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« Si ta maison est en verre, ne donne jamais à ton ennemi, une pierre ! »

 

Jamais des élections présidentielles n’avaient provoqué de tels remous et pour des raisons aussi plausibles les unes que les autres !

 

Né le 2 mars 1937 à Oujda au Maroc,  Abdelaziz Bouteflika est le 7e chef d’État et président de la République depuis le 27 avril 1999 à ce jour.

A 77 ans, après trois mandats successifs et à l’instar des autres despotes du monde arabe, il s’accroche désespérément au pouvoir, ressemblant ainsi aux autres dictateurs déchus ou morts d’Égypte, de Tunisie, du Yémen, de Libye ou de la Syrie.

c’est sous son instigation que le verrou limitatif à deux mandats a été supprimé en 2008 pour lui permettre de briguer un 3ème mandat en 2009 !

Malgré la gravité de son état de santé, poussé par sa camarilla, il se présente quand même ce lundi 03 mars 2014 pour annoncer sa candidature à un 4e mandat alors que son dossier n’était nullement conforme à l’article 136-7 du Code électoral. Ce texte prévoit la présentation d’un certificat médical dûment signé par des médecins assermentés, justifiant de ses dispositions physiques et mentales…

Il va sans dire que beaucoup s’y opposent…

D’emblée, on s’interroge sur les réelles motivations, de cette vaste campagne contre un 4e mandat pour le président Bouteflika !
Il y a bien sûr ceux qui font tout pour ce 4e mandat ! Évidemment, leurs profondes motivations sont pour la plupart d’ordre beaucoup plus mercantile que politique…

Tous ceux qui rejettent purement et simplement l’idée même d’un 4e mandat sont très pragmatiques et militent pour une alternance du pouvoir selon des règles démocratiques transparentes !

 

Quelques remarques très pertinentes

 

1/Anachronisme

On nous annonce la candidature de Abdelaziz Bouteflika, « le candidat indépendant » ?!
Dixit la chaine Ennahar…
– Comment un président de parti (le FLN) peut-il être « indépendant » ?!
– Comment un président valétudinaire encore en exercice, peut-il se succéder à lui-même en qualité d’indépendant ?
– Pourquoi toutes ces mesures de sécurité ? De l’esbroufe ? Qui va prendre des risques pour « attenter » à un président égrotant ? Par ailleurs, toutes les mesures de sécurité prises avec le président Boudiaf, n’avaient servi à rien !  Il a bel et bien été assassiné par ceux qui devaient le protéger…

 

2/Contre-mesures

L’idéal aurait été d’attendre la fin du mandat du président Bouteflika le 19 avril 2014 puis de laisser une commission nationale indépendante organiser les élections présidentielles et lui permettre ensuite de superviser le scrutin dans une parfaite transparence ! Dans ce cas seulement, nous aurions dit oui, Abdelaziz Bouteflika est un candidat indépendant à la course électorale !!!

– Or, ce n’est pas le cas ! Bouteflika mène à la baguette, les polices politiques, les services de sécurité, tous les membres de son clan, toute la bourgeoisie comprador ainsi que les affairistes de tous bords qui ont amassé en un temps record, de très grosses fortunes…

– Toute l’administration est tenue par des affidés zélés et dociles…
– Les deux chambres (députés et sénateurs) lui sont acquises…
– Une presse servile.
– Les chaines nationales et privées de TV sont bien dociles et complètement soumises. (à part quelques exceptions)

 

3/La campagne électorale du président moribond

Une équipe de revenant qui s’agrippe mordicus au pouvoir !
Des hommes sans personnalité qui pratiquent le culte de la personnalité pour perdurer le plus longtemps possible dans les grâces du seigneur du moment !

a)  Sellal est à la fois Premier ministre, président de la Commission de préparation des élections et futur directeur de campagne. Ses bourdes ont fait le tour de la planète…

Il affirme sur un ton péremptoire, ce 01 mars 2014 à Illizi :

«Nous avons des institutions fortes, un gouvernement fort, une armée très solide et des services de sécurité très efficaces (…)

Allusion très directe relative à un éventuel printemps arabe en Algérie ?! Ces propos suggèrent plutôt un embrasement et non un apaisement » Puis faut-il explicitement rappeler, qu’un pays fort se reconnait à son indépendance politique, économique, culturelle et sociale ! Pour l’Algérie de Bouteflika et son équipe, ce n’est pas le cas !

Sellal parle de gouvernement, de l’armée et des services de sécurités !
Un langage dictatorial et rien de plus…
Tous ceux que vous avez cité, sont des enfants de l’Algérie ! Aujourd’hui, ils sont de votre côté mais demain, qui pourra prédire l’avenir ?

Tant que vous ne faites pas partie du G8,(1) taisez-vous !

Tous ceux qui étaient à votre image et tenaient le même discours fielleux et arrogant, ne sont plus de ce monde ou subissent l’opprobre de leurs peuples !

Tenez :
– Le mardi 14 janvier 2011, Ben Ali prenait la fuite…
– Le 11 février 2011, Hosni Moubarak était chassé du pouvoir…
– Depuis mars 2011, la Syrie est déchirée par une guerre civile…
– Juin 2011, Ali Abdallah Saleh du Yémen est grièvement blessé…
– Le 20 octobre 2011 près de Syrte, mort de Mouammar Kadhafi dans une canalisation…

b) Benyounès Amara et Khalida Messoudi deux transfuges du RCD, sont deux opportunistes, adversaires farouches de l’islamisme. Leurs langues fourchues leur ont attiré des inimités sans bornes…

c) Belkhadem alors ministre des affaires étrangères, est l’homme qui a été désigné par Bouteflika, en septembre 2003 pour préparer le « congrès de redressement du FLN », un exécutif parallèle pour contrer le FLN « légitime » de monsieur Ali Benflis secrétaire général du vieux parti majoritaire à l’Assemblée nationale et ce à 07 mois des élections  présidentielles ! Il a été carrément évincé de son poste de secrétaire du FLN au profit de Saïdani un autre laudateur zélé du régime. Dès lors, Belkhadem l’arroseur arrosé,  s’est mis prudemment à l’ombre en attendant l’hallali…

d) Saïdani, un faux comparse a été désigné pour donner une douteuse répartie dans une pièce de théâtre de très mauvais goût devant un auditoire désabusé…

e) Ahmed Ouyahia un homme du sérail, l’homme au yaourt et des basses besognes ! Donné en cavale, il pointe subitement du nez ?! Un opportuniste sans vergogne qui déblatère à longueur de journée en nous prenant pour des débiles. C’est lui qui avait remplacé monsieur Ali Benflis au premier ministère en 2003 !

f) Amar Ghoul exprime clairement son allégeance et son soutien au maître du céans. Avec tous les scandales qui avaient éclaboussé son parcours ministériel, il s’en sort malgré tout indemne, sans avoir entaché sa carrière politique ! Il se permet même le luxe de créer un parti politique ?!

g) Nommé le Dimanche 15 Septembre 2013 à la tête du Conseil constitutionnel, l’ex-ministre des Affaires étrangères (depuis juin 2007) Mourad Medelci (né à Tlemcen) remplace Tayeb Belaïz désigné mercredi, ministre de l’Intérieur lors d’un remaniement ministériel.

Cependant, le peuple algérien, sa révolution et ses martyrs, n’oublieront jamais, ce mercredi 7 décembre 2011 où devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, Mourad Medelci alors ministre des Affaires étrangères avait souillé la mémoire des Martyrs, en déclarant ouvertement qu’« Il n’y a pas plus Européen que l’Algérie et Que si l’Histoire avait été différente, nous serions déjà membres à part entière de l’Union européenne puisqu’au moment du traité de Rome, nous étions encore Français ! »

Et dire que toute cette forfaiture, c’est juste pour avoir le soutien de la France auprès de Bruxelles en vue d’un statut de partenariat privilégié qui permettra à l’Algérie de participer à la Politique Européenne de Voisinage (PEV) ?!

Il faut aussi rappeler que le mercredi 19 décembre 2002, monsieur Abdelaziz Bouteflika, le chef de l’état algérien, était à Bruxelles pour une visite de travail en vue de signer l’Accord d’association entre l’Union européenne (UE) et l’Algérie dans le cadre du processus de Barcelone qui lie les Quinze aux douze pays du pourtour méditerranéen.
(Les pays africains signataires de l’Accord de Barcelone, qui a généré le processus du même nom sont : Maroc, Algérie, Tunisie et Égypte.)

La Libye est admise en qualité d’observateur.

 

Petit rappel
L’objectif du processus de Barcelone est de créer d’ici à 2010 une zone de libre-échange entre l’UE et les pays associés du pourtour méditerranéen. Dans le cadre de cet accord d’association euro-algérien, l’Algérie va bénéficier d’une aide financière de 160 millions d’Euros pour la période 2002-2006 au titre du MEDA, instrument financier du processus de Barcelone.

Durant la cérémonie, le président Bouteflika aux côtés de Romano Prodi, (Président de la Commission européenne) a déclaré devant un parterre de journalistes internationaux :

« En vérité,  l’Algérie n’a pas besoin de devenir membre associé de l’Union européenne puisque lors de la signature des traités de Rome en 1957, l’Algérie était département français.  La France étant membre fondateur de l’Union européenne, nous sommes donc déjà dans l’Union européenne »

lien:  http://dzactiviste.info/bouteflika-en-2002-lalgerie-est-un-departement-francais/

Medelci n’a fait donc que reprendre ( le même jour et le même mois) la déclaration de Bouteflika

 

4/L’homme providence

Mohamed Boudiaf (Allah Yarhamou) était en 1954, cette étincelle qui avait transformé notre patrie spoliée en un gigantesque et terrible brasier pour le colonisateur français !

Après Boumédiène et Boussouf, il eut Ben Bella. (encore 3 B)
Boudiaf intervient pour rétablir le juste équilibre mais les décideurs décidèrent autrement…il le paya de sa vie !

 

5/L’homme du compromis

Bouteflika accepta le deal avec les « vrais » décideurs et consentit à être l’arbre qui cache la forêt !
Cette décennie noire est une plaie ouverte pour le pouvoir qui se cherche une légitimité populaire bafouée par tant d’injustice et de mépris. Et la plèbe accorda d’emblée au nouveau venu, un satisfecit pour avoir rétabli la quiétude et la sérénité sociale et après avoir globalement éradiqué le terrorisme tel que le pouvoir en place le définit.

Seulement voilà, les choses ne sont pas aussi simples que ça.
Tout le monde sait que les maquis étaient infiltrés tout comme le sont, les partis politiques et toutes les institutions dans le pays !

L’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale est un pont qui va permettre de « récupérer » les infiltrés et tous ceux qui se retrouveront dans la nasse !

Les dispositions de la Concorde civile vont élargir les mailles du filet et tout ce menu fretin se retrouvera à l’air libre. Côté jardin et grâce à ces lois scélérates, c’est l’impunité totale !

 

6/L’épée de Damoclès

Voilà que maintenant Bouteflika est sacré « Roi » en vertu de ses vertus salvatrices, lui l’homme de la stabilité sécuritaire ! Le pompier pyromane va sûrement pâlir de jalousie…
Cette tirade est devenu le leitmotiv de son staff qui vous rappelle à tout bout de champ que c’est grâce à sa lucidité éclairée que nous vivons aujourd’hui dans une parfaite béatitude ! Nous ne devons à aucun prix nous démarquer de sa grande magnanimité et de sa sagesse. Nous lui sommes redevables à vie !

Pourquoi faites-vous croire aux gens que ceux qui s’opposent à ce 4e mandat, sont forcément contre la stabilité du pays ? Nous sommes pour un vrai changement et pour une stabilité durable dans la dignité, sans corruption et sans magouilles ! Pourquoi laissez-vous entendre que l’Algérie n’est plus capable d’enfanter des enfants intègres dignes de lui assurer un avenir prometteur ?

Vous, vous êtes comme le fameux détroit de Messine avec son Charybde et Scylla ! Ou c’est moi, ou alors, c’est l’hécatombe…

 

Vous avez dit souveraineté ?

 

1/La gestion des biens publics

La gestion du service public de l’eau a été confiée en 2005, au français Suez.

La gestion et le fonctionnement du métro d’Alger sera géré par la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens)

La Société d’exploitation des tramways (SETRAM) a été créée récemment mais c’est la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) qui est majoritaire avec ses 49% suivie par l’ETUSA à 36% et par l’EMA avec 15%.

L’aéroport a été géré par l’EGSA d’Alger (Etablissement public à caractère industriel et commercial). Ce sont désormais les ADP (Aéroports de Paris) qui le gèrent depuis 2007.

2/Les pieds noirs

Dans l’ombre des bureaux des administrations locales, les anciens pieds-noirs récupèrent leurs biens, même si certains sont classés bien vacants par un décret sorti en 1963.
Le journal parle du cas d’un fils d’un ancien sénateur français, Saïeh Mneouar, apparemment d’origines musulmanes, à qui l’ancien wali de Chlef, Hocine Ouadah, actuellement en poste à Relizane, avait restitué des terres agricoles dépassant les 197 hectares, pourtant nationalisées en 1963.
La Justice avait pourtant débouté le fils de l’ancien sénateur décédé à Nice en 1982. Cela n’a pas empêché le wali et le Directeur des Affaires agricoles de rendre une décision, datée de 2000, restituant les biens au fils du sénateur.

– A la fin des années 1990, la wilaya de Béjaïa était obligée de payer des milliards de centimes à l’ancien Bachagha, Ben Ali Chérif, en contre partie de l’utilisation de terrains qu’il réclamait dans la commune d’Akbou et Ichelladhen. En plus de ces sommes astronomiques, payées en remboursement des installations publiques construites sur ces terrains, l’ancien supplétif de l’administration coloniale a récupéré des dizaines d’hectares de terres agricoles et d’oliviers.

D’autres cas sont signalés un peu partout dans le pays.

A qui la faute ?

Certainement pas aux petits exploitants.Aucun responsable de l’état n’a encore parlé de ce sujet alors que les autorités françaises deviennent de plus en plus insistantes sur un problème pourtant réglé lors des accords d’Evian.

3/ La souveraineté nationale

– Le 12/01/2013, Laurent Fabius (ancien premier ministre) et actuel ministre des affaires étrangères, fils du célèbre antiquaire juif de la rue de Seine à Paris, s’est félicité hier de la collaboration de l’Algérie qui,  en ouvrant son espace aérien, a permis à la France de venir en aide au Mali. L’Algérie «a autorisé le survol de son territoire, et je l’en remercie»,  a-t-il déclaré  à l’émission «Grand Jury LCI-Le Figaro-RTL».

– La France, a rapporté hier Jeune Afrique, va installer une base militaire avancée dans le nord du Mali, à Tessalit, non loin de la frontière algérienne. Cette base permettra à la France d’intervenir pour sauver ses ouailles au pouvoir, en cas de sérieux pépin !

Alors ? De quelle indépendance parlez-vous ?

Où est la part de vérité dans tout cela ?

– Devrons-nous féliciter ceux qui ont mis le pays à genoux ?
– Devrons-nous les récompenser parce qu’ils ont tué, violé, kidnappé et brimer nos libertés naturelles ?
– Devrons-nous rester immobiles en éternels assistés ?
– Devrons-nous monter consentants sur la potence et offrir à nos bourreaux les cordes de notre impuissance ?

Non !

 

7/La « théorie des deux démons »

En Argentine, la loi du Point final du 24 décembre 1986, et la loi d’Obéissance du 04 juin 1987, couvrirent le reste des militaires de toute poursuite (à l’exception du vol de bébés), invoquant l’amnistie jugée politiquement nécessaire et le principe de hiérarchie militaire.

– En 1989, le président Carlos Menem amnistia l’ensemble des personnes condamnées lors du Procès de la Junte.

– En 1990, confronté à l’opposition de l’armée, le président Carlos Menem amnistia par décrets des centaines d’autres militaires, dont des généraux.

Aucune poursuite n’était donc possible !

– En juillet 2003, le président Nestor Kirchner abrogea certains décrets d’amnistie.
– En 2005, la Cour constitutionnelle argentine déclara anti-constitutionnelle les lois d’amnistie passées sous Carlos Menem.

Pourquoi selon le principe de la compétence universelle limitée, la France en créant un « précédent » avec le cas de « L’ange de la mort » qui a été condamné par contumace à la prison à perpétuité, n’a pas jugé utile d’appliquer la même procédure dans l’affaire des moines de Tibéhrine ?

En Algérie, on opta pour la « théorie des deux anges » !

 

8/Le 4e mandat

A Sétif, le président Bouteflika avait cru bon de prévenir qu’il allait jeter l’éponge vu son âge et son état de santé. Son AVC du 27 avril 2013, confirma son vœu en semant le désarroi dans le clan présidentiel et la panique dans le cercle des véritables décideurs inféodés à l’ancienne puissance coloniale…

Que doit faire ce régime en perte de vitesse pour éviter la rupture des équilibres et gérer toutes ses contradictions internes qui se profilent à l’horizon ? Une seule solution possible :

– Ou mettre en application l’article 88 (2) ou ménager la chèvre et le chou ?

 

9/L’alternative

De tous les candidats en course, à part Bouteflika, le seul outsider valable reste Ali Benflis ! Cependant, Bouteflika pourrait poser problème…

 

Qui est Benflis ?

 

Magistrat de formation, Kasdi Merbah le nomme ministre de la Justice en novembre 1988, poste qu’il conserve pendant trois ans sous les gouvernements de Hamrouche et de Ghozali.

En juillet 1991, Il quitte le gouvernement pour marquer son désaccord avec les mesures d’internement administratif prononcées en dehors de tout contrôle judiciaire.
En 1987, il est l’un des membres fondateurs de la Ligue algérienne des droits de l’homme.
En 1999, il dirige la campagne de Abdelaziz Bouteflika qui le nomme secrétaire général puis directeur de cabinet de la Présidence. Il prend dans la foulée le secrétariat général du FLN.
En août 2000, il est chef de gouvernement.
En 2003, Benflis est limogé mais conserve son poste de secrétaire général du FLN. Son gouvernement tombe. (Ahmed Ouyahia hérite du Premier ministère)
En 2004, il se lance dans la course à la présidentielle.
(Il arrive deuxième avec 6,42% des voix.)

Abdelaziz Bouteflika est réélu.

C’est la disgrâce, dans la dignité !

Ali Benflis démissionne du poste de secrétaire général du FLN et disparaît de la scène politique…

A l’intention de Benflis,  le président Bouteflika lança la légendaire boutade de César : « même toi, Brutus ! » (3)
Une autre version avec : « toi aussi, mon fils ! »

Ce qui laisse supposer d’après Bouteflika que Benflis l’aurait trahi…

 

10/Le deal

Élu en 2004, avec 6,42 % de voix, Benflis avait senti l’orage passer. Pourquoi ira-t-il encore une fois affronter l’ouragan ? Bouteflika est toujours aux commandes !?

Le candidat Ali Benflis, 69 ans, a déposé son dossier de candidature à la présidentielle du 17 avril 2014, au siège du  conseil constitutionnel. Originaire de Batna, très discret et réputé intègre, il a la bénédiction des militaires.

– Le scénario le plus plausible est l’élection sans surprise de Bouteflika comme façade avec un score de 78 % et au 1er tour pour éviter la vacance de la présidence, suivi d’un Benflis avec le score honorable de 61 % ! Les autres lièvres seront récompensés ultérieurement…

– La mise en place d’une vice-présidence, garantira à monsieur Ali Benflis une ascension fulgurante et un tremplin de droit pour la présidence en cas de vacation du poste !

– Monsieur Ali Benflis, vice-président pourra dès maintenant prendre en main, les destinées de la nation.

 

 

Mon entière sympathie va à monsieur Ali Benflis que je ne connais même pas si ce n’est à travers ses apparitions télévisées. Son programme politique à la limites des lignes imparties, est très séduisant !
Il est expérimenté, a du métier et des idées…

 

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(1) Groupe informel de discussion entre les chefs d’état et de gouvernement des pays les plus industrialisés.

