore les tensions entre communautés. Les officiers alaouites ont reçu les affectations les plus importantes, et acquis une puissance sans précédent. Le commandement régional du parti Ba’th, un centre de prise de décisions clés, ne comprenait pas de représentants du tout durant la période 1966-1970 à partir des zones sunnites urbaines de Damas, Alep, Hama. Cependant deux-tiers de ses membres furent recrutés dans les populations rurales et les populations des minorités à Lattaquié, le Hauran, et Dayr az-Zur. L’inclination fut encore plus apparente chez les officiers militaires du commandement régional; pendant 1966-1970, 63 pour cent provenaient de Lattaquié seule.

La mainmise alaouite sur le pouvoir a provoqué des plaintes amères de la part d’autres communautés. Un leader militaire druze, Salim Hatum, a déclaré à la presse après avoir fui la Syrie que les Alaouites dans l’armée étaient plus nombreux que les autres communautés religieuses dans une proportion de 5-à -1. Il a noté que « la situation en Syrie était menacée par une guerre civile en raison de la croissance de l’esprit sectaire et tribal. » Il a également fait observer que «chaque fois qu’un homme de l’armée syrienne est interrogé sur ses officiers libres, sa réponse sera qu’ils ont été licenciés et chassés, et que seuls les officiers de Alawi sont restés. » Jouant sur le slogan du parti Ba’th, « Une nation arabe avec une mission éternelle», Hatum s’est moqué des dirigeants à Damas, en disant qu’ils croient à «Un Etat alaouite avec une mission éternelle. »

La domination alaouite n’assura pas la stabilité. Deux chefs Alaouites Salah Jadid et Hafiz al-Asad, s’affrontèrent pour la suprématie en Syrie vers la fin des années 1960, une rivalité qui n’a pris fin que lorsque Asad l’emporta en 1970. En plus des différences dans les perspectives – Jadid était plus l’idéologue et Asad plus le pragmatique – ils représentaient diverses sectes alaouites. La guerre de septembre 1970 entre l’OLP et le gouvernement jordanien fut l’événement décisif dans l’ascension au pouvoir Asad. Jadid envoya des forces au sol syriennes pour aider les Palestiniens mais Asad refusa d’envoyer une couverture aérienne. La défaite de l’armure syrienne précipita le coup d’Etat sans effusion de sang d’Assad, deux mois plus tard. Cela, qui était le dixième coup d’Etat militaire en dix-sept ans, devait être le dernier pour une longue période à venir. Il a également pratiquement mis fin aux hostilités entre Alaouites

L’homme qui a remporté la longue lutte pour le contrôle de la Syrie, Hafiz ibn ‘Ali ibn Sulayman al-Assad, est né le 6 octobre 1930 à Qardaha, un village non loin de la frontière turque et le siège du chef religieux alawite. Hafiz était le deuxième de cinq enfants (Bayat, Hafiz, Jamil, Rifaat, Bahija); en outre, son père a eu un fils aîné avec une autre femme. La famille appartient à la branche Numaylatiya de la tribu Matawira. (Cela signifie que les ancêtres d’Assad vinrent d’Irak vers 1120.)

Les récits diffèrent si son père était un pauvre paysan, un agriculteur avec une certaine aisance financière, ou d’un notable. Il y a des chances que la famille ait été à l’aise, car tandis que Qardaha se composait essentiellement de maisons de boue séchée, les Assads vivait dans une maison en pierre. Cependant, des années plus tard, Assad cultivé une histoire de pauvreté, racontant aux visiteurs, par exemple, ‘avoir à abandonner l’école jusqu’à ce que son père ait trouvé les 16 livres syriennes pour payer ses frais de scolarité.

Vrai ou pas, Hafiz fut un étudiant de qualité supérieure et, en fonction de son dossier académique, il déménagea à la ville voisine de Latakia en 1940, où il intégra une grande école, le Collège de Lattaquié. Puis, quelque temps après 1944, il semble qu’il a changé son nom de Wahsh, qui signifie «bête sauvage» ou «monstre» à El-Assad, qui signifie «lion». En 1948, quand il avait seulement 17 ans, il se rendit à Damas et se porta volontaire dans l’armée syrienne pour aider à détruire l’Etat d’Israël naissant, doit seulement être rejeté comme mineur. Néanmoins, au moins selon son propre témoignage, Assad avait combattu.. Il s’inscrivit à l’Académie militaire de Homs en 1950, diplômé en 1952, et a commencé à fréquenter l’école de l’air d’Alep en 1952. Il est devenu un pilote de combat en 1954 et se distingua dans cette capacité. (Il a abattu un avion britannique au cours de l’opération de Suez.) Assad étudia en Egypte, puis, pendant onze mois en 1958, en Union soviétique, où il a appris comment faire voler un MiG 15s et 17s et apprit un peu de langue russe . Au cours des années RAU, il commandait un escadron de chasse de nuit, près du Caire.

Assad a été actif en politique dès 1945, d’abord en tant que président du Comité des étudiants au Collège de Lattaquié, puis comme président de l’Union nationale des étudiants. Alors qu’il était encore étudiant, Assad a été emprisonné par les autorités françaises pour des activités politiques. Il a rejoint le parti Ba’th peu de temps après sa création en 1947 (faisant de lui l’un des plus anciens membres du parti). Même s’ il a gravi les grades militaires, il est demeuré actif dans le parti Ba’th. En 1959, pendant son exil en Egypte, El-Assad a aidé à fonder le Comité militaire et à organiser ses activités. A ce moment là il avait également entamé le long processus d’une décennie pour consolider sa position au sein des forces armées syriennes.

Assad fut un personnage puissant en 1961, aussi les dirigeants conservateurs qui avaient pris le pouvoir à Damas à la fin de cette année là (après la dissolution de la RAU) l’obligèrent à donner sa démission en tant que capitaine et à prendre un poste mineur au ministère des Transports. Mais Assad continua à participer aux activités du Comité militaire, se joignant à un putsch manqué, le 29 mars 1962, après quoi il s’enfuit à Tripoli, au Liban, où il fut appréhendé par les autorités et emprisonné pendant neuf jours, puis extradé vers la Syrie. Nonobstant cette mésaventure, il a joué un rôle important dans le coup d’État de 1963 et a été récompensé par un rappel à revenir dans l’armée et une ascension fulgurante dans les rangs, passant de major au début de 1963 à major-général fin 1964 et à maréchal en 1968. (Il a démissionné de l’armée en 1970 ou 1971.) Assad a pris le commandement de l’armée de l’air en 1963 et fait de celle-ci la base de son pouvoir pour prendre le contrôle de toute l’armée pendant les années de tourmente qui ont suivi..

Le soutien d’Assad à la rébellion en février 1966 a été décisive dans le coup d’Etat qui a porté les Alaouites au pouvoir; sa récompense fut d’être nommé ministre de la Défense une vingtaine de minutes après le que le nouveau régime avait été proclamé. Cette nouvelle position donna à Assad l’occasion d’étendre son autorité au-delà de la force aérienne, en particulier aux forces de combat de l’armée. Puis le coup d’Etat d’Assad de novembre 1970 fut le point culminant de la l’ascension des Alaouites vers le pouvoir en Syrie.

Conclusion

La manière dont les Alaouites accédèrent au pouvoir en dit beaucoup sur la culture politique de la Syrie, montrant les liens complexes entre l’armée, les partis politiques, et la communauté ethnique. Le parti Ba’th, l’armée, et les Alaouites ont avancé en tandem, mais lequel de ces trois a eu le plus d’importance? Les nouveaux dirigeants ba’thistes qui étaient arrivés à être des soldats alaouite, ou des soldats alaouites qui se trouvaient être des ba’thistes? En fait, une troisième formulation est plus précise: ils étaient des Alaouites qui se trouvaient être ba’thistes et soldats.

Certes, le parti et l’armée furent d’une importance cruciale, mais à la fin ce fut le transfert d’autorité des Sunnites aux Alaouites qui compta le plus. Sans dénigrer le rôle important du Parti et de l’armée, l’ affiliation alaouite a finalement défini les gouvernants de la Syrie. Parti et de carrière ont compté, mais, comme c’est souvent le cas en Syrie, l’appartenance ethnique et religieuse en fin de compte a servi à définir l’identité. Voir le régime Assad principalement en termes de nature ba’thiste ou militaire, est ignorer la clé de la politique syrienne. L’affiliation confessionnelle demeure d’une importance vitale ; comme à travers les siècles, les questions d’appartenance confessionnelle d’une personne importe plus que tout autre attribut.

La réponse sunnite aux nouveaux dirigeants, qui a pris une forme essentiellement communautaire, confirme ce point de vue. L’opposition généralisée des Sunnites – qui représentent environ 69 pour cent de la population syrienne – à un gouvernant alaouite a poussé l’organisation des Frères musulmans à défier le gouvernement avec des méthodes violentes et même terroristes. Bien que sans succès jusqu’à présent, les Frères ont à plusieurs reprises été près de renverser le régime.

Il semble inévitable que les Alaouites – qui restent une minorité petite et méprisée, en dépit de toute leur puissance actuelle – finiront par perdre leur contrôle sur la Syrie. Lorsque cela se produira, il est probable que les conflits qui à tous les niveaux seront communautaires les abattront, avec la bataille décisive ayant lieu entre les dirigeants alaouites et la majorité sunnite. En ce sens, la chute des Alaouites- que ce soit par des assassinats de hautes personnalités, un coup d’Etat de palais, ou une révolte régionale – est susceptible de ressembler à leur ascension.

 

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« Bouteflika, Khadafi, Assad, Saleh et Moubarak… » totalisent à eux seuls 127 ans d’exercice du pouvoir ! Le vétéran Khadafi a pris le pouvoir en 1969, le plus jeune Assad, l’a hérité de son père en 2000.
Tous s’y accrochent pour la vie…


Moubarak a 82 ans. Assad lui est âgé de 46 ans.
Ils sont tous parvenus au pouvoir par des élections truquées ou par des coups d’état !
Aucune légitimité !

Balayé par une révolution populaire après 23 ans de pouvoir, Ben Ali est le premier président à jeter l’éponge, suivi de Moubarak…

En liste d’attente, les autres suivent avec attention les différentes péripéties qui secouent le monde arabe !

 

 

A qui le tour ?

 

Liste de quelques potentats célèbres…

 

Abdelaziz Bouteflika :

73 ans, élu en avril 1999. L’ancien ministre des Affaires étrangères sous Boumediene est revenu aux affaires après vingt ans d’une « traversée du désert » passée entre Genève, Dubaï, Paris et Alger. Adoubé par l’armée, il a été élu en 1999 puis réélu en 2004.

Alors que la constitution de son pays limitait l’exercice présidentiel à deux mandats, Bouteflika a imposé une révision de la loi fondamentale en novembre 2008 pour supprimer la limitation des mandats.
Il a été réélu en avril 2009 avec le score soviétique de 90,24 %.  Malade, Bouteflika
aspire sûrement à finir ses jours à la tête de l’Etat.
Son frère Saïd ne cache pas son ambition pour la relève…


Mohamed Hosni Said Moubarak :

82 ans, élu en octobre 1981. Vice-président du président Anouar Sadate, il lui succède le 14 octobre 1981, juste après son assassinat.
Moubarak est réélu régulièrement depuis lors en 1987, 1993, 1999 et en 2005, toujours
avec des scores fleuves (+ de 80%)
Son désir de voir son fils fils Gamal 46 ans, assurer sa succession tombe à l’eau à la suite de sa démission forcée !


