defiEl Hadj M'hamed El Anka… | Coeur en émoi

 
 
Parler du Cardinal, le cheikh émérite, le père du chaâbi, est une tâche ardue ! Son parcours exceptionnel, son génie et son tempérament ont fait de lui une icône et une véritable légende…
 


 

La rue Tombouctou (Casbah)
De son vrai nom Aît Ouarab Mohamed Idir, Hadj M’Hamed El Anka naquit le 20 mai 1907 à la Casbah d’Alger, au 4 rue Tombouctou.
Sa modeste famille était originaire de Béni Djennad (Tizi-Ouzou).
 
Sa mère Fatma Bent Boudjemaâ veillait à son éducation et à son instruction.
 
Trois écoles l’accueillent successivement de 1912 à 1918 :
 
– L’école coranique de la rue Gariba (1912-1914)
– L’école Brahim Fatah (Casbah) de 1914 à 1917
– Une autre école à Bouzaréah jusqu’en 1918.
 
A 11 ans, il quitte l’école définitivement pour se consacrer au travail.
 
El Anka, un fervent mélomane
A 19 ans déjà, livré aux tourments de l’adolescence, il trouve son bonheur à la table du café Rabah charbonnier, en martelant la mesure, au rythme de la derbouka aux mains de Hadj M’rizek. C’est sur recommandation de Si Said Larbi, un musicien de renom, jouant au sein de l’orchestre de Mustapha Nador, que le jeune M’hamed obtenait le privilège d’assister aux fêtes animées par ce Grand maître qu’il vénérait. C’est ainsi que durant le mois de Ramadhan de l’année 1917, le cheikh remarque la passion du jeune M’hamed et son sens inné pour le rythme et lui permit de tenir le tar (tambourin) au sein de son orchestre.
 
Ce fut Ayad Kehioudji (Mohand Erroumi), un demi-frère de Hadj Mrizek qui le reçoit en qualité de musicien à plein temps au sein de l’orchestre pour animer les cérémonies de henné.
 
1926, l’année de tous les espoirs
Originaire d’ Ouled Bellemou à Lakhdaria (Bouira), Mustapha Saïdji, plus connu sous le nom de Mustapha Nador, est né à Bouzaréah le 03 avril 1874. Agé de 52 ans, il meurt, à l’aube du 19 mai 1926 après avoir animé une soirée à Cherchell.
 

 
El Anka prit le relais du cheikh dans l’animation des fêtes familiales. La veuve de Cheikh Nador lui remettra généreusement, à sa demande, le diwan de son défunt mari.
 
L’orchestre était constitué de Si Saîd Larbi (Birou Saïd) à la cénitra, d’Omar Bébéo (Slimane Allane) à la Cénitra (guitare), Si hacène El Kerrai au violon, de Mustapha Oulid El Meddah (violon), Yahia El Kouliane à la derbouka…
 

 
M’Hamed El Anka assis, avec de gauche à droite :
Boukema, Rachid et Chaâbane Chaouche

 
L’apprentissage
En 1927, El Anka devenu le chef de file reconnu est fort apprécié par ses pairs. Il se fait entourer de deux spécialistes : Sid-Ahmed Ibnou Zikri et Sida li Oulid Lakehal pour assurer beauté et richesse à ses textes et ce jusqu’en 1932. Le phénix enrichit son répertoire, grâce à l’héritage poétique des autres meddahine tels Bensmaïn, Driouche, Benslimane, cheikh Mustapha Nador, Maitre Saïdi, Sid Ahmed Ibnou Zekri. Il cotoie allègrement les grands poètes du Medh comme Sidi Lakhdar Benkhlou, Sidi Mohamed Ben Messayeb, Sidi Mohamed Ben Ali, Sidi Abdelaziz El Moghraoui, Cheikh Driss El Alami, El Mendaci, Benslimane
 

 
Méticuleux dans son travail, il a pris soin d’intégrer dans sa troupe les meilleurs musiciens de l’époque. À partir de 1928, année charnière de sa carrière artistique, il entre en contact avec Columbia, une grande maison d’édition où furent enregistrés 27 de ses disques. Il participa à l’inauguration de l’ENRS (ex-Radio PTT d’Alger). Ces deux événements vont le propulser au devant de la scène a travers tout le territoire national et à l’étranger
 
Avec la fin tragique du cheikh Abderrahmane Saîdi (Reghai Abderrahmane) survenue le 05 août 1931 à Alger, Boulevard Carnot près de l’hôtel Alleti, El Anka se retrouvera seul dans le genre madih ce qui le mènera en 1932, au Maroc où il se produira devant Sa Majesté Sidi Mohammed Benyoucef, à l’occasion de la fête du trône.
 