(2) Article 88 stipule que lorsque le chef de l’État, «pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel […], après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose à l’unanimité au Parlement de déclarer l’état d’empêchement». Après s’être prononcés à la majorité des deux tiers, les parlementaires chargent le président du Conseil de la nation (Sénat) – en l’occurrence Abdelkader Bensalah, 72 ans – d’assurer l’intérim pour une durée qui ne peut excéder 45 jours. Si l’incapacité du chef de l’État à exercer ses fonctions se poursuit, une «vacance par démission de plein droit» est déclarée. «En cas de démission ou de décès» de l’intéressé, le Conseil constitutionnel – dirigé par Tayeb Belaïz, un proche de Bouteflika – «constate la vacance définitive» du pouvoir. Le président du Sénat assume alors un intérim de 60 jours, au cours duquel une élection présidentielle est organisée. Soit trois mois et quinze jours après le début de la procédure.

(3) Marcus Junius Brutus, le fils d’une des maîtresses de César (donc son fils) qui serait lui aussi impliqué dans l’assassinat de Jules César.

 
 
 
 
Précisions
 
Je n’ai rien contre Monsieur Abdelaziz Bouteflika en tant que personnalité universellement connu et président actuel de la république Algérienne Démocratique et Populaire…
Cependant, il est regrettable qu’une partie de son entourage utilise la supercherie pour se maintenir au pouvoir, aux dépens du bon sens, de l’éthique et de la morale.
 
Monsieur Bouteflika n’est plus apte à diriger le pays.
L’Algérie est malade de son système et de son président !
 
Qu’il s’adresse au peuple au moins dix (10) minutes, lui qui tenait des discours fleuves à ses débuts en 1999 ! Puis, on ne veut plus de ces Rois/présidents qui veulent que leurs proches héritent du pouvoir, en cas d’incapacité apparente ou de décès…
 
Nous sommes vraiment fatigués de ce système, du FLN et de tous ses apparatchiks !
 
Nous aspirons à un changement salutaire pour nous et pour l’avenir de nos enfants.
Non, nous refusons de voir vos enfants gérer le destin de nos enfants ! Basta…

 
 
 
 
 

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Quoi de plus normal pour Iznogoud que de vouloir à tout prix, devenir Calife !
Aujourd’hui, le poste de vizir est remplacé par celui de premier ministre…
Dans les pays du tiers-monde, devenir président, c’est devenir inamovible !
C’est la règle sans exception !

Dans le style « Nec pluribus impar » (Au-dessus de tous) si cher à la légion étrangère ! Durant les années « Pravda », sous l’impulsion du valeureux parti unique, il y avait des « Sociétés Nationales » à tout bout de champ et à profusion. Nos éclairés décideurs d’antan avaient commencé par la Sona-« TRAC(H)T » pour finir avec la Sona-« TRO(p) » bien convaincus que le socialisme était la voie royale pour le bien être de ce bon vieux peuple si docile et si bien endoctriné !

En Algérie, il y a un foisonnement de présidents !

L’essentiel, c’est d’être président ! Peu importe l’institution.Être au sommet de la hiérarchie ! Vous serez à coup sûr, intouchable !

Regardez par exemple tous ces scandales qui continuent de défrayer la chronique, chez nous ! Si c’est du menu fretin, la prison est assurée, nourriture et gîte en sus…
si le gibier est gros ou assez coriace, vous vous casseriez les dents en moins de deux !
Être président de la république, c’est détenir les cartes à jouer et décider des règles du jeu ! Nul ne peut signaler une maldonne et flatteurs  d’applaudir ! le pouvoir et la rente !
Pour ces gens là comme disait Brel,  seule la fin justifie les moyens, le reste sert à amuser la galerie !

Les présidents du sénat, de l’APN, du conseil constitutionnel sont des sous-présidents avec leurs rangs respectifs et leurs prérogatives ! Des intouchables avec passeports diplomatiques et immunité assurée. Viennent ensuite les présidents de partis par ordre d’obédience et de servilité !

Les présidents directeurs généraux des administrations et autres institutions étatiques sont légions et prêtent eux-aussi allégeance au maître de céans ! Puis suit, la cohorte de tous les autres prédateurs, présidents d’associations caritatives, de parents d’élèves, de clubs  ou autres instances de contrôles ou de suivi tels les présidents de comités au niveau des mosquées ou des quartiers agissant en véritables cellules politiques spécialisées dans la délation…

Tout ce beau monde fleurit à longueur de journée dans la béatitude d’un généreux commensalisme socialement établi…

Les généraux avec leurs prête-noms, leurs comptes offshore, leurs ayant-droit économiques et leurs rejetons, ont créé le clientélisme, le régionalisme, les monopoles, les sponsors et la rente ! Ce sont les véritables bailleurs de fond du régime…

Puis viennent les ministres véritables chefs d’orchestres de toute cette horrible cacophonie ! On s’en donne à cœur joie, chacun dans son domaine et à qui mieux mieux ! Les scandales financiers, les malversations et autres détournements n’en finissent pas d’alimenter les rumeurs dans les salons calfeutrés des hautes sphères ou sur les pavés d’une plèbe en mal de sensations qui cherche à meubler le temps perdu pour oublier sa mal-vie…
Cette caste est à l’abri de toute inquiétude et se la coule douce dans les voluptés de l’innocence…

La cheville ouvrière entre ces différents lobby est bien sûr, le premier ministre véritable paravent entre la présidence et toutes les autres institutions étatiques ou gouvernementales. Il doit obéissance et obédience au chef suprême de la meute qui lui fait de l’ombre…

L’Algérie à l’instar des autres pays non-émergents est gangrénée par la corruption à travers un vaste réseau maffieux qui gère des biens occultes. Cette gymnastique de haute voltige échappe à tout contrôle.

Le reste du pays est livré à lui-même !

On ne parle plus de souveraineté…
On est toujours quelque part sous le giron d’une quelconque puissance régionale !
Notre dépendance est flagrante.
Les sources de nos approvisionnements et de notre armement sont un secret de polichinelle ! Nous sommes devenus une panse avec de gros intestins…

Depuis 1962, le FLN a créé son système de gestion et a géré le pays sans partage ! Cette gabegie catastrophique et cette impéritie sur tous les plans, sont le résultat machiavélique de « ceux qui savent TOUT », les maîtres absolus de la « pensée unique » !
Si l’Algérie aujourd’hui ne produit RIEN, c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau ! La maison Algérie est une maison en verre ! Rien dans les mains, rien dans les poches…

Pourtant, il y a péril en la demeure !
Le président est en panne, l’Algérie est en panne…
La pseudo « opposition » est aux aguets, comme à l’accoutumée…

Pourtant, tous les programmes de l’école algérienne depuis Abderrahmane Ben Hamida en passant par l’inamovible Ben Bouzid sinistre de l’éducation nationale sinistrée, jusqu’au nouveau chef du département éducatif, Abdellatif Baba-Ahmed, on arrive aux mêmes conclusions : l’école algérienne est gérée par circulaires ! L’ukase de la soumission ! Personne ne prend une quelconque initiative personnelle. On exécute et c’est tout !

Pourtant, notre preux premier ministre  se permet le luxe de déblatérer lors de la conférence à Kouba (août 2013) des bienfaits des sciences et des vertus mathématiques…en écorchant sciemment la poésie et un verset divin ?! (1)
Puisque c’est ainsi, pourquoi donc cet ancien wali de Bel Abbès, énarque de formation occupe-t-il le poste de premier ministre ?
Il n’en est pas le mieux désigné, étant lui-même littéraire ?
Démissionnez ! Laissez la place à un ancien de l’école polytechnique de Belfort ou à un promu de l’Enita ou de l’école inter-armes de Cherchell ! Peut être qu’il y a même des Saint Cyriens…?
Pourquoi ce timing ?
Est-ce un clin d’œil aux éradicateurs en poste pour bien marquer sa distance avec les islamo-conservateurs du sérail ? Est-ce pour plaire au clan de son seigneur et maître Bouteflika en le paraphrasant aveuglément ?

Pourtant, hypocrisie oblige, notre grand premier vassal et commis de l’état qui abhorre les belles lettres, n’hésite pas une seconde ce 17 septembre 2013 à Alger, à venir rendre un vibrant hommage à cet « enfant » de l’Algérie, le poète syrien Souleiman Al-Aissa,(à tiens ?) lors de la commémoration du 40e jour de son décès ?!

Si notre pays, l’Algérie est en retard de plusieurs décades dans tous les domaines, c’est la faute au régime algérien depuis Boumédiène jusqu’à nos jours !

Nous sommes bien conscient de votre duplicité !
« Qoul A3oudhou Bi Rabi El Falaq === Min CHARI MA KHALAQ » la suite du verset que vous aviez omis de finir, vous sied à merveille !

Décidément, les habitudes paternalistes ont la peau dure ! Vous n’avez pas manqué à l’image de vos prédécesseurs, de vous faire remarquer en traitant avec condescendance et acharnement, les chômeurs du Grand Sud de « Chirdima » désorientée et manipulée (?) au lieu d’être à la hauteur de vos responsabilités en restant constamment à l’écoute de tous ces désœuvrés et surtout de cette frange de la société, perdue aux confins du désert ?!
Bien avant vous, monsieur Ouyahia un autre énarque et grand pourfendeur de la liberté d’expression, s’était étonné en découvrant qu’un algérien pouvait lui aussi savourer…un yaourt ?!

N’oubliez jamais que c’est Allah qui vous a permis de gravir les échelons pour vous retrouver à ce poste, que vous utilisez pour tourner en dérision un verset coranique, ternir la parole divine et insulter ainsi l’intelligence de tous ces musulmans que vous êtes censé représenter ?! Monsieur Lagaffe, Allah est Grand ! Sa justice est immanente…et transcendante ! Prenez garde…

Il est bien capable de mettre fin, à cette cupide ambition qui vous anime et qui vous pousse à plaire coûte que coûte à vos commanditaires, quitte à désavouer vos convictions religieuses…si vous en avez !

Vendredi 20 septembre 2013

Kamel SEDDIKI

(1) https://www.facebook.com/photo.php?v=10201909795166045&set=vb.1219015797&type=2&theater

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Remarque

Ce texte a été publié sur le site du « Hoggar » , je le publie ici pour rendre justice au président Bouteflika nonobstant toute autre considération politique ! N’en déplaise à ses détracteurs, c’est une figure emblématique du mouvement national et c’est un historique, tout comme le commandant Bouragâa, Monsieur Mohamed Mechati ou le grand Aït Ahmed…
Nous leur devons respect et considération pour leurs parcours révolutionnaires, leurs luttes et leurs sacrifices pour notre patrie : « l’Algérie ! »
Il s’agit ici de rendre justice à leurs personnes et non à leurs actions dont ils sont comptables devant le Très Haut…

 
 
Dimanche, 16 Juin 2013
 
 
Abdelaziz Bouteflika est au service de la patrie depuis l’âge de 19 ans. En effet, suite à l’appel, en 1956, de l’ALN, il rejoint l’institution militaire, fit son instruction, occupa le poste de secrétaire administratif et secrétaire particulier de Houari Boumédienne rahimahou Allah, alors chef de la Wilaya V.

Après l’Indépendance, il mène une brillante carrière politique et diplomatique. A l’âge de 25 ans, il est ministre de la jeunesse, puis ministre des affaires étrangères, le plus jeune ministre des affaires étrangères au monde. Ainsi, il dirige la diplomatie algérienne chantre des non-alignés et présida la 29ème session, même, de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Loin des affaires, il n’a pas hésité à se mettre à nouveau au service du pays pour le sortir du cycle infernal de la violence de la décennie noire. L’Algérie à feu et à sang, boycottée par les grands de ce monde qui de facto lui ont imposé implicitement un embargo a su résister au joug de l’intégrisme et la manipulation extérieure. Bouteflika s’est engagé à éteindre le feu de la fitna et replacer l’Algérie dans le sillage des pays respectés et respectueux.

Il n’a pas hésité à déclarer « si les Algériens ne me suivent pas, je rentre chez moi. Je ne suis pas venu chercher un fauteuil, je suis venu, parce que j’ai un objectif ». Effectivement les réalisations de Bouteflika ne contredisent certainement pas cette déclaration.

Sur le plan interne, la paix est revenue, la concorde civile a apporté ses fruits. Bouteflika a parcouru, des années durant, le territoire national pour expliquer la nécessité de la concorde civile, pour mettre en place une stratégie de développement économique et culturelle. Plusieurs barrages d’eau et des stations de dessalement ont permis aux citoyens d’oublier les coupures d’eau, l’autoroute Est Ouest a rapproché les régions, les universités dotées de budget et d’encadrement conséquents, des habitations ont supplanté les bidonvilles, etc.

Sur le plan international, alors que durant la décennie noire, les compagnies aériennes boudaient les aéroports algériens, aujourd’hui, la plus part de ces compagnies ‘s’empressent à demander autorisation d’atterrissage sur Alger. Les entreprises étrangères, les banques étrangères etc. ont élu domicile en territoire algérien. Beaucoup de Président étrangers ont visité l’Algérie et ont été reçus par Bouteflika. L’Algérie est devenue fréquentable.

En fin, avec Bouteflika, l’Algérie a retrouvé sa dignité bafouée suite à la décennie noire. Il a refusé la mise sous tutelle. Il a pesé de tout son poids, de toute sa stratégie pour redresser l’économie algérienne en lui assurant une autonomie financière et une indépendance vis-à-vis du FMI. Dès son retour aux affaires, il s’est insurgé contre le traitement indigne infligé aux Algériens demandeurs de visa français. Inconcevable disait il, de continuer à envoyer les demandes de visas à Nantes.

Par ailleurs, au moment où les pays arabes sont secoués par des révoltes internes, les regards restent tournés vers l’Algérie pour puiser leçon de son expérience de stabilité. Le niveau de vie a été amélioré, les droits fondamentaux du citoyen garantis, le pluralisme de partis consacré et la liberté de presse sauvegardée. Tous les spécialistes s’accordent à dire que la presse algérienne est la plus libre au monde arabe.

Après cette belle carrière au service de la patrie et au service du peuple, le Président ne mérite t il pas une attention particulière ? Aujourd’hui, alors qu’il résiste à la maladie, les oublieux ont aiguisé les couteaux pour déverser les propos les plus abjectes, pour écrire les choses les plus farfelus et blessantes même. Est-ce ça la culture arabo-musulmane ? Ne méritent il pas qu’on lui souhaite rétablissement ?

Pourquoi des pseudos partis politiques s’empressent ils pour demander d’appliquer une loi de la constitution pour le remplacer ? Pourquoi, des journaux, profitant de la liberté de la presse, excellent-ils à semer le doute et parlent déjà de poste vacant et d’incapacité de Bouteflika à reprendre la gestion du pays ? Est-ce que le pays est en arrêt total suite à la maladie du Président ?

Le Président mérite un respect et une pensée sincères. Heureusement nombreux sont ceux qui partagent notre point de vue et qui scrutent le ciel demandant Dieu guérison au Président et protection au pays si cher : l’Algérie.
 
 
 
A. Bachir

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Sid Ahmed Ghozali : «Vingt ans après, je m’aperçois que le pouvoir est pire que le FIS»

El Watan, 11 janvier 2012

Acteur de premier plan en sa qualité de chef de gouvernement lorsque le pouvoir avait décidé d’interrompre le processus électoral, Sid Ahmed Ghozali estime que ce choix a été «un coup d’épée dans l’eau» ; car si pour de nombreux acteurs il avait pour but de «sauver la République», pour d’autres «la réelle motivation était de sauver le pouvoir à n’importe quel prix».

Monsieur le chef du gouvernement « s’aperçoit » effrontément, vingt ans après que le pouvoir qui était déjà « mauvais » est devenu « encore plus mauvais » que le FIS qui a été dissout par lui et sur de simples présomptions puisqu’il n’a jamais accédé au pouvoir ?!
Étrange revirement d’un commis du système !
« Un coup d’épée dans l’eau »
===>Donc, la décision a été prise sur un « coup de tête ! » sans tenir compte des conséquences dramatiques que cela pouvait engendrer ! Allons-y et advienne que pourra ! Aujourd’hui, nous mesurons avec effarement l’étendue des dégâts collatéraux…

« Sauver la république », »Sauver le pouvoir »
===>Quelle différence ?
– La république ? Est-ce les institutions et les lois supposées les régir pour le maintien justement de ce pouvoir ?
– Le pouvoir ? Qui ? On tourne autour du pot ! Il n’est pas si occulte que ça…

– Si le « POUVOIR » était synonyme de « PAUVRETÉ » personne ne l’aurait recherché ! (Suivez mon doigt…)

 

– Vous étiez chef de gouvernement quand l’interruption du processus électoral le 12 janvier 1991 a eu lieu. Vingt ans après, avez-vous toujours le même regard ?

Simplement un préliminaire au sujet de l’arrêt du processus électoral de 1992. C’est bon d’en parler. C’est un moment important de cette période qui y a conduit et mérite que l’en on parle, non pas pour refaire l’histoire, mais pour en connaître les tenants et les aboutissants, savoir en quoi il a été une bonne chose pour l’Algérie. Il faut qu’un jour qu’on engage un véritable débat national contradictoire sur cette question qui doit être présentée au public sous des angles différents.
Si le but est d’éclairer l’opinion, les déclarations, écrits ou autres, récits unilatéraux, doivent être étayés par le débat contradictoire. Durant ces vingt dernières années, on a trop peu dit ou alors trop dit. Aussi bien sur la genèse que sur les suites de l’événement et je dirais même sur ses conséquences.
Sur l’analyse de l’angle du processus, je n’ai pas à changer un iota. Sur l’angle de la santé ou la validité de la décision je n’ai pas à changer. Et ce qui est changé dans mon approche, c’est tout simplement ce qu’on a fait et vu durant vingt ans. Et qui m’a conduit à dire qu’en fin de compte, cette opération a été un coup d’épée dans l’eau. Elle n’a servi en rien notre pays. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas tiré de leçons aussi bien du vote que les raisons qui ont conduit à l’arrêt du processus électoral.

– Pourquoi avoir fait ce choix alors ?

Je m’explique. Il faut se poser la question de savoir si l’arrêt dudit processus a été le point de départ de quelque chose ou bien l’aboutissement de quelque chose. Or, la pensée dominante une pensée sciemment et pernicieusement instillée dans les esprits par les tenants du même pouvoir va jusqu’à postuler la période tragique des années 1990 qui est le résultat de l’arrêt du processus électoral. Que les initiateurs de l’action violente aient porté cette thèse, cela est de bonne guerre. Pour eux, le FIS dira qu’il y a eu recours pour défendre la démocratie. Mais que ce soit le pouvoir, le même pouvoir d’aujourd’hui qui fut porteur de cette thèse, voilà qui devrait donner un éclairage largement méconnu sur la genèse du 11 janvier 1992. Attendez vous à ce qu’on se mette aujourd’hui à vous expliquer que même la situation actuelle du pays «c’est la faute au processus du 11 janvier 1992».

– Vous laissez entendre qu’il y avait une sorte de pacte entre le pouvoir et les islamistes du FIS…

Pas nécessairement un pacte, mais il y a ce qu’on appelle dans la dialectique marxiste une alliance objective entre les deux forces politiques réelles du pays. Avec l’enjeu commun et le seul enjeu : le pouvoir. Il faut se poser la question de savoir si c’est un hasard qui a fait que l’arrêt du processus n’est pas intervenu en fin de compte pour occulter les vraies raisons du vote des Algériens, à savoir la faillite d’un système et d’une politique. C’est ce qui a conduit les Algérien à donner la majorité au FIS. C’est le résultat d’une décennie d’une gestion politique catastrophique. Par conséquent, il n’avait pas intérêt à charger ce pouvoir. Donc, l’opération a été faite pour exonérer le pouvoir et dire que tout cela est dû à l’arrêt des élections et au terrorisme.

– L’arrêt du processus électoral était présenté comme une décision pour «sauver» la République. A vous entendre, on a finalement sauvé le pouvoir…

Il faut distinguer une bonne fois pour toutes les acteurs : les acteurs visibles, quelle que soit la couleur de leur tenue. Cette distinction étant bien faite, j’affirme que les seules motivations des uns étaient de sauver la République, qu’ils aient eu tort ou raison, telle fut leur seule motivation, et je reste catégorique sur ce point et prêt à vous le démontrer. J’ajoute, tout aussi catégorique, que la réelle motivation des autres fut de sauver le pouvoir à n’importe quel prix.
Je rappelle en passant, à un moment où on a tendance à l’oublier, l’existence, parmi les acteurs visibles et de manière massive = (Le FIS), la rue = (Encore le FIS) et la société civile = (Les éradicateurs) qui, bien avant la démission de Chadli, ont réclamé l’arrêt du processus électoral entamé le 27 décembre 1991.

– Mais pas pour les mêmes objectifs ?

C’est ce que je viens de dire. Et ce n’est que la reproduction mot pour mot de ce que j’avais dit officiellement, publiquement, en ma qualité de chef de gouvernement et à plusieurs reprises. Lors du vote d’investiture de l’Assemblée nationale, le 8 juillet 1991, j’ai rappelé les conditions insurrectionnelles dans lesquelles mon gouvernement avait été formé, et j’ai procédé à une analyse en disant que la violence que nous vivions était le résultat d’une situation de violence qui avait commencé à se développer bien avant, dès le lendemain de la disparition de Boumediène. Et que le FIS n’était pas le premier à avoir provoqué cette violence. Avant lui, il y avait une autre violence et c’est là que j’ai employé la formule «le peuple algérien s’est trouvé entre la marteau et l’enclume».
Entre un pouvoir dont l’obsession première était de s’attacher uniquement au pouvoir, au détriment du règlement des affaires du pays, et cela a duré dix ans. ( Vous saviez tout cela ?) Il a laissé filer une crise économique qui s’est muée en crise sociale, qui s’est muée en crise politique et morale. Et ce n’est qu’après que le FIS est venu, pour essayer de profiter de cette situation, pour prendre le pouvoir à son tour. J’avais même condamné les tractations qui étaient en train de se faire, depuis 1989, avec le FIS pour partager le pouvoir. Il y avait une stratégie qui était déployée qui consistait à amener le FIS aux communes et au gouvernement dans l’idée qu’il allait se casser la figure et que le pouvoir en sortirait régénéré. Voilà la situation.
J’avais proclamé au préalable, dans mon discours à l’APN, que tous les gouvernements qui se sont succédé, y compris le mien n’émanaient pas de la volonté populaire. Et qu’à l’époque, mon gouvernement comme les autres étaient handicapés dès le départ.
Dans mon analyse publique (interview, télévision) des résultats du premier tour j’ai dit sans ambages que ces résultats avaient une signification, que c’était «un cri de rejet très fort par les électeurs du pouvoir qu’ils considéraient comme responsable de leurs malheurs».

– Vous parliez de tractations entre le FIS et le pouvoir. Peut-on identifier ce pouvoir, la présidence, les militaires ?

Il y a eu, entre fin 1990 et début 1991, des tractations secrètes et des accords conclus entre le gouvernement et le FIS pour que les élections législatives, avancées à juin 1991, ne donnent pas un vainqueur et puis prendraient le FFS comme arbitre. Cette tractation avait existé et on avait convaincu le président de la République, Chadli Bendjedid. Le gouvernement pensait qu’il fallait laisser le FIS prendre le pouvoir aux communes et au niveau du gouvernement. Comme la situation financière du pays était catastrophique, il se casserait la figure, ce qui permettrait au pouvoir de rebondir. J’ai été ministre des Affaires étrangères et quand j’ai appris cela, j’ai démissionné. Il y avait des gens, à l’intérieur de l’armée, qui étaient contre ces tractations qui se faisaient dans leur dos. ( de quel droit devait-on les associer à ces tractations ?) Il est important de rappeler cela parce que nous sommes en train de répéter la même chose actuellement. (Vous n’allez quand même pas  vous et vos amis  « déposer » Monsieur Bouteflika comme vous l’aviez fait avec Monsieur Chadli et nous mettre encore une fois de plus dans la mdrrr ???)

– Que pensez-vous de la thèse qui édicte que Octobre 1988 était une manipulation du pouvoir ?

Ce sont eux-mêmes qui le reconnaissent ; ce n’est pas moi qui le dis. Il y a des gens qui étaient au pouvoir à l’époque qui disent qu’Octobre 88 avait été initié par le pouvoir lui-même, mais que les choses, après, lui ont échappé. C’est devenu, malgré eux, un vrai printemps algérien. Les acteurs principaux du pouvoir reconnaissent cela, que vous rappelez à juste titre, à savoir que les événements d’Octobre sont intervenus dans une situation sociale et politique très tendue. Et que l’heure des bilans était arrivée. Et pour justement passer cette période des bilans, on a allumé une mèche. Je ne fais que reprendre ce que les acteurs disent, bien que cela corresponde parfaitement à mon analyse. Les choses ont commencé le 19 septembre avec le discours du président-secrétaire général du FLN, où il dressait un tableau sombre et disait «ça va mal»et que «le responsable, c’est le FLN». Et ce, depuis lors qu’on a commencé à entendre dans la rue «FLN seraqine» (FLN, des voleurs). Le pouvoir lui-même a ancré dans l’esprit des Algériens que le responsable de cette situation-là était le FLN.
Ce qui est profondément injuste et pas vrai. Parce que le FLN n’a jamais été au pouvoir.

– Qui était au pouvoir alors ?

Nous sommes dans une situation de pouvoir occulte. (FAUX ! ) Vous n’allez pas croire que nous sommes dans le pouvoir tel que décrit dans la Constitution. Pensez-vous que, chez nous, le Président est élu par le peuple ? Il faut simplement comparer ce que dit la Constitution et ce qui se passe sur le terrain. Jamais le président de la République n’a été élu, mis à part la première élection de 1962. Toutes les autres élections ont été des désignations. (par QUI ?)

– Y compris Bouteflika ?

Mais bien entendu.

– J’insiste sur la question de l’identification du pouvoir, sont-ce les services, les militaires, la présidence de la République ou plutôt c’est tout cela ?

Le pouvoir ce n’est pas l’armée, comme on le dit de manière courante. L’immense majorité des militaires sont des gens comme vous et moi et n’ont aucun poids dans la décision politique.
On ne peut pas dire non plus que c’est le DRS (département du renseignement et de la sécurité» puisqu’il se trouve à l’intérieur du DRS des gens qui ne sont que des serviteurs de l’Etat et n’ont aucune part dans l’exercice ou la décision politiques. ( Conclusion : ce n’est ni l’armée ni le DRS ! C’est le plombier !!!) Un peu de décence monsieur, voyons ! Tous ces clins d’œil…

Le réel pouvoir est une oligarchie qui s’est sédimentée avec le temps. C’est un système pas des noms. ( Une hydre sans tête ?!) C’est un parti clandestin. C’est un parti qui a une tête qui dispose des moyens de l’Etat et qui a ses militants. Quel est le parti le plus important en Algérie ?! ( Le FLN ?! Vous le dédouaner un peu plus haut !) Il n’y a pas un député, un haut fonctionnaire qu’il soit wali, ministre ou bien président de la République qui soit nommé contre la volonté de l’oligarchie. Cela n’existe pas. Ils se comptent par dizaines de milliers ceux qui savent bien à qui ils doivent leur nomination. (Et vous, qui vous a nommé chef du gouvernement ? Vous ne pouvez pas l’ignorer ? Impossible !) Car leur nomination est signée par le Président ou le chef du gouvernement, mais qui présente les listes ? On ne peut pas être wali, ministre où Président sans un aval du pouvoir réel. Nous n’avons pas le pouvoir politique que nous avons dans nos lois.
C’est se mentir à soi-même. D’un autre côté, je crois qu’il est superfétatoire de continuer à se fixer sur cette question qui est le pouvoir. Parce que nous sommes en train d’analyser la santé d’un régime, alors que celle-ci se mesure simplement au résultat auquel il aboutit et savoir qui en est responsable. C’est pour cela qu’on a voulu éviter le débat en 1988. A la fin de l’année, le congrès de FLN devait se tenir pour faire le bilan d’une décennie.

– Ce parti clandestin contrôle-t-il toutes les strates de la société ?

Dans les démocraties, le pouvoir c’est un parti qui dispose de militants, d’un programme et de moyens, mais chez nous ce n’est pas formel. C’est un ensemble qui a 2 millions de militants, qui a les moyens financiers de l’Etat qui a les moyens de la violence de l’Etat, les moyens de la légalisation de l’Etat, donc est nécessairement de très loin le parti le plus fort du pays.

– Vous avez dit qu’on a peu ou trop dit à propos de l’arrêt du processus électoral. Si on estime qu’on a peu dit, que reste-t-il à dire ?

Il y a des livres à écrire sur ce sujet. Vous savez, lorsqu’on évoque cet évènement, on s’attarde beaucoup sur l’anecdote du genre : quelle a été la participation de Khaled Nezzar. Ceux qui étaient contre l’arrêt des élections ont beaucoup fait. Le FFS, je le considère comme un parti démocratique et je suis sûr qu’Aït Ahmed, en son for intérieur, ne voyait pas l’arrivée du FIS au pouvoir comme une bonne chose. Mais comme il savait que celui-ci n’allait pas passer, il s’est donné le beau rôle de défenseur de la démocratie. ( Donc pour vous, monsieur Aït Ahmed est un Mounfeq parce que vous, vous aviez fait votre choix  !) Et c’est là que nous sommes différents. Parce que si nous avions fait un calcul politique personnel, nous aurions dit qu’il y a un vote qui a été fait, chose promise chose due, laissez-les prendre le pouvoir, comme le souhaitait une bonne partie des gens, surtout la partie cachée du pouvoir, et nous serions passés à l’histoire en tant que défenseurs de la démocratie. Nous aurions peut-être disparu mais ç’aurait été sur le champ d’honneur de la démocratie. Si nous avions fait un calcul personnel, jamais nous aurions pris la décision d’arrêter le processus électoral.

Mais nous avions fait un calcul pour notre pays. ( Vous l’avez démoli, ce beau pays qui est aussi le leur ! Sachez-le monsieur le décideur !!!) Peut-être, et certains nous disent pourquoi vous n’avez pas laissé le FIS ? Nous étions convaincus que l’arrivée du FIS au pouvoir, ce serait la fin de l’Algérie. (Et là, c’est vous qui avez signé sa fin !?) C’est-à-dire qu’il n’y avait pas pire. Sur ce plan-là, j’ai changé. Vingt ans après, quand je regarde l’état où a été mis mon pays, je suis obligé de constater qu’il y a pire que le FIS de l’époque : le pouvoir lui-même. ( Vérité de La Palice !) Je me resitue dans le contexte de l’époque ; nous pensions «tout sauf le FIS» face à une menace d’écroulement du pays. Les autres faisaient un calcul : «C’est le FIS qui va s’écrouler et nous, nous garderons le pouvoir»…

J’avais dit devant l’APN, en juillet 1991, que ceux qui faisaient des tractations pour se partager le pouvoir ne montraient un antagonisme qui n’était qu’un écran de fumée pour cacher un travail d’apprenti-sorcier. Il y avait un mélange incestueux. Le discours consistait à présenter au peuple le choix suivant : «C’est nous ou eux.» Quelle différence entre ce que disait El Gueddafi au peuple libyen et aux Occidentaux : «C’est moi ou Al Qaîda» ? Ce fut dit publiquement et plus caricaturé que chez nous.
Ils croyaient, en laissant le FIS hurler dans les rues, menacer, et en le laissant prendre le pouvoir, cela allait conduire inéluctablement à un échec. Et le peuple reviendrait à dire : «Mieux vaut le pouvoir». Et là, ils se sont trompés.

– Si vous considérez que la période dans laquelle s’est engagé le pays après 1992 n’est pas la résultante de l’arrêt du processus électoral, à quoi peut-on alors incomber cela ?

Encore faut-il étayer un peu plus cette thèse ridicule et que je réfute. Je me contenterais de vous faire remarquer qu’en vingt ans, il y a eu 16 gouvernements, six mandatures présidentielles, six élections législatives et communales et tout cela pour ne pas effacer les «conséquences» prétendument imputées à l’arrêt du processus du 11 janvier.
C’est grotesque. L’Algérie de maintenant est l’échec éclatant d’un pouvoir congénitalement incompétent et incapable. Et qui renferme, dans sa nature, les ingrédients de son propre écroulement. Et à continuer à fermer les yeux sur cette triste réalité, conduit le pays droit au désastre. ( Allez, chiche monsieur, RENVERSEZ- LE pour le bien être de tous les algériens !)
Et pourquoi ne pas dire, à l’inverse, que si nous avions laissé continuer le processus de décembre 1991 nous n’allions pas nous retrouver dans une situation à l’iranienne, par exemple ?

– Que faut-il faire alors ?

Il faut revenir à de véritables institutions qui associent le peuple aux décisions. Or, on continue actuellement à croire qu’on peut diriger une société en donnant des ordres de manière autoritaire. (Vous parlez des ordonnances présidentielles ?)
Ce n’est pas possible. On ne peut diriger une société que sur la base de son adhésion au projet politique et d’une participation active à l’exécution des décisions politiques dans tous les domaines.
J’avais dit que le résultat des élections de 1991 avait un sens. Il était «l’expression par la majorité des Algériens d’un rejet total de ceux qu’ils considèrent comme étant responsables de leur situation».
J’avais dit cela à l’époque et ça m’a valu d’être renvoyé comme un malpropre de l’ambassade de Paris.
Ce système a la conviction très forte qu’il peut diriger le pays par des ordres, on violant les lois. Les vingt ans qui se sont écoulées m’ont montré très bien qu’aucune leçon n’a été tirée de cette expérience. (Qu’avez-vous fait durant ces vingt ans pour que cela change ?) Avec le « FIS », c’était plus facile, hein !

– Pourquoi voulez-vous qu’ils tirent les leçons dès lors que leur seule obsession est de se maintenir au pouvoir ?

C’est là le problème justement. Pas de se maintenir en tant que personne (Si,si, si !) mais de maintenir un système qui est totalement contraire à ceux qui dictent les lois et qui leur paraît à eux le plus efficace. Leur postulat est : «Nous sommes les seuls à pouvoir diriger ce pays.» Et d’ailleurs, à chaque échéance, ils disent à propos de Bouteflika : «Nous avons choisi le moins mauvais.» Cela implique implicitement en tout cas que tous les autres sont mauvais.

– Où pourrait mener cette situation où c’est un système qui décide à la place du peuple et pour le peuple ?

Elle conduit nécessairement à l’écroulement, à l’implosion. Parce qu’il est évident qu’il n’existe pas d’avenir pour une société dont la marche repose sur ses trois piliers complètement foireux. A savoir non-respect des lois, mépris total des éléments de la société et surtout, c’est le plus grave, l’irresponsabilité. Le système qui prend les décisions ne rend compte à personne et c’est là que le mal contient les germes de sa propre destruction. Quand ont prend des décisions et tout en sachant qu’on est pas appelé à rendre des comptes, on ne peut prendre que des mauvaises décisions. Et quand ça dure, c’est l’écroulement. (Pourquoi vous ne dites pas que c’est une dictature ! Vous y faites seulement allusion. Vous avez peur de QUI ?) (Cela dure depuis vingt ans et il n’y a aucun écroulement ! Alors ?)

– Ce système gère-t-il le pays comme une sorte de propriété ?

Il y a les dérives qui découlent de l’habitude de gouverner seul. Elle conduit naturellement, avec le temps, à ne plus faire la différence entre ce qui appartient à la collectivité nationale et ce qui est privé. (C’est du Kadhafi tout craché !) Il n’y a plus de frontière. Il y a une véritable privatisation de l’Etat. C’est la conséquence même de la nature du système. Quand Montesquieu dit le pouvoir corrompt, il énonce un postulat universel.
Un homme au pouvoir est toujours exposé à être corrompu au sens large. Ensuite, on en abuse. Et comme la contradiction est bannie, on finit par croire que cette conviction est une vérité de Dieu. Le pouvoir est un cycle inéluctable, il commence par nous griser, il corrompt, ensuite il rend aveugle et rend fou. Deux exemples caricaturaux, il est sûr que quelques heures avant sa mort Kadhafi était convaincu que la vérité était de son côté. Et dès lors que l’on commence à dire que celui qui ne pense pas comme moi est mon ennemi (dit et redit publiquement chez nous notamment) donc il faut le bâillonner, c’est la fin. On devient dieu, impuni. (Vous affirmiez pourtant un peu plus haut, que même monsieur Bouteflika n’est qu’un simple « pantin » – le moins mauvais – comment dès lors peut-on alors le qualifier de « Dieu » ? )
Ce sentiment d’impunité se répand. Il y a aussi tel ministre de qui proclame froidement à propos d’un scandale touchant son secteur : «Je ne suis pas au courant autrement que par la presse.» Vous voyez cette arrogance ! C’est un mépris total des autres et c’est soutenu par un sentiment d’impunité. «Nous sommes intouchables.»

– Comment sortir de cette situation de pouvoir absolu ?

On ferait un pas géant en avant si nous commencions par deux choses. Primo, respect des lois. Secundo, tout preneur de décision doit être comptable de ses actes. Tout preneur de décision à tout niveau doit être responsable, qui devant telle institution, qui devant le peuple, qui devant tel organisme de contrôle. Il faut qu’il y ait des rendez-vous où on rend compte. Nous avons entendu le président de la République à la fin de son second mandat dire : «Nous nous sommes cassés le nez, mais je n’accuse personne.»
C’est une manière de dire, on peut se casser le nez sans qu’il y ait de responsables où bien dire : «Je ne suis pas responsable.»
J’imagine même à la limite qui si nous sommes dans une situation donnée où l’armée prenait le pouvoir, mais en l’assumant, ce serait déjà un progrès considérable, car à partir de ce moment, elle se désignerait elle-même comme comptable. (C’est parti ! Monsieur propose un énième putsch militaire ! Pas moins que ça ! Comme « aventuriste », vous vous posez bien là ! Un scénario à l’égyptienne ?!)

 

– Vous suggérez là un coup d’Etat…

Une hypothèse d’école pour une illustrer l’importance de la responsabilité… Je n’invite personne à faire un coup d’Etat, simplement il est indispensable que celui qui prend les décisions soit comptable et à tous les niveaux.

(Qui va les forcer à faire cela ?) Vous dites que ce n’est ni l’armée ni le DRS donc ce sont forcément des CIVILS ?! Comment cela !

– Mais seul un pouvoir démocratiquement élu pourrait être contraint à rendre des comptes…

Pas forcément. La Chine n’a pas un pouvoir démocratique, mais elle a un pouvoir cohérent avec des débats contradictoires à l’intérieur du parti communiste. Il y a des contre-pouvoirs et c’est comptable.
Quand le chef du gouvernement se présente comme responsable, il rend au moins compte au congrès du PC. Qui le nomme et le dénomme ouvertement pas en cachette, ni par maillons interposés. (Est-ce ainsi que vous aviez été nommé et dénommé ?)
Il faut commencer par la tête, un président vraiment accepté par le peuple, quels que soient les moyens. Le pays est dans un état déplorable et il y a bien un responsable. C’est le régime qui détient le pouvoir politique. Ce pouvoir n’est pas celui dont l’Algérie a besoin. Il a échoué et quand on échoue, on s’en va. Je leur dis que nous n’avons plus le choix entre changer ou pas changer, nous avons peut-être encore, mais ce n’est pas sûr, le choix sur la manière de changer et je crois au changement dans l’ordre. Et si on change dans le désordre, c’est le changement imposé par la rue et par l’étranger surtout. Maintenant, je me demande même si nous avons le choix sur la manière de changer. Parce que nous avons un système politique qui a échappé à son propre contrôle. Il ne se contrôle plus. Le président nous dit qu’il y a la corruption, etc., pour résoudre cela, il change la Constitution, ça veut dire quoi ? Que c’est à cause de ça qu’il y a le chômage, la corruption. Celui qui dit ça, est soit dans l’aveuglement, soit dans la fuite en avant ou bien dans le mensonge. Soit les trois à la fois.

– Vous critiquez ce système alors que vous en faisiez partie, mais vous en faites partie, du moins par les fonctions que vous avez occupées…

Quelqu’un qui est interdit d’action publique depuis vingt ans, qui depuis 1962 totalise près de 30 ans d’exclusion, peut-il avoir été ou être un homme du système ? Je ne fais pas partie du système. Je ne me suis jamais considéré comme un des leurs et ils ne m’ont jamais considéré comme tel. On fait la confusion entre le pouvoir politicien et les pouvoirs publics. Le pouvoir politicien gère le système, les pouvoirs publics servent le public et l’intérêt général. J’ai servi constamment dans les pouvoirs publics, jamais dans le système politicien. Et je suis d’autant plus à l’aise de vous dire que je le regrette. Parce que moi-même et les cadres de ma génération avons cru naïvement qu’on peut servir les pouvoirs publics sans être au pouvoir politique. Et cela, c’est une naïveté considérable. Si on prétend servir les pouvoirs publics, il faut être du pouvoir politique. Faute de l’avoir fait finalement, nous avons servi de «harkis» du système. Notre erreur fut de laisser la politique aux autres. (En fin diplomate que vous êtes, vous jouez sur les mots, monsieur !)

– Vingt ans après, nous sommes à la veille de législatives qui interviennent dans un contexte régional où les islamistes arrivent au pouvoir. S’il y avait des élections propres et honnêtes, pensez-vous que les islamistes gagneraient ?

Oui. Aussi bien que les islamistes autonomes par rapport au pouvoir que les islamistes-maison. C’est le résultat inéluctable de l’autoritarisme qui a dominé le Monde arabe et musulman.
Les seules forces qui sont véritablement internationales, qui utilisent la religion avec des moyens et avec la connivence de l’Etat, ce sont les forces qui se réclament de la religion. Je dois dire que l’anti-islamisme primaire, je ne m’y associe pas. Je réfute le mélange du spirituel et du matériel. L’islam, notre religion, ressortit de l’affaire personnelle de l’individu et la gestion des affaires religieuses publiques relève des hommes de sciences et de connaissance. La problématique politique est l’affaire des politiques. Des politiques comptables devant le peuple. Il faut qu’on arrive à cette distinction.
La prospérité des mouvements religieux violents vient de la situation créée par le pouvoir. Entre les pouvoirs despotiques locaux et les tenants de la violence religieuse, il y a toujours eu une sorte de connivence tacite qui a conduit à l’étouffement de la pensée démocratique moderne. (Enfin, une vérité qui redonne de l’espoir…)

Hacen Ouali

* Mes commentaires en « bleu »

* Les contradictions en « orange »

* Le reste à votre appréciation…

Kamel pour un débat contradictoire !

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« Bouteflika, Khadafi, Assad, Saleh et Moubarak… » totalisent à eux seuls 127 ans d’exercice du pouvoir ! Le vétéran Khadafi a pris le pouvoir en 1969, le plus jeune Assad, l’a hérité de son père en 2000.
Tous s’y accrochent pour la vie…


Moubarak a 82 ans. Assad lui est âgé de 46 ans.
Ils sont tous parvenus au pouvoir par des élections truquées ou par des coups d’état !
Aucune légitimité !

Balayé par une révolution populaire après 23 ans de pouvoir, Ben Ali est le premier président à jeter l’éponge, suivi de Moubarak…

En liste d’attente, les autres suivent avec attention les différentes péripéties qui secouent le monde arabe !

 

 

A qui le tour ?

 

Liste de quelques potentats célèbres…

 

Abdelaziz Bouteflika :

73 ans, élu en avril 1999. L’ancien ministre des Affaires étrangères sous Boumediene est revenu aux affaires après vingt ans d’une « traversée du désert » passée entre Genève, Dubaï, Paris et Alger. Adoubé par l’armée, il a été élu en 1999 puis réélu en 2004.

Alors que la constitution de son pays limitait l’exercice présidentiel à deux mandats, Bouteflika a imposé une révision de la loi fondamentale en novembre 2008 pour supprimer la limitation des mandats.
Il a été réélu en avril 2009 avec le score soviétique de 90,24 %.  Malade, Bouteflika
aspire sûrement à finir ses jours à la tête de l’Etat.
Son frère Saïd ne cache pas son ambition pour la relève…


Mohamed Hosni Said Moubarak :

82 ans, élu en octobre 1981. Vice-président du président Anouar Sadate, il lui succède le 14 octobre 1981, juste après son assassinat.
Moubarak est réélu régulièrement depuis lors en 1987, 1993, 1999 et en 2005, toujours
avec des scores fleuves (+ de 80%)
Son désir de voir son fils fils Gamal 46 ans, assurer sa succession tombe à l’eau à la suite de sa démission forcée !


Mouamar El Khadafi :

69 ans est un ancien capitaine autoproclamé colonel. Il s’est emparé du pouvoir le 1er septembre 1969, à l’âge 27 ans, par un coup d’État contre le roi Idriss Ier, qui se trouvait en Turquie pour soins médicaux.
Imprévisible, le guide de la Révolution libyenne a privatisé son pays pour le transformer
en propriété familiale. Il a dirigé son pays d’une main de fer. Il est considéré par les
occidentaux comme le responsable  de l’attentat de Lockerbie en 1988 et de l’attentat
contre le vol 772 Uta en 1989 qui ont coûté la vie à 440 civils dont 196 Américains et 57
Français.


Ali Abdallah Saleh :

69 ans, porté au pouvoir en juillet 1978 après le coup d’Etat qui s’est soldé par l’assassinat des présidents Ibrahim al-Hamdi et Ahmad al-Ghashmi.
C’est le premier président élu du pays en 1999 avec 96 % des voix.
Sept ans après, il est réélu le 22 septembre 2006 avec 77,2% des suffrages.
Chez la famille Abdallah, le pouvoir est une affaire de famille.
Son fils aîné Ahmed Ali Salah général de brigade, est le commandant de la Garde républicaine du pays et des forces spéciales. Il est l’émissaire de son père dans le monde arabe. Ses trois neveux s’occupent de la sécurité nationale, des forces centrales de sécurité et de la garde présidentielle. Quant à son demi-frère, il dirige tout simplement l’armée de l’air.


Bachar Al-Assad :

46 ans est élu à 97,62 % en juillet 2000.
Le cadet des dictateurs à vie est le fils cadet de l’ancien dictateur syrien Hafez Al-Assad. (1930-2000) Bachar Assad ne semblait pas voué à la politique. Son père pensait plutôt à son fils aîné, Bassel mais celui-ci meurt dans un accident de voiture en 1994.
Hafez Al-Assad fait appel à Bachar, fraichement diplômé en ophtalmologie à Londres.
Après une formation soutenue à l’académie militaire Homs, il devient colonel en 1999.
À la mort du dictateur en 2000, le parlement syrien amende la constitution pour abaisser

l’âge minimum du candidat à la présidentielle de 40 à 34 ans.
Bachar est promu deux jours plus tard général en chef des forces armées syriennes.
Le parlement le propose président le 25 juin 2000.
Il est reconduit après sa victoire avec 97,62% de voix lors d’un référendum présidentiel

organisé le 27 mai 2007.  Il est là pour…la vie !


Saddam Hussein :

Né en 1937 à Tikrit, au nord de Bagdad est marié et père de quatre enfants.

Deux des ses fils avaient un rôle influent dans la vie politique irakienne.
Le premier, Oudaï, élu à la Chambre dans une circonscription de Bagdad était rédacteur en

chef du journal Babel, un des principaux quotidiens officiels, directeur de Shabab TV, la

télévision de la Jeunesse, président de l’Association irakien de photographes, directeur

du Comité olympique et de l’équipe nationale de football, de l’Union des jeunes et de l’

Union nationale des étudiants irakiens. Petit à petit, Qousaï, le fils cadet de Saddam, s’est vu désigné comme l’héritier, au dépends de son frère.
A l’âge de 25 ans il avait été chargé de la répression contre les Chiites, qui s’étaient

soulevés après que l’armée irakienne ait été chassé du Koweït. Après la tentative d’

assassinat qu’avait essuyé son frère en 1996, sa position d’héritier fut assurée.

Qoussaï dirigeait deux des plus importantes organisations irakiennes destinées à maintenir la domination du régime en place : le Conseil de sécurité nationale et le Comité spécial de sécurité. En 1997, il avait pris la tête des miliciens Fedayin, une unité paramilitaire créée par son frère. Qoussaï dirigeait également la garde républicaine. En mai 2001, il avait été nommé directeur adjoint des services militaires du parti Baath et commandant régional en chef. A la veille de l’attaque américaine en mars 2003, Qoussaï avait été chargé par Saddam du contrôle de quatre régions vitales, dont Bagdad et Tikrit. Les deux frères auraient été impliqués dans la lucrative contrebande de pétrole pendant l’embargo international.
Le 23 juillet 2003, Oudaï et Qoussaï, les deux fils de Saddam Hussein sont tués lors de

l’assaut de la résidence dans laquelle ils ont été localisés, aux environs la ville de Mossoul (nord de l’Irak).

 


 

François Duvalier – « Papa Doc » – ( 14/04  1907  – 21/04/ 1971)

Il fut Président d’Haïti de 1957 à 1964 soit durant une période de six (06) ans avec le soutien de l’armée et sur un programme populiste, utilisant une stratégie « pro-négritude » pour défier l’élite des mulâtres et faire appel à la majorité afro-haïtienne.
Puis de 1964 jusquà sa mort en 1971 (07 ans) il est « Président à vie » et applique un régime dictatorial. Son règne fut empreint de corruption et marqué par l’utilisation de milices privées, les tontons macoutes !
Après un coup d’état manqué à la mi-1958, l’armée est purgée et la Milice Volontaire pour la Sécurité Nationale (les Tontons macoutes) est créée. Son organisation s’inspirait des chemises noires de l’Italie fasciste.
En 1961, Duvalier réécrivit la constitution et organisa une élection à candidat unique avec 1,32 millions de voix pour lui (et 0 contre).
En 1966, il persuada le Vatican de le laisser nommer la hiérarchie catholique haïtienne. Perpétuant un nationalisme noir, cela lui permis également de renforcer son emprise sur l’île par le contrôle des institutions religieuses.
En 1970, François Duvalier malade, modifie la Constitution d’Haïti en faveur de la  succession de son fils : Jean-Claude Duvalier.
Après  13 ans de pouvoir absolu (1958-1971) le dictateur François Duvalier meurt et le lendemain, son fils Jean-Claude « Bébé doc » âgé de 19 ans, lui succéda avant d’être chassé par une révolte populaire. Le petit dictateur a régné de 1971 à 1986. Exilé en France, il projette de revenir au pouvoir grâce à des appuis extérieurs.


Rafik El Hariri est assassiné en 2005 au Liban et bien entendu, c’est son fils Saad Hariri qui lui succède…


Benazir Bhutto en 2007 a succédé à son père, le président Zulfikar Ali Bhutto à la mort

de celui-ci, et qui a été elle-même remplacée par son propre mari, l’actuel président du

Pakistan, Asif Ali Zardari, lorsqu’elle a été assassinée…en 2007 !


Karim Wade, fils du président sénégalais octogénaire Abdoulaye Wade, attend patiemment l’heure de la relève malgré l’opposition farouche de tous les Sénégalais.

 

Gnassingbé Eyadéma, ayant pris le pouvoir dans un sanglant coup d’Etat, règne sur le Togo depuis 38 ans !  En 2005, son fils Faure Gnassingbé lui succède à la tête de l’état…

 

Omar Bongo meurt en 2009 après 30 ans au pouvoir !
Son fils Ali Bongo le remplace comme président du Gabon…


Raul Castro succède à Fidel Castro qui lui a transmis les rênes du pouvoir.


T. Obiang Nguema 32 ans au pouvoir. Guinée Equatoriale.
C’est l’un des chefs d’Etat les plus puissants d’Afrique.
En 1969, son oncle, Francisco Macías Nguema élu président de la République, lui offre le

poste de commandant de l’armée et des régions militaires de la capitale. L’année suivante, grâce à son oncle, il est promu au ministère de la Défense en tant que directeur général de l’approvisionnement et de la planification. En 1975, il prend la tête des forces armées puis est nommé vice-ministre des Forces armées populaires en 1979.

La même année,il…renverse son oncle, prend le pouvoir comme président du Conseil

militaire suprême, avant d’être nommé président de la République en 1982.

C’est ce qu’on appelle « mordre la main nourricière »


José Eduardo dos Santos 32 ans au pouvoir. Angola.
Né à Sambizanga (Luanda) le 28 août 1942, il exerce les fonctions de président de la

République depuis le 10 septembre 1979. Dos Santos succède par désignation au père de

l’indépendance angolaise Agostinho Neto, mort en 1979, et devient président du Mpla le 10 septembre 1979. Pendant plusieurs années, il combattra son rival de l’Unita, Jonas

Savimba. Après son assassinat en 2002, il règnera en maître absolu sur l’Angola.


Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo, 29 ans au pouvoir. Cameroun.
Il est né le 13 février 1933 à Mvomeka’a.
C’est le second président de la République du Cameroun depuis le 6 novembre 1982.

Dès 1962, le président Ahmadou Ahidjo le désigne en qualité de chargé de mission à la

Présidence de la République dans le gouvernement.
En 1968, il est nommé ministre secrétaire général à la Présidence.
En 1975, il est Premier ministre d’Ahidjo puis devient président de la République le 6

novembre 1982 après la démission du président Ahidjo le 4 novembre 1982.


Robert Gabriel Mugabé 24 ans au pouvoir. Zimbabwe.
Il est né le 21 février 1924 en Rhodésie du Sud.
Après avoir été Premier ministre de 1980 à 1987, il est élu président de la République le

31 décembre 1987. En 1963, Mugabe, crée son propre parti, le Zimbabwe African National

Union (ZANU), avec le révérend Ndabaningi Sithole et l’avocat Herbert Chitepo.
En 2000, Robert Mugabe soumet à la population une nouvelle constitution incorporant

notamment une réforme agraire avec des expropriations sans compensation et, surtout, une amnistie permanente aux militaires et aux membres du gouvernement.
Les organisations internationales l’accusent de violation des droits de l’homme.


Blaise Compaoré, 24 ans au pouvoir. Burkina-Faso.
Ce militaire formé à l’Emia est né le 3 février 1951 à Ziniaré, un village au nord de

Ouagadougou. Il est le fondateur de l’actuel parti au pouvoir, le Congrès pour la

démocratie et le progrès. Son nom est régulièrement associé  au meurtre de Thomas

Sankara. Il a été élu président de la République en 1991, dans une élection qui a été

boycottée par l’opposition. il a été réélu en 1998, en 2005 et en 2010.
Il a pris le pouvoir le « Jeudi noir » 15 octobre 1987, lors d’un coup d’État sanglant au

cours duquel Sankara, son prédécesseur à la tête de l’État, a été tué. Compaoré a décrit

le meurtre de Sankara comme un « accident » !

Cependant, cette affirmation est largement contestée.


Omar Hassan El Béchir. 22 ans au pouvoir. Soudan.
Il  est né le 1er janvier 1944 à Hosh Bonnaga.
Il accède au grade de général dans les années 1980 et mène le coup d’État militaire de

1989 qui renverse le Premier ministre élu Sadeq al-Mahdi.
Tous les partis politiques ainsi que le Parlement sont dissous.

El-Béchir prend la tête du Conseil du commandement révolutionnaire pour le salut national nouvellement établi ainsi que les fonctions de chef de l’État, Premier ministre, chef des forces armées et ministre de la Défense avant de devenir officiellement président de la République le 16 octobre 1993. D’abord allié à l’islamiste Hassan al-Tourabi, el-Bechir le met à l’écart, avant de l’incarcérer en 1999.

 

Islom Abdug‘aniyevich Karimov. 21 ans au pouvoir. Ouzbékistan.
Il est né le 30 janvier 1938 à Samarcande.
C’est le président de la République d’Ouzbékistan depuis  le 24 mars 1990.
Il adhère en 1964 au Parti communiste de l’Union soviétique.
Les Ong présentes dans la région, ainsi que l’Onu dénoncent les tortures, le manque de

démocratie, la répression contre l’opposition politique et religieuse, le manque de

liberté de la presse en Ouzbékistan sous la coupe de Karimov.


Meles Zenawi. 20 ans au pouvoir. Ethiopie.
C’est lui qui était le porte parole de l’Afrique au sommet de Copenhague sur le

changement climatique. Meles Legesse Zenawi est né  le 8 mai 1955 à Adoua.
Il est Premier ministre depuis le 23 août 1995.  Après la chute officielle du régime du

Derg le 28 mai 1991, il devient président du gouvernement de transition jusqu’au 22 août

1995. Sa présidence sera également marquée par la sécession de l’Érythrée après

référendum en 1993 et l’adoption d’une nouvelle Constitution en 1994.

L’Éthiopie devient officiellement la République fédérale démocratique d’Éthiopie.

 

Idriss Déby Itno. 20 ans au pouvoir. Tchad.
Il est né en 1952.
Le 7 juin 1982, Habré entre dans Ndjamena avec Déby à ses côtés, poussant le président

Goukouni Oueddei à s’exiler en Algérie. Promu Lieutenant-colonel, il se rend en France où

il suit les cours de l’École de guerre inter-armées.
De retour au Tchad, il est nommé conseiller d’Habré pour la défense et la sécurité.
Le 2 décembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir son ancien compagnon

d’armes Hissène Habré après une période de lutte armée menée à partir du Soudan et le

remplace le 4 décembre avec le titre de président du Conseil d’État.
Il est ensuite désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991 après

l’adoption de la Charte nationale.


Than Shwé. 19 ans au pouvoir. Birmanie.
Il est né à Kyaukse le 2 février 1933. Il  est le plus haut dirigeant de la junte du Myanmar (Birmanie). En 1960, il est promu capitaine. Après le coup d’État qui évince lepremier ministre ministre en 1962, il continue à monter dans les rangs : Il est lieutenant-colonel en 1972, colonel en 1978, commandant du district militaire du Sud-Ouest en 1983, vice-chef de l’état-major de l’armée, général de brigade et vice-ministre de la défense en 1985 et enfin général-major en 1986. Il obtient aussi un siège parmi les dirigeants du parti du comité central exécutif. Le 23 avril 1992, il succède au général Saw Maung comme président du Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre.

Il a gardé la tête de cette institution au moment de sa seconde nomination en Conseil

d’État pour la paix et le développement en 1997.

Il a cumulé cette fonction avec le poste de Premier ministre jusqu’en 2003.

 

Issayas Afwerki. 18 ans au pouvoir. Erythrée.
Né le 2 février 1946 à Asmara (alors en Éthiopie), il est président de l’Érythrée depuis

son indépendance le 24 mai 1993. Issayas Afewerki est le secrétaire général du FPLE

depuis 1987. Lorsqu’en 1993, après près de trente ans de lutte, l’Érythrée devient

indépendante. Issayas Afewerki en devient président.


Aleksandre Lukashenko. 17 ans au pouvoir. Biélorussie.
Né le 30 août 1954, il est l’actuel président de Biélorussie.
Élu le 20 juillet 1994 et réélu en 2001 et 2006, il  est controversée en raison du manque

de liberté politique sous sa présidence. Ses détracteurs le qualifient d’autoritaire et

dictatorial.


Yahya Abdul-Azziz Jemus Junkung Jammeh. 17 ans au pouvoir. Gambie.
Il est né le 25 mai 1965 à Kanilai. Lieutenant de l’armée, il accède au pouvoir à la faveur d’un coup d’État le 22 juillet 1994, qui renverse Dawda Jawara.
Son pays, est devenu une plaque tournante du trafic de drogue en Afrique.
Le 15 mai 2008, Yahya Jammeh exige que tous les homosexuels quittent le pays.
Jammeh est classé comme un obstacle de la liberté de la presse par l’organisation

Reporters sans frontières, depuis la promulgation de deux lois restreignant en 2004 et

2005, cette liberté, ainsi que depuis l’assassinat (non élucidé) du journaliste Deyda

Hydara, un opposant à Jammeh, en décembre 2004.

 


Ces « fils de… » peuvent avoir des ambitions politiques légitimes dans un contexte démocratique. Cependant, ce qui est blâmable, c’est le népotisme, c’est-à-dire l’obtention d’un poste en fonction du nom de famille et du  parrainage…

 

 

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