Mouamar El Khadafi :

69 ans est un ancien capitaine autoproclamé colonel. Il s’est emparé du pouvoir le 1er septembre 1969, à l’âge 27 ans, par un coup d’État contre le roi Idriss Ier, qui se trouvait en Turquie pour soins médicaux.
Imprévisible, le guide de la Révolution libyenne a privatisé son pays pour le transformer
en propriété familiale. Il a dirigé son pays d’une main de fer. Il est considéré par les
occidentaux comme le responsable  de l’attentat de Lockerbie en 1988 et de l’attentat
contre le vol 772 Uta en 1989 qui ont coûté la vie à 440 civils dont 196 Américains et 57
Français.


Ali Abdallah Saleh :

69 ans, porté au pouvoir en juillet 1978 après le coup d’Etat qui s’est soldé par l’assassinat des présidents Ibrahim al-Hamdi et Ahmad al-Ghashmi.
C’est le premier président élu du pays en 1999 avec 96 % des voix.
Sept ans après, il est réélu le 22 septembre 2006 avec 77,2% des suffrages.
Chez la famille Abdallah, le pouvoir est une affaire de famille.
Son fils aîné Ahmed Ali Salah général de brigade, est le commandant de la Garde républicaine du pays et des forces spéciales. Il est l’émissaire de son père dans le monde arabe. Ses trois neveux s’occupent de la sécurité nationale, des forces centrales de sécurité et de la garde présidentielle. Quant à son demi-frère, il dirige tout simplement l’armée de l’air.


Bachar Al-Assad :

46 ans est élu à 97,62 % en juillet 2000.
Le cadet des dictateurs à vie est le fils cadet de l’ancien dictateur syrien Hafez Al-Assad. (1930-2000) Bachar Assad ne semblait pas voué à la politique. Son père pensait plutôt à son fils aîné, Bassel mais celui-ci meurt dans un accident de voiture en 1994.
Hafez Al-Assad fait appel à Bachar, fraichement diplômé en ophtalmologie à Londres.
Après une formation soutenue à l’académie militaire Homs, il devient colonel en 1999.
À la mort du dictateur en 2000, le parlement syrien amende la constitution pour abaisser

l’âge minimum du candidat à la présidentielle de 40 à 34 ans.
Bachar est promu deux jours plus tard général en chef des forces armées syriennes.
Le parlement le propose président le 25 juin 2000.
Il est reconduit après sa victoire avec 97,62% de voix lors d’un référendum présidentiel

organisé le 27 mai 2007.  Il est là pour…la vie !


Saddam Hussein :

Né en 1937 à Tikrit, au nord de Bagdad est marié et père de quatre enfants.

Deux des ses fils avaient un rôle influent dans la vie politique irakienne.
Le premier, Oudaï, élu à la Chambre dans une circonscription de Bagdad était rédacteur en

chef du journal Babel, un des principaux quotidiens officiels, directeur de Shabab TV, la

télévision de la Jeunesse, président de l’Association irakien de photographes, directeur

du Comité olympique et de l’équipe nationale de football, de l’Union des jeunes et de l’

Union nationale des étudiants irakiens. Petit à petit, Qousaï, le fils cadet de Saddam, s’est vu désigné comme l’héritier, au dépends de son frère.
A l’âge de 25 ans il avait été chargé de la répression contre les Chiites, qui s’étaient

soulevés après que l’armée irakienne ait été chassé du Koweït. Après la tentative d’

assassinat qu’avait essuyé son frère en 1996, sa position d’héritier fut assurée.

Qoussaï dirigeait deux des plus importantes organisations irakiennes destinées à maintenir la domination du régime en place : le Conseil de sécurité nationale et le Comité spécial de sécurité. En 1997, il avait pris la tête des miliciens Fedayin, une unité paramilitaire créée par son frère. Qoussaï dirigeait également la garde républicaine. En mai 2001, il avait été nommé directeur adjoint des services militaires du parti Baath et commandant régional en chef. A la veille de l’attaque américaine en mars 2003, Qoussaï avait été chargé par Saddam du contrôle de quatre régions vitales, dont Bagdad et Tikrit. Les deux frères auraient été impliqués dans la lucrative contrebande de pétrole pendant l’embargo international.
Le 23 juillet 2003, Oudaï et Qoussaï, les deux fils de Saddam Hussein sont tués lors de

l’assaut de la résidence dans laquelle ils ont été localisés, aux environs la ville de Mossoul (nord de l’Irak).

 


 

François Duvalier – « Papa Doc » – ( 14/04  1907  – 21/04/ 1971)

Il fut Président d’Haïti de 1957 à 1964 soit durant une période de six (06) ans avec le soutien de l’armée et sur un programme populiste, utilisant une stratégie « pro-négritude » pour défier l’élite des mulâtres et faire appel à la majorité afro-haïtienne.
Puis de 1964 jusquà sa mort en 1971 (07 ans) il est « Président à vie » et applique un régime dictatorial. Son règne fut empreint de corruption et marqué par l’utilisation de milices privées, les tontons macoutes !
Après un coup d’état manqué à la mi-1958, l’armée est purgée et la Milice Volontaire pour la Sécurité Nationale (les Tontons macoutes) est créée. Son organisation s’inspirait des chemises noires de l’Italie fasciste.
En 1961, Duvalier réécrivit la constitution et organisa une élection à candidat unique avec 1,32 millions de voix pour lui (et 0 contre).
En 1966, il persuada le Vatican de le laisser nommer la hiérarchie catholique haïtienne. Perpétuant un nationalisme noir, cela lui permis également de renforcer son emprise sur l’île par le contrôle des institutions religieuses.
En 1970, François Duvalier malade, modifie la Constitution d’Haïti en faveur de la  succession de son fils : Jean-Claude Duvalier.
Après  13 ans de pouvoir absolu (1958-1971) le dictateur François Duvalier meurt et le lendemain, son fils Jean-Claude « Bébé doc » âgé de 19 ans, lui succéda avant d’être chassé par une révolte populaire. Le petit dictateur a régné de 1971 à 1986. Exilé en France, il projette de revenir au pouvoir grâce à des appuis extérieurs.


Rafik El Hariri est assassiné en 2005 au Liban et bien entendu, c’est son fils Saad Hariri qui lui succède…


Benazir Bhutto en 2007 a succédé à son père, le président Zulfikar Ali Bhutto à la mort

de celui-ci, et qui a été elle-même remplacée par son propre mari, l’actuel président du

Pakistan, Asif Ali Zardari, lorsqu’elle a été assassinée…en 2007 !


Karim Wade, fils du président sénégalais octogénaire Abdoulaye Wade, attend patiemment l’heure de la relève malgré l’opposition farouche de tous les Sénégalais.

 

Gnassingbé Eyadéma, ayant pris le pouvoir dans un sanglant coup d’Etat, règne sur le Togo depuis 38 ans !  En 2005, son fils Faure Gnassingbé lui succède à la tête de l’état…

 

Omar Bongo meurt en 2009 après 30 ans au pouvoir !
Son fils Ali Bongo le remplace comme président du Gabon…


Raul Castro succède à Fidel Castro qui lui a transmis les rênes du pouvoir.


T. Obiang Nguema 32 ans au pouvoir. Guinée Equatoriale.
C’est l’un des chefs d’Etat les plus puissants d’Afrique.
En 1969, son oncle, Francisco Macías Nguema élu président de la République, lui offre le

poste de commandant de l’armée et des régions militaires de la capitale. L’année suivante, grâce à son oncle, il est promu au ministère de la Défense en tant que directeur général de l’approvisionnement et de la planification. En 1975, il prend la tête des forces armées puis est nommé vice-ministre des Forces armées populaires en 1979.

La même année,il…renverse son oncle, prend le pouvoir comme président du Conseil

militaire suprême, avant d’être nommé président de la République en 1982.

C’est ce qu’on appelle « mordre la main nourricière »


José Eduardo dos Santos 32 ans au pouvoir. Angola.
Né à Sambizanga (Luanda) le 28 août 1942, il exerce les fonctions de président de la

République depuis le 10 septembre 1979. Dos Santos succède par désignation au père de

l’indépendance angolaise Agostinho Neto, mort en 1979, et devient président du Mpla le 10 septembre 1979. Pendant plusieurs années, il combattra son rival de l’Unita, Jonas

Savimba. Après son assassinat en 2002, il règnera en maître absolu sur l’Angola.


Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo, 29 ans au pouvoir. Cameroun.
Il est né le 13 février 1933 à Mvomeka’a.
C’est le second président de la République du Cameroun depuis le 6 novembre 1982.

Dès 1962, le président Ahmadou Ahidjo le désigne en qualité de chargé de mission à la

Présidence de la République dans le gouvernement.
En 1968, il est nommé ministre secrétaire général à la Présidence.
En 1975, il est Premier ministre d’Ahidjo puis devient président de la République le 6

novembre 1982 après la démission du président Ahidjo le 4 novembre 1982.


Robert Gabriel Mugabé 24 ans au pouvoir. Zimbabwe.
Il est né le 21 février 1924 en Rhodésie du Sud.
Après avoir été Premier ministre de 1980 à 1987, il est élu président de la République le

31 décembre 1987. En 1963, Mugabe, crée son propre parti, le Zimbabwe African National

Union (ZANU), avec le révérend Ndabaningi Sithole et l’avocat Herbert Chitepo.
En 2000, Robert Mugabe soumet à la population une nouvelle constitution incorporant

notamment une réforme agraire avec des expropriations sans compensation et, surtout, une amnistie permanente aux militaires et aux membres du gouvernement.
Les organisations internationales l’accusent de violation des droits de l’homme.


Blaise Compaoré, 24 ans au pouvoir. Burkina-Faso.
Ce militaire formé à l’Emia est né le 3 février 1951 à Ziniaré, un village au nord de

Ouagadougou. Il est le fondateur de l’actuel parti au pouvoir, le Congrès pour la

démocratie et le progrès. Son nom est régulièrement associé  au meurtre de Thomas

Sankara. Il a été élu président de la République en 1991, dans une élection qui a été

boycottée par l’opposition. il a été réélu en 1998, en 2005 et en 2010.
Il a pris le pouvoir le « Jeudi noir » 15 octobre 1987, lors d’un coup d’État sanglant au

cours duquel Sankara, son prédécesseur à la tête de l’État, a été tué. Compaoré a décrit

le meurtre de Sankara comme un « accident » !

Cependant, cette affirmation est largement contestée.


Omar Hassan El Béchir. 22 ans au pouvoir. Soudan.
Il  est né le 1er janvier 1944 à Hosh Bonnaga.
Il accède au grade de général dans les années 1980 et mène le coup d’État militaire de

1989 qui renverse le Premier ministre élu Sadeq al-Mahdi.
Tous les partis politiques ainsi que le Parlement sont dissous.

El-Béchir prend la tête du Conseil du commandement révolutionnaire pour le salut national nouvellement établi ainsi que les fonctions de chef de l’État, Premier ministre, chef des forces armées et ministre de la Défense avant de devenir officiellement président de la République le 16 octobre 1993. D’abord allié à l’islamiste Hassan al-Tourabi, el-Bechir le met à l’écart, avant de l’incarcérer en 1999.

 

Islom Abdug‘aniyevich Karimov. 21 ans au pouvoir. Ouzbékistan.
Il est né le 30 janvier 1938 à Samarcande.
C’est le président de la République d’Ouzbékistan depuis  le 24 mars 1990.
Il adhère en 1964 au Parti communiste de l’Union soviétique.
Les Ong présentes dans la région, ainsi que l’Onu dénoncent les tortures, le manque de

démocratie, la répression contre l’opposition politique et religieuse, le manque de

liberté de la presse en Ouzbékistan sous la coupe de Karimov.


Meles Zenawi. 20 ans au pouvoir. Ethiopie.
C’est lui qui était le porte parole de l’Afrique au sommet de Copenhague sur le

changement climatique. Meles Legesse Zenawi est né  le 8 mai 1955 à Adoua.
Il est Premier ministre depuis le 23 août 1995.  Après la chute officielle du régime du

Derg le 28 mai 1991, il devient président du gouvernement de transition jusqu’au 22 août

1995. Sa présidence sera également marquée par la sécession de l’Érythrée après

référendum en 1993 et l’adoption d’une nouvelle Constitution en 1994.

L’Éthiopie devient officiellement la République fédérale démocratique d’Éthiopie.

 

Idriss Déby Itno. 20 ans au pouvoir. Tchad.
Il est né en 1952.
Le 7 juin 1982, Habré entre dans Ndjamena avec Déby à ses côtés, poussant le président

Goukouni Oueddei à s’exiler en Algérie. Promu Lieutenant-colonel, il se rend en France où

il suit les cours de l’École de guerre inter-armées.
De retour au Tchad, il est nommé conseiller d’Habré pour la défense et la sécurité.
Le 2 décembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir son ancien compagnon

d’armes Hissène Habré après une période de lutte armée menée à partir du Soudan et le

remplace le 4 décembre avec le titre de président du Conseil d’État.
Il est ensuite désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991 après

l’adoption de la Charte nationale.


Than Shwé. 19 ans au pouvoir. Birmanie.
Il est né à Kyaukse le 2 février 1933. Il  est le plus haut dirigeant de la junte du Myanmar (Birmanie). En 1960, il est promu capitaine. Après le coup d’État qui évince lepremier ministre ministre en 1962, il continue à monter dans les rangs : Il est lieutenant-colonel en 1972, colonel en 1978, commandant du district militaire du Sud-Ouest en 1983, vice-chef de l’état-major de l’armée, général de brigade et vice-ministre de la défense en 1985 et enfin général-major en 1986. Il obtient aussi un siège parmi les dirigeants du parti du comité central exécutif. Le 23 avril 1992, il succède au général Saw Maung comme président du Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre.

Il a gardé la tête de cette institution au moment de sa seconde nomination en Conseil

d’État pour la paix et le développement en 1997.

Il a cumulé cette fonction avec le poste de Premier ministre jusqu’en 2003.

 

Issayas Afwerki. 18 ans au pouvoir. Erythrée.
Né le 2 février 1946 à Asmara (alors en Éthiopie), il est président de l’Érythrée depuis

son indépendance le 24 mai 1993. Issayas Afewerki est le secrétaire général du FPLE

depuis 1987. Lorsqu’en 1993, après près de trente ans de lutte, l’Érythrée devient

indépendante. Issayas Afewerki en devient président.


Aleksandre Lukashenko. 17 ans au pouvoir. Biélorussie.
Né le 30 août 1954, il est l’actuel président de Biélorussie.
Élu le 20 juillet 1994 et réélu en 2001 et 2006, il  est controversée en raison du manque

de liberté politique sous sa présidence. Ses détracteurs le qualifient d’autoritaire et

dictatorial.


Yahya Abdul-Azziz Jemus Junkung Jammeh. 17 ans au pouvoir. Gambie.
Il est né le 25 mai 1965 à Kanilai. Lieutenant de l’armée, il accède au pouvoir à la faveur d’un coup d’État le 22 juillet 1994, qui renverse Dawda Jawara.
Son pays, est devenu une plaque tournante du trafic de drogue en Afrique.
Le 15 mai 2008, Yahya Jammeh exige que tous les homosexuels quittent le pays.
Jammeh est classé comme un obstacle de la liberté de la presse par l’organisation

Reporters sans frontières, depuis la promulgation de deux lois restreignant en 2004 et

2005, cette liberté, ainsi que depuis l’assassinat (non élucidé) du journaliste Deyda

Hydara, un opposant à Jammeh, en décembre 2004.

 


Ces « fils de… » peuvent avoir des ambitions politiques légitimes dans un contexte démocratique. Cependant, ce qui est blâmable, c’est le népotisme, c’est-à-dire l’obtention d’un poste en fonction du nom de famille et du  parrainage…

 

 

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