Des son retour de La Mecque en 1937, il reprit ses tournées en Algérie et en novembre de la même année, il part en France et renouvela sa formation en intégrant Hadj Abderrahmane Guechoud, Kaddour Cherchalli (Abdelkader Bouheraoua décédé en 1968 à Alger), Chaâbane Chaouch à la derbouka et Rachid Rebahi au tar en remplacement de cheikh Hadj Menouer qui venait de créer son propre orchestre.
 

 
En 1939, El Anka sombre dans la toxicomanie.
En 1942, El Anka se détourne enfin de la cocaïne…
 
En 1953, il visitera la France et l’Italie au summum de sa renommée naissante.
 
La reconnaissance et la gloire
A partir de 1946, El Hadj M’Hamed El Anka va diriger la première grande formation de musique populaire de Radio Alger, donnant naissance au « chaâbi ».
 
El Anka a enseigné le chaâbi :

  • de 1938 à 1953 à l’école El Kamendja, rue du Lézard à la Casbah.
  • En 1958, c’est dans une cave de l’ancienne mairie, boulevard Che Guevara. (ex-République)
  • En 1965, il fait son entrée au Conservatoire municipal d’Alger en qualité de professeur chargé de l’enseignement du chaâbi.

 

Il lèguera un très riche patrimoine à ses disciples :
 
« Boudjemâa El Ankis, Hassan Saïd, Amar Lachab, Rachid Souki, Rahma Boualem aux Mehdi Tamache, le défunt Kaouane, Dahmane El Kobi, Chercham, Bourdib, H’cissen, Ferdjallah et tant d’autres. »
 
Ils deviendront des chouyoukh à leurs tours…
 
Certains de ses disciples ont su se frayer un chemin par leurs singularités, d’autres par contre par facilité, se laisseront séduire dans une servile imitation de mauvais goût :
(Mehdi Tamache, Abdelkader Chercham, H’sissène Saâdi, Bourdib, Kaouane, Toutah…)
 

 
El Hadj M’Hamed El Anka a appris ses textes si couramment qu’il s’en est bien imprégné ne faisant alors qu’un seul corps dans une symbiose et une harmonie exceptionnelle. La grande innovation apportée par EI-Hadj El-Anka demeure incontestablement la note de fraîcheur introduite dans une musique qui ne répondait plus au goût du jour.

  • Son jeu instrumental devient plus captivant.
  • Sa manière de mettre la mélodie au service du verbe était tout simplement unique.

 
A titre indicatif, El Hadj El Anka a interprété près de 400 poésies (Qaçaïd) et produit environ 130 disques. Il réalisa avec Algériaphone une dizaine de 78 tours en 1932 et une autre dizaine avec Polyphone.
 
El Anka et le Chaâbi
Un genre musical que d’aucuns croient être fini ou en péril.
Le chaâbi est né au début du 19e siècle, dans la vieille Casbah.
El-Anka ne tardera pas à faire ses preuves en apportant une touche particulière à ce genre lyrique. Il se montrera très efficace grâce au “medh” dont il excelle.
 

 
El Anka et cheikh Hamada se rencontrèrent en Belgique en 1937 au cours d’un gala organisé par Bachtarzi avec la participation de la célèbre Cheikh Tatma.
 
À partir de 1940, El-Anka confirme son genre. Les “Qaçaïd” sont merveilleusement interprétées. Les mélodies sentent un air de volupté. Le style ankaoui dépassera les frontières pour se faire apprécier partout au Maghreb. A part cheikh Nador, son père spirituel, el Anka a eu à visiter plusieurs sources et ce, afin de parfaire, ce genre musical fort particulier. De là, il s’est pris de passion pour les œuvres des grands cheikhs à l’instar de Saidi Abderrahmane, Cheikha Yamma bent el Hadj el Mahdi, Ben Ali Sfindja et Saïd Derraz. Le répertoire d’El-Anka acquiert une grande audience.
 
Le chaâbi s’impose.
 
La tradition consolide les liens entre l’interprétation, l’œuvre et le public. Ce nouveau genre, ne cessa d’enrichir par des créations et des rythmes nouveaux dans la mouvance à la fois du moghrabi et de l’algérois.
 
El Anka, le virtuose.
Il fut assurément de ceux qui auront le plus contribué à la sauvegarde artistique de ces véritables chefs-d’œuvre de la littérature poétique d’expression dialectale. El-Anka adopta et mit en musique le répertoire du melhoun en lui imprimant la vivacité qui le distingue des rythmes lents, maniérés et affectés des noubate.
 
Il introduisit des instruments nouveaux, élagua les neqlabateet mit la musique et le chant magrébins au goût d’un très large public.
 
Ce nouveau genre instauré par El Anka, fera école. Le grand mérite d’El Anka est d’avoir réussi le pari de sortir le chaâbi des cafés et autres lieux de rencontre, en le rendant accessible au grand public. Il en sera le chef de file indétrônable et incontesté malgré la farouche résistance des « andalous » qui lui faisaient obstacle en le surnommant « El Haress ! » (le démolisseur) allusion au chant andalou altéré par les innovations de ce jeune prétentieux. Malgré tout, le chaâbi finira par s’imposer pro domo !
 
 
Personne ne savait comme Le maître, mettre en relief la beauté du texte en symbiose avec les notes de l’instrument. Il savait chanter l’amour courtois ou sensuel, au dela des préjugés ancestraux et mettre à nu,les tares et la vanité de la société. ( Soubhane Allah Ya Ltif…) Il savait aussi sublimer les suaves gorgées des alcôves bachiques (Gheder Kassek, Essaqi Baqi, Rah Elil ou Aâlm El Fdjer).
 

 
Il avait des fugues déconcertantes : changement de rythme, surcroît de tonus et il surfait avec une dextérité et des modulations vocales ahurissantes d’un mode à un autre ! Son interprétation quittait le pluriel anonyme pour la singularité du grand art !
 
El Anka ne connait pas le solfège. Cela ne lui a pas fait défaut.
Ecoutons-le :  » Il n’y a pas mieux que la science et la connaissance. Il faut étudier la théorie du solfège, en retenir les points essentiels, sans oublier l’âme du peuple. Mais si on harmonise un chant chaâbi, on dénature son esprit. Le solfège est un moyen, non une fin en soi. C’est une mémoire écrite pour fixer les chants de manière à en faciliter l’étude et permettre leur diffusion aujourd’hui et demain. »
 
El Anka, un homme de caractère
On le disait ombrageux, acerbe, cinglant, distant et sarcastique alors qu’il entendait seulement faire respecter son œuvre et son art. Il transmettra à la postérité ses fulgurantes réparties , ses aphorismes et les cuisantes façons qu’il avait d’éconduire les infatués et les freluquets. Il s’imposait une discipline de travail très stricte. Pour imposer le respect, El Anka avait une façon assez particulière d’agir avec certains groupes sociaux aux valeurs singulières. Le caractère glacial et impitoyable d’El-Anka remettait à leurs places, les arrivistes, les opportunistes et les importuns…
 
Le cardinal, comme se plaisaient à le surnommer ses inconditionnels, s’était fait tout seul durant la dure période coloniale.
 
Quelques exemples :
 
1/ Avec ses élèves
– Un de ses élèves, pensait avoir tout appris et se ventait d’être le l’éventuel successeur du Cardinal ! El Anka le fit venir puis lui présenta une boîte à chiquer…
Il lui ouvre la boîte et dit :
– « Sers-toi ! » C’est ce qu’il fit.
– « Tu vois, tu n’as pris qu’une pincée, regarde ce qui reste encore… »
 
2/ Avec Sadek El Bédjaoui
Celui-ci demanda au maître :
– « Pourquoi tes admirateurs sont si nombreux alors que les miens…? »
El Anka lui répondit :
–  » C’est simple, toi ta mère c’est Yemma Gouraya et moi mon père, c’est Sidi Abderrahmane ! »
 
3/ Dans la rue…
Un jeune en costume, est passé devant le Cardinal en proférant des propos indécents !
El Anka lui dit :
« Hé petit, habille-toi comme tu parles sinon parle comme tu t’habilles ! »
 
N’est-ce pas El Anka qui avait lancé cette boutade, à l’encontre de Saïd Hilmi ?
 
«Ne fais pas la tête Saïd… même un chat peut glisser !»
 
El Anka, