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« L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut.  »
(Martin Luther King)

 

Vous êtes pacifiques ?
Oui, nous sommes pacifiques !

Nous sommes hautement pacifiques.
Nous sommes pour la paix et nous la défendons !
On n’aime pas la guerre mais on s’y prépare…

Chacun est libre de ses choix dans un cadre légal.
Vous !  Vous êtes pour la démocratie ?
Non ! Ce n’est pas vrai…

Généralement, c’est la majorité qui écrase la minorité. (Israël, Birmanie…)
En Algérie, c’est une minorité éradicatrice qui veut imposer son projet d’une société déliquescente, contraire à nos valeurs arabo-musulmanes.
Ces gens là, sont les rebuts du néo-colonialisme français.

Des vassaux zélés, manipulés qui font dans l’intox et la subversion…

L’Algérie est mon pays. Tous ceux qui se sont sacrifiés pour son indépendance confisquée, ne l’ont fait que pour que nos enfants retrouvent leurs dignités perdues ! Nous sommes les dignes héritiers de ces valeureux chouhada…

Nous nous opposerons de toutes nos forces, aux forces du mal, aux séparatistes, aux aventuriers de tous bords et aux mercenaires de la plume et de l’épée…

Nous sommes pour le dialogue fraternel, libre et désintéressé. Nous ne détestons personne. Nous respectons tout le monde. L’Islam est notre religion et celle de nos aïeux ! Nous ne concèderons pas un pouce de notre territoire à qui que ce soit. Nous ne ferons aucun compromis !

Nous n’aimons pas l’extrémisme des deux bords.
Ni l’extrémisme berbéro-assimilationiste-éradicateur !
Ni l’extrémisme intégriste !
Nous sommes pour le juste milieu…

Nous tendons la main à tout le monde !
Mais nous couperons celle du traître, du fourbe et du scélérat !

Nous ne serons pas du côté, de ceux qui disent :
– « Armez-vous ! »
Nous serons plutôt du côté, de ceux qui disent :
– « Aimez-vous ! »

Notre patience est connue mais notre détermination l’est davantage !
Nous sommes pour la liberté du culte, la liberté d’expression et pour la liberté d’opinion dans une diversité culturelle et linguistique.
L’Algérie musulmane est plurielle…

Si quelqu’un nous bouscule, nous serons patients.
Si quelqu’un nous insulte, nous serons tolérants.
Si quelqu’un dénigre notre religion, nous l’informerons.
Si quelqu’un touche à notre religion…on tire sans sommation !!!

La colère du belliqueux est proportionnelle à son animosité.
La colère d’un pacifique fera bouillir l’océan pacifique…

La majorité silencieuse est comme un raz-de-marée qui déferle, en submergeant les îlots nocifs de la désolation pour les transformer en un lac tranquille et paisible…

Nous avons un seul parti et une seule patrie : l’Algérie !

Kamel SEDDIKI

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Monsieur Daoud Kamel revient à la charge avec ses élucubrations dans son : « Crypto Hallal/haram » !

 

Je le publie donc sur mon site.
(Mes commentaires sont précédés d’une flèche)

 

1/ Résumons pour les esprits faibles : Insultes à L’islam est puni par la loi. Si un Occidental le fait, au mieux, il est emprisonné, au pire, il est décapité.
===>Explicitement, vous reconnaissez que parmi votre lectorat, il y a des esprits faibles ? Ils n’ont rien à craindre cependant puisque vous veillez au grain ! Vous insinuer donc qu’insulter l’Islam ne doit pas être puni par la loi ?! Très instructif…

 

2/ Mais insultes à la chrétienté et à la judaïté ou au bouddhisme ou l’animisme, c’est courant, Hallal, cela se fait chaque vendredi, dans les mosquées, les livres les médias et les cafés.
===>Non, il n’est pas permis d’insulter les autres croyances. Si quelqu’un le fait, il ne représente que lui-même ! La religion musulmane lui oppose un désaveux formel et se démarque de sa ligne de conduite.

 

3/ Interdire un minaret en Europe est signe d’islamophobie. Mais interdire la construction d’une église ou d’une synagogue ou d’un temple n’est pas un délit ni du racisme. On peut même les brûler ou les détruire ou empêcher leur restauration comme l’ont fait les conquérants.
===>Halte à l’amalgame ! Quand un logiciel devient obsolète, on fait une mise à jour ! L’Islam est la quintessence de toutes les révélations antérieures. Si une communauté autre que musulmane vit en terre d’Islam, elle pourra en toute quiétude vivre sa foi sans contrainte aucune ! Elle ne doit pas faire du prosélytisme…

 

4/ Évoquer les origines par la peau, l’accent, le mouton de l’Aïd c’est du racisme. C’est puni par la loi, et est signe de décadence, d’intolérance et de rejet de l’Autre. De fascisme.
===>Le faciès est une tare du colonialisme français. Le mouton de l’Aïd, chez eux, c’est un peu la réplique de la bûche et du sapin chez leurs clones du club des lapins !

 

5/ Mais traiter les Subsahariens comme des maladies de peau, les accuser de pédophilie dans les journaux algériens genre Echourouk, les accuser de délinquance et de vols, c’est de la routine, du  » normal « , c’est évident, c’est  » vrai « .
===>En Islam, il n’y a pas de ségrégation raciale ! Bilal El Habachi (Ethiopie), Soheïb Erroumi (Rome), Selman El Farissi (Perse) et Abou Bakr Essadiq (Mecque) étaient « frères en religion » ! De plus, ce n’est pas un fait divers ou un ragot qui en fera une affaire d’état ou une raison pour rameuter la meute ?!

 

6/ Un Algérien ou un  » arabe  » ou un musulman a le droit de porter le voile en Europe, le Kamis, la barbe. Mais un chrétien ou un bouddhiste n’osera jamais porter la soutane dans nos villages, dans nos quartiers populaires, dans nos espaces. Il sera lynché ou accusé de prosélytisme. Arrêté par la police, présenté et incarcéré. Puis expulsé. Et s’il est algérien, il sera formaté, sermonné par le juge ou mis en prison.
===>Oh que nenni ! Allez dans certaines de nos contrées et vous serez fixés ! De notre Dame d’Afrique jusqu’à Médéa, tous ceux qui prêchent l’évangile, vous feront sans tarir, l’éloge de la traditionnelle hospitalité du peuple algérien.
De plus, « ils » ne viendront jamais dans nos quartiers populaires ! « Ils » ne visent que des quartiers « ciblés » situés dans des zones sensibles. Ce sont des missionnaires (professionnels du prosélytisme) pour certains et de sincères chrétiens pour les autres !
7/ Fêter noël c’est haram, interdit, signe de colonisé et d’assimilé quand c’est fêté chez nous. Mais fêter l’Aïd chez Eux, chez le reste de l’humanité, égorger les moutons est un droit d’être libre et de célébrer ses calendriers dans le cadre de la démocratie.
===>Nous n’avons colonisé PERSONNE !!! L’émigration de nos frères a été dictée par des contraintes historiques, lourdes de conséquences pour nos compatriotes véritablement déracinés de leur milieu naturel ! Les harkis eux-mêmes sont restés fidèles à leurs traditions et à leur religion avec tout ce qui est inhérent : rites sacrés, fêtes religieuses ou abattage ! Ils n’ont rien changé…
Pour ceux qui célèbrent Noël en Algérie, ils n’ont jamais été inquiétés ni de près ni de loin ! Ceux qui ne respectent pas nos convictions religieuses durant le Ramadan, s’exposent à des poursuites légales ! Si certains veulent manger, qu’ils le fassent mais chez eux !?

 

8/ Dénoncer l’islamophobie est à encourager, c’est légitime et cela est de bonne guerre. Mais écrire ce qui précède est signe que vous êtes pro-occidental, pro-juif, contre l’Islam, Allah, la Palestine et la nation. Et que vous voulez la bénédiction des Ennassara, des juifs ou des prix et des distinctions.
===>Vous insultez l’Islam et les musulmans et vous voulez qu’on applaudisse ?! Désopilant…

 

9/ Attendre un mois pour un visa est la preuve de l’Occident qui se referme, qui interdit la libre circulation. Mais attendre trois mois pour un visa vers l’Algérie est une chose admissible et qu’on n’a pas à dénoncer.
===>L’occident n’agit que dans ses intérêts. Rien de plus.
Si tu remues la queue et tu glapis, tu as ses bonnes grâces !
Sinon, c’est le purgatoire ! Le reste, c’est de la littérature…

 

10/ Se voir interdire de porter la burqua ou le voile est signe d’intolérance et de dérive chez le reste de l’humanité, mais il est naturel donc de se voir interdire un prénom occidental, une croix ostentatoire à l’entrée d’une mairie ou une calotte chez nous. Et ne parlons pas de la Kippa.
===>Allez-y portez là, votre kippa, ! C’est le cadet de nos soucis. On n’aime pas ceux qui dénigrent notre religion sous des prétextes les plus fallacieux. Nous ripostons sans sommation !

 

11/ Et la liste est longue. Un certain ethnocentrisme a habitué les cafés maures et les élites de notre planète d’Allah à la commodité du point aveugle. Il est facile, confortable, plaisant d’accuser l’Occident et le reste de l’humanité de nos défauts, maladies et névroses et on s’accommode de ne pas les dénoncer chez nous. Nous demandons à partager le statut de l’humanité mais nous refusons de l’admettre comme valeur universelle chez soi.
===>Nous avons nos repères culturels et linguistiques et notre identité Arabo-Tamazight. Les valeurs universelles, c’est tout d’abord le respect de nos valeurs et de notre personnalité. Les arabes ont tout donné à cet occident qui se gargarise de ses succès et auxquels, il a donné sa paternité. Nous refusons de rester d’éternels colonisés !!!

 

12/ Nous voulons que le reste de l’humanité accepte nos différences mais nous n’acceptons pas celles des autres peuples et autres croyances.
===>Le reste de l’humanité ? C’est vague comme argument ! Quelles différences ? Quel pays ? Nous n’acceptons pas les autres croyances ? Vous nous suggérez d’être bouddhistes par exemple ? Ainsi, nous aurons leurs bénédictions ! Ou de créer des clubs échangistes pour paraître plus « émancipés » et plus « tolérants » ??? Sur quelle planète, vivez-vous ?

 

13/ D’ailleurs écrire ce qui précède est gênant pour certains. Parce que c’est faire le jeu des extrêmes droites en Occident et c’est être naïf. L’excuse est une excuse pour le silence complice des crimes des siens. Alors on ne parle pas. On ne dénonce pas une injustice chez soi pour ne pas aider l’injustice ailleurs. Et c’est un faux calcul et une immoralité.
===>Pourquoi se soudain revirement ? Vous êtes subitement devenu loquace ! Ce qui vraiment immoral, c’est deux poids et deux mesures ! Vous dénoncez ceux que vous haïssez et vous faites le mort devant de graves scandales qui ont défrayé la chronique et que tout le monde connait ?!

 

14/ Pourquoi en parler maintenant ? Parce qu’il est devenu lassant de lire certains écrits dans nos journaux, entendre certains avis, suivre certains débats et parce que c’est immoral de ne pas dénoncer et parce que c’est lassant cette hypocrisie et cette complicité. Et parce que c’est plus utile à dénoncer que de parler de l’Invalide des Invalides.
===>On reproche à un président de la république de séjourner à Paris et on fait des mains et des pieds pour s’installer dans la ville « lumière » ?! Le ridicule ne tue point de nos jours.
La médiocrité à encore de beaux jours, devant elle !

 

Kamel SEDDIKI

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Sid Ahmed Ghozali : «Vingt ans après, je m’aperçois que le pouvoir est pire que le FIS»

El Watan, 11 janvier 2012

Acteur de premier plan en sa qualité de chef de gouvernement lorsque le pouvoir avait décidé d’interrompre le processus électoral, Sid Ahmed Ghozali estime que ce choix a été «un coup d’épée dans l’eau» ; car si pour de nombreux acteurs il avait pour but de «sauver la République», pour d’autres «la réelle motivation était de sauver le pouvoir à n’importe quel prix».

Monsieur le chef du gouvernement « s’aperçoit » effrontément, vingt ans après que le pouvoir qui était déjà « mauvais » est devenu « encore plus mauvais » que le FIS qui a été dissout par lui et sur de simples présomptions puisqu’il n’a jamais accédé au pouvoir ?!
Étrange revirement d’un commis du système !
« Un coup d’épée dans l’eau »
===>Donc, la décision a été prise sur un « coup de tête ! » sans tenir compte des conséquences dramatiques que cela pouvait engendrer ! Allons-y et advienne que pourra ! Aujourd’hui, nous mesurons avec effarement l’étendue des dégâts collatéraux…

« Sauver la république », »Sauver le pouvoir »
===>Quelle différence ?
– La république ? Est-ce les institutions et les lois supposées les régir pour le maintien justement de ce pouvoir ?
– Le pouvoir ? Qui ? On tourne autour du pot ! Il n’est pas si occulte que ça…

– Si le « POUVOIR » était synonyme de « PAUVRETÉ » personne ne l’aurait recherché ! (Suivez mon doigt…)

 

– Vous étiez chef de gouvernement quand l’interruption du processus électoral le 12 janvier 1991 a eu lieu. Vingt ans après, avez-vous toujours le même regard ?

Simplement un préliminaire au sujet de l’arrêt du processus électoral de 1992. C’est bon d’en parler. C’est un moment important de cette période qui y a conduit et mérite que l’en on parle, non pas pour refaire l’histoire, mais pour en connaître les tenants et les aboutissants, savoir en quoi il a été une bonne chose pour l’Algérie. Il faut qu’un jour qu’on engage un véritable débat national contradictoire sur cette question qui doit être présentée au public sous des angles différents.
Si le but est d’éclairer l’opinion, les déclarations, écrits ou autres, récits unilatéraux, doivent être étayés par le débat contradictoire. Durant ces vingt dernières années, on a trop peu dit ou alors trop dit. Aussi bien sur la genèse que sur les suites de l’événement et je dirais même sur ses conséquences.
Sur l’analyse de l’angle du processus, je n’ai pas à changer un iota. Sur l’angle de la santé ou la validité de la décision je n’ai pas à changer. Et ce qui est changé dans mon approche, c’est tout simplement ce qu’on a fait et vu durant vingt ans. Et qui m’a conduit à dire qu’en fin de compte, cette opération a été un coup d’épée dans l’eau. Elle n’a servi en rien notre pays. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas tiré de leçons aussi bien du vote que les raisons qui ont conduit à l’arrêt du processus électoral.

– Pourquoi avoir fait ce choix alors ?

Je m’explique. Il faut se poser la question de savoir si l’arrêt dudit processus a été le point de départ de quelque chose ou bien l’aboutissement de quelque chose. Or, la pensée dominante une pensée sciemment et pernicieusement instillée dans les esprits par les tenants du même pouvoir va jusqu’à postuler la période tragique des années 1990 qui est le résultat de l’arrêt du processus électoral. Que les initiateurs de l’action violente aient porté cette thèse, cela est de bonne guerre. Pour eux, le FIS dira qu’il y a eu recours pour défendre la démocratie. Mais que ce soit le pouvoir, le même pouvoir d’aujourd’hui qui fut porteur de cette thèse, voilà qui devrait donner un éclairage largement méconnu sur la genèse du 11 janvier 1992. Attendez vous à ce qu’on se mette aujourd’hui à vous expliquer que même la situation actuelle du pays «c’est la faute au processus du 11 janvier 1992».

– Vous laissez entendre qu’il y avait une sorte de pacte entre le pouvoir et les islamistes du FIS…

Pas nécessairement un pacte, mais il y a ce qu’on appelle dans la dialectique marxiste une alliance objective entre les deux forces politiques réelles du pays. Avec l’enjeu commun et le seul enjeu : le pouvoir. Il faut se poser la question de savoir si c’est un hasard qui a fait que l’arrêt du processus n’est pas intervenu en fin de compte pour occulter les vraies raisons du vote des Algériens, à savoir la faillite d’un système et d’une politique. C’est ce qui a conduit les Algérien à donner la majorité au FIS. C’est le résultat d’une décennie d’une gestion politique catastrophique. Par conséquent, il n’avait pas intérêt à charger ce pouvoir. Donc, l’opération a été faite pour exonérer le pouvoir et dire que tout cela est dû à l’arrêt des élections et au terrorisme.

– L’arrêt du processus électoral était présenté comme une décision pour «sauver» la République. A vous entendre, on a finalement sauvé le pouvoir…

Il faut distinguer une bonne fois pour toutes les acteurs : les acteurs visibles, quelle que soit la couleur de leur tenue. Cette distinction étant bien faite, j’affirme que les seules motivations des uns étaient de sauver la République, qu’ils aient eu tort ou raison, telle fut leur seule motivation, et je reste catégorique sur ce point et prêt à vous le démontrer. J’ajoute, tout aussi catégorique, que la réelle motivation des autres fut de sauver le pouvoir à n’importe quel prix.
Je rappelle en passant, à un moment où on a tendance à l’oublier, l’existence, parmi les acteurs visibles et de manière massive = (Le FIS), la rue = (Encore le FIS) et la société civile = (Les éradicateurs) qui, bien avant la démission de Chadli, ont réclamé l’arrêt du processus électoral entamé le 27 décembre 1991.

– Mais pas pour les mêmes objectifs ?

C’est ce que je viens de dire. Et ce n’est que la reproduction mot pour mot de ce que j’avais dit officiellement, publiquement, en ma qualité de chef de gouvernement et à plusieurs reprises. Lors du vote d’investiture de l’Assemblée nationale, le 8 juillet 1991, j’ai rappelé les conditions insurrectionnelles dans lesquelles mon gouvernement avait été formé, et j’ai procédé à une analyse en disant que la violence que nous vivions était le résultat d’une situation de violence qui avait commencé à se développer bien avant, dès le lendemain de la disparition de Boumediène. Et que le FIS n’était pas le premier à avoir provoqué cette violence. Avant lui, il y avait une autre violence et c’est là que j’ai employé la formule «le peuple algérien s’est trouvé entre la marteau et l’enclume».
Entre un pouvoir dont l’obsession première était de s’attacher uniquement au pouvoir, au détriment du règlement des affaires du pays, et cela a duré dix ans. ( Vous saviez tout cela ?) Il a laissé filer une crise économique qui s’est muée en crise sociale, qui s’est muée en crise politique et morale. Et ce n’est qu’après que le FIS est venu, pour essayer de profiter de cette situation, pour prendre le pouvoir à son tour. J’avais même condamné les tractations qui étaient en train de se faire, depuis 1989, avec le FIS pour partager le pouvoir. Il y avait une stratégie qui était déployée qui consistait à amener le FIS aux communes et au gouvernement dans l’idée qu’il allait se casser la figure et que le pouvoir en sortirait régénéré. Voilà la situation.
J’avais proclamé au préalable, dans mon discours à l’APN, que tous les gouvernements qui se sont succédé, y compris le mien n’émanaient pas de la volonté populaire. Et qu’à l’époque, mon gouvernement comme les autres étaient handicapés dès le départ.
Dans mon analyse publique (interview, télévision) des résultats du premier tour j’ai dit sans ambages que ces résultats avaient une signification, que c’était «un cri de rejet très fort par les électeurs du pouvoir qu’ils considéraient comme responsable de leurs malheurs».

– Vous parliez de tractations entre le FIS et le pouvoir. Peut-on identifier ce pouvoir, la présidence, les militaires ?

Il y a eu, entre fin 1990 et début 1991, des tractations secrètes et des accords conclus entre le gouvernement et le FIS pour que les élections législatives, avancées à juin 1991, ne donnent pas un vainqueur et puis prendraient le FFS comme arbitre. Cette tractation avait existé et on avait convaincu le président de la République, Chadli Bendjedid. Le gouvernement pensait qu’il fallait laisser le FIS prendre le pouvoir aux communes et au niveau du gouvernement. Comme la situation financière du pays était catastrophique, il se casserait la figure, ce qui permettrait au pouvoir de rebondir. J’ai été ministre des Affaires étrangères et quand j’ai appris cela, j’ai démissionné. Il y avait des gens, à l’intérieur de l’armée, qui étaient contre ces tractations qui se faisaient dans leur dos. ( de quel droit devait-on les associer à ces tractations ?) Il est important de rappeler cela parce que nous sommes en train de répéter la même chose actuellement. (Vous n’allez quand même pas  vous et vos amis  « déposer » Monsieur Bouteflika comme vous l’aviez fait avec Monsieur Chadli et nous mettre encore une fois de plus dans la mdrrr ???)

– Que pensez-vous de la thèse qui édicte que Octobre 1988 était une manipulation du pouvoir ?

Ce sont eux-mêmes qui le reconnaissent ; ce n’est pas moi qui le dis. Il y a des gens qui étaient au pouvoir à l’époque qui disent qu’Octobre 88 avait été initié par le pouvoir lui-même, mais que les choses, après, lui ont échappé. C’est devenu, malgré eux, un vrai printemps algérien. Les acteurs principaux du pouvoir reconnaissent cela, que vous rappelez à juste titre, à savoir que les événements d’Octobre sont intervenus dans une situation sociale et politique très tendue. Et que l’heure des bilans était arrivée. Et pour justement passer cette période des bilans, on a allumé une mèche. Je ne fais que reprendre ce que les acteurs disent, bien que cela corresponde parfaitement à mon analyse. Les choses ont commencé le 19 septembre avec le discours du président-secrétaire général du FLN, où il dressait un tableau sombre et disait «ça va mal»et que «le responsable, c’est le FLN». Et ce, depuis lors qu’on a commencé à entendre dans la rue «FLN seraqine» (FLN, des voleurs). Le pouvoir lui-même a ancré dans l’esprit des Algériens que le responsable de cette situation-là était le FLN.
Ce qui est profondément injuste et pas vrai. Parce que le FLN n’a jamais été au pouvoir.

– Qui était au pouvoir alors ?

Nous sommes dans une situation de pouvoir occulte. (FAUX ! ) Vous n’allez pas croire que nous sommes dans le pouvoir tel que décrit dans la Constitution. Pensez-vous que, chez nous, le Président est élu par le peuple ? Il faut simplement comparer ce que dit la Constitution et ce qui se passe sur le terrain. Jamais le président de la République n’a été élu, mis à part la première élection de 1962. Toutes les autres élections ont été des désignations. (par QUI ?)

– Y compris Bouteflika ?

Mais bien entendu.

– J’insiste sur la question de l’identification du pouvoir, sont-ce les services, les militaires, la présidence de la République ou plutôt c’est tout cela ?

Le pouvoir ce n’est pas l’armée, comme on le dit de manière courante. L’immense majorité des militaires sont des gens comme vous et moi et n’ont aucun poids dans la décision politique.
On ne peut pas dire non plus que c’est le DRS (département du renseignement et de la sécurité» puisqu’il se trouve à l’intérieur du DRS des gens qui ne sont que des serviteurs de l’Etat et n’ont aucune part dans l’exercice ou la décision politiques. ( Conclusion : ce n’est ni l’armée ni le DRS ! C’est le plombier !!!) Un peu de décence monsieur, voyons ! Tous ces clins d’œil…

Le réel pouvoir est une oligarchie qui s’est sédimentée avec le temps. C’est un système pas des noms. ( Une hydre sans tête ?!) C’est un parti clandestin. C’est un parti qui a une tête qui dispose des moyens de l’Etat et qui a ses militants. Quel est le parti le plus important en Algérie ?! ( Le FLN ?! Vous le dédouaner un peu plus haut !) Il n’y a pas un député, un haut fonctionnaire qu’il soit wali, ministre ou bien président de la République qui soit nommé contre la volonté de l’oligarchie. Cela n’existe pas. Ils se comptent par dizaines de milliers ceux qui savent bien à qui ils doivent leur nomination. (Et vous, qui vous a nommé chef du gouvernement ? Vous ne pouvez pas l’ignorer ? Impossible !) Car leur nomination est signée par le Président ou le chef du gouvernement, mais qui présente les listes ? On ne peut pas être wali, ministre où Président sans un aval du pouvoir réel. Nous n’avons pas le pouvoir politique que nous avons dans nos lois.
C’est se mentir à soi-même. D’un autre côté, je crois qu’il est superfétatoire de continuer à se fixer sur cette question qui est le pouvoir. Parce que nous sommes en train d’analyser la santé d’un régime, alors que celle-ci se mesure simplement au résultat auquel il aboutit et savoir qui en est responsable. C’est pour cela qu’on a voulu éviter le débat en 1988. A la fin de l’année, le congrès de FLN devait se tenir pour faire le bilan d’une décennie.

– Ce parti clandestin contrôle-t-il toutes les strates de la société ?

Dans les démocraties, le pouvoir c’est un parti qui dispose de militants, d’un programme et de moyens, mais chez nous ce n’est pas formel. C’est un ensemble qui a 2 millions de militants, qui a les moyens financiers de l’Etat qui a les moyens de la violence de l’Etat, les moyens de la légalisation de l’Etat, donc est nécessairement de très loin le parti le plus fort du pays.

– Vous avez dit qu’on a peu ou trop dit à propos de l’arrêt du processus électoral. Si on estime qu’on a peu dit, que reste-t-il à dire ?

Il y a des livres à écrire sur ce sujet. Vous savez, lorsqu’on évoque cet évènement, on s’attarde beaucoup sur l’anecdote du genre : quelle a été la participation de Khaled Nezzar. Ceux qui étaient contre l’arrêt des élections ont beaucoup fait. Le FFS, je le considère comme un parti démocratique et je suis sûr qu’Aït Ahmed, en son for intérieur, ne voyait pas l’arrivée du FIS au pouvoir comme une bonne chose. Mais comme il savait que celui-ci n’allait pas passer, il s’est donné le beau rôle de défenseur de la démocratie. ( Donc pour vous, monsieur Aït Ahmed est un Mounfeq parce que vous, vous aviez fait votre choix  !) Et c’est là que nous sommes différents. Parce que si nous avions fait un calcul politique personnel, nous aurions dit qu’il y a un vote qui a été fait, chose promise chose due, laissez-les prendre le pouvoir, comme le souhaitait une bonne partie des gens, surtout la partie cachée du pouvoir, et nous serions passés à l’histoire en tant que défenseurs de la démocratie. Nous aurions peut-être disparu mais ç’aurait été sur le champ d’honneur de la démocratie. Si nous avions fait un calcul personnel, jamais nous aurions pris la décision d’arrêter le processus électoral.

Mais nous avions fait un calcul pour notre pays. ( Vous l’avez démoli, ce beau pays qui est aussi le leur ! Sachez-le monsieur le décideur !!!) Peut-être, et certains nous disent pourquoi vous n’avez pas laissé le FIS ? Nous étions convaincus que l’arrivée du FIS au pouvoir, ce serait la fin de l’Algérie. (Et là, c’est vous qui avez signé sa fin !?) C’est-à-dire qu’il n’y avait pas pire. Sur ce plan-là, j’ai changé. Vingt ans après, quand je regarde l’état où a été mis mon pays, je suis obligé de constater qu’il y a pire que le FIS de l’époque : le pouvoir lui-même. ( Vérité de La Palice !) Je me resitue dans le contexte de l’époque ; nous pensions «tout sauf le FIS» face à une menace d’écroulement du pays. Les autres faisaient un calcul : «C’est le FIS qui va s’écrouler et nous, nous garderons le pouvoir»…

J’avais dit devant l’APN, en juillet 1991, que ceux qui faisaient des tractations pour se partager le pouvoir ne montraient un antagonisme qui n’était qu’un écran de fumée pour cacher un travail d’apprenti-sorcier. Il y avait un mélange incestueux. Le discours consistait à présenter au peuple le choix suivant : «C’est nous ou eux.» Quelle différence entre ce que disait El Gueddafi au peuple libyen et aux Occidentaux : «C’est moi ou Al Qaîda» ? Ce fut dit publiquement et plus caricaturé que chez nous.
Ils croyaient, en laissant le FIS hurler dans les rues, menacer, et en le laissant prendre le pouvoir, cela allait conduire inéluctablement à un échec. Et le peuple reviendrait à dire : «Mieux vaut le pouvoir». Et là, ils se sont trompés.

– Si vous considérez que la période dans laquelle s’est engagé le pays après 1992 n’est pas la résultante de l’arrêt du processus électoral, à quoi peut-on alors incomber cela ?

Encore faut-il étayer un peu plus cette thèse ridicule et que je réfute. Je me contenterais de vous faire remarquer qu’en vingt ans, il y a eu 16 gouvernements, six mandatures présidentielles, six élections législatives et communales et tout cela pour ne pas effacer les «conséquences» prétendument imputées à l’arrêt du processus du 11 janvier.
C’est grotesque. L’Algérie de maintenant est l’échec éclatant d’un pouvoir congénitalement incompétent et incapable. Et qui renferme, dans sa nature, les ingrédients de son propre écroulement. Et à continuer à fermer les yeux sur cette triste réalité, conduit le pays droit au désastre. ( Allez, chiche monsieur, RENVERSEZ- LE pour le bien être de tous les algériens !)
Et pourquoi ne pas dire, à l’inverse, que si nous avions laissé continuer le processus de décembre 1991 nous n’allions pas nous retrouver dans une situation à l’iranienne, par exemple ?

– Que faut-il faire alors ?

Il faut revenir à de véritables institutions qui associent le peuple aux décisions. Or, on continue actuellement à croire qu’on peut diriger une société en donnant des ordres de manière autoritaire. (Vous parlez des ordonnances présidentielles ?)
Ce n’est pas possible. On ne peut diriger une société que sur la base de son adhésion au projet politique et d’une participation active à l’exécution des décisions politiques dans tous les domaines.
J’avais dit que le résultat des élections de 1991 avait un sens. Il était «l’expression par la majorité des Algériens d’un rejet total de ceux qu’ils considèrent comme étant responsables de leur situation».
J’avais dit cela à l’époque et ça m’a valu d’être renvoyé comme un malpropre de l’ambassade de Paris.
Ce système a la conviction très forte qu’il peut diriger le pays par des ordres, on violant les lois. Les vingt ans qui se sont écoulées m’ont montré très bien qu’aucune leçon n’a été tirée de cette expérience. (Qu’avez-vous fait durant ces vingt ans pour que cela change ?) Avec le « FIS », c’était plus facile, hein !

– Pourquoi voulez-vous qu’ils tirent les leçons dès lors que leur seule obsession est de se maintenir au pouvoir ?

C’est là le problème justement. Pas de se maintenir en tant que personne (Si,si, si !) mais de maintenir un système qui est totalement contraire à ceux qui dictent les lois et qui leur paraît à eux le plus efficace. Leur postulat est : «Nous sommes les seuls à pouvoir diriger ce pays.» Et d’ailleurs, à chaque échéance, ils disent à propos de Bouteflika : «Nous avons choisi le moins mauvais.» Cela implique implicitement en tout cas que tous les autres sont mauvais.

– Où pourrait mener cette situation où c’est un système qui décide à la place du peuple et pour le peuple ?

Elle conduit nécessairement à l’écroulement, à l’implosion. Parce qu’il est évident qu’il n’existe pas d’avenir pour une société dont la marche repose sur ses trois piliers complètement foireux. A savoir non-respect des lois, mépris total des éléments de la société et surtout, c’est le plus grave, l’irresponsabilité. Le système qui prend les décisions ne rend compte à personne et c’est là que le mal contient les germes de sa propre destruction. Quand ont prend des décisions et tout en sachant qu’on est pas appelé à rendre des comptes, on ne peut prendre que des mauvaises décisions. Et quand ça dure, c’est l’écroulement. (Pourquoi vous ne dites pas que c’est une dictature ! Vous y faites seulement allusion. Vous avez peur de QUI ?) (Cela dure depuis vingt ans et il n’y a aucun écroulement ! Alors ?)

– Ce système gère-t-il le pays comme une sorte de propriété ?

Il y a les dérives qui découlent de l’habitude de gouverner seul. Elle conduit naturellement, avec le temps, à ne plus faire la différence entre ce qui appartient à la collectivité nationale et ce qui est privé. (C’est du Kadhafi tout craché !) Il n’y a plus de frontière. Il y a une véritable privatisation de l’Etat. C’est la conséquence même de la nature du système. Quand Montesquieu dit le pouvoir corrompt, il énonce un postulat universel.
Un homme au pouvoir est toujours exposé à être corrompu au sens large. Ensuite, on en abuse. Et comme la contradiction est bannie, on finit par croire que cette conviction est une vérité de Dieu. Le pouvoir est un cycle inéluctable, il commence par nous griser, il corrompt, ensuite il rend aveugle et rend fou. Deux exemples caricaturaux, il est sûr que quelques heures avant sa mort Kadhafi était convaincu que la vérité était de son côté. Et dès lors que l’on commence à dire que celui qui ne pense pas comme moi est mon ennemi (dit et redit publiquement chez nous notamment) donc il faut le bâillonner, c’est la fin. On devient dieu, impuni. (Vous affirmiez pourtant un peu plus haut, que même monsieur Bouteflika n’est qu’un simple « pantin » – le moins mauvais – comment dès lors peut-on alors le qualifier de « Dieu » ? )
Ce sentiment d’impunité se répand. Il y a aussi tel ministre de qui proclame froidement à propos d’un scandale touchant son secteur : «Je ne suis pas au courant autrement que par la presse.» Vous voyez cette arrogance ! C’est un mépris total des autres et c’est soutenu par un sentiment d’impunité. «Nous sommes intouchables.»

– Comment sortir de cette situation de pouvoir absolu ?

On ferait un pas géant en avant si nous commencions par deux choses. Primo, respect des lois. Secundo, tout preneur de décision doit être comptable de ses actes. Tout preneur de décision à tout niveau doit être responsable, qui devant telle institution, qui devant le peuple, qui devant tel organisme de contrôle. Il faut qu’il y ait des rendez-vous où on rend compte. Nous avons entendu le président de la République à la fin de son second mandat dire : «Nous nous sommes cassés le nez, mais je n’accuse personne.»
C’est une manière de dire, on peut se casser le nez sans qu’il y ait de responsables où bien dire : «Je ne suis pas responsable.»
J’imagine même à la limite qui si nous sommes dans une situation donnée où l’armée prenait le pouvoir, mais en l’assumant, ce serait déjà un progrès considérable, car à partir de ce moment, elle se désignerait elle-même comme comptable. (C’est parti ! Monsieur propose un énième putsch militaire ! Pas moins que ça ! Comme « aventuriste », vous vous posez bien là ! Un scénario à l’égyptienne ?!)

 

– Vous suggérez là un coup d’Etat…

Une hypothèse d’école pour une illustrer l’importance de la responsabilité… Je n’invite personne à faire un coup d’Etat, simplement il est indispensable que celui qui prend les décisions soit comptable et à tous les niveaux.

(Qui va les forcer à faire cela ?) Vous dites que ce n’est ni l’armée ni le DRS donc ce sont forcément des CIVILS ?! Comment cela !

– Mais seul un pouvoir démocratiquement élu pourrait être contraint à rendre des comptes…

Pas forcément. La Chine n’a pas un pouvoir démocratique, mais elle a un pouvoir cohérent avec des débats contradictoires à l’intérieur du parti communiste. Il y a des contre-pouvoirs et c’est comptable.
Quand le chef du gouvernement se présente comme responsable, il rend au moins compte au congrès du PC. Qui le nomme et le dénomme ouvertement pas en cachette, ni par maillons interposés. (Est-ce ainsi que vous aviez été nommé et dénommé ?)
Il faut commencer par la tête, un président vraiment accepté par le peuple, quels que soient les moyens. Le pays est dans un état déplorable et il y a bien un responsable. C’est le régime qui détient le pouvoir politique. Ce pouvoir n’est pas celui dont l’Algérie a besoin. Il a échoué et quand on échoue, on s’en va. Je leur dis que nous n’avons plus le choix entre changer ou pas changer, nous avons peut-être encore, mais ce n’est pas sûr, le choix sur la manière de changer et je crois au changement dans l’ordre. Et si on change dans le désordre, c’est le changement imposé par la rue et par l’étranger surtout. Maintenant, je me demande même si nous avons le choix sur la manière de changer. Parce que nous avons un système politique qui a échappé à son propre contrôle. Il ne se contrôle plus. Le président nous dit qu’il y a la corruption, etc., pour résoudre cela, il change la Constitution, ça veut dire quoi ? Que c’est à cause de ça qu’il y a le chômage, la corruption. Celui qui dit ça, est soit dans l’aveuglement, soit dans la fuite en avant ou bien dans le mensonge. Soit les trois à la fois.

– Vous critiquez ce système alors que vous en faisiez partie, mais vous en faites partie, du moins par les fonctions que vous avez occupées…

Quelqu’un qui est interdit d’action publique depuis vingt ans, qui depuis 1962 totalise près de 30 ans d’exclusion, peut-il avoir été ou être un homme du système ? Je ne fais pas partie du système. Je ne me suis jamais considéré comme un des leurs et ils ne m’ont jamais considéré comme tel. On fait la confusion entre le pouvoir politicien et les pouvoirs publics. Le pouvoir politicien gère le système, les pouvoirs publics servent le public et l’intérêt général. J’ai servi constamment dans les pouvoirs publics, jamais dans le système politicien. Et je suis d’autant plus à l’aise de vous dire que je le regrette. Parce que moi-même et les cadres de ma génération avons cru naïvement qu’on peut servir les pouvoirs publics sans être au pouvoir politique. Et cela, c’est une naïveté considérable. Si on prétend servir les pouvoirs publics, il faut être du pouvoir politique. Faute de l’avoir fait finalement, nous avons servi de «harkis» du système. Notre erreur fut de laisser la politique aux autres. (En fin diplomate que vous êtes, vous jouez sur les mots, monsieur !)

– Vingt ans après, nous sommes à la veille de législatives qui interviennent dans un contexte régional où les islamistes arrivent au pouvoir. S’il y avait des élections propres et honnêtes, pensez-vous que les islamistes gagneraient ?

Oui. Aussi bien que les islamistes autonomes par rapport au pouvoir que les islamistes-maison. C’est le résultat inéluctable de l’autoritarisme qui a dominé le Monde arabe et musulman.
Les seules forces qui sont véritablement internationales, qui utilisent la religion avec des moyens et avec la connivence de l’Etat, ce sont les forces qui se réclament de la religion. Je dois dire que l’anti-islamisme primaire, je ne m’y associe pas. Je réfute le mélange du spirituel et du matériel. L’islam, notre religion, ressortit de l’affaire personnelle de l’individu et la gestion des affaires religieuses publiques relève des hommes de sciences et de connaissance. La problématique politique est l’affaire des politiques. Des politiques comptables devant le peuple. Il faut qu’on arrive à cette distinction.
La prospérité des mouvements religieux violents vient de la situation créée par le pouvoir. Entre les pouvoirs despotiques locaux et les tenants de la violence religieuse, il y a toujours eu une sorte de connivence tacite qui a conduit à l’étouffement de la pensée démocratique moderne. (Enfin, une vérité qui redonne de l’espoir…)

Hacen Ouali

* Mes commentaires en « bleu »

* Les contradictions en « orange »

* Le reste à votre appréciation…

Kamel pour un débat contradictoire !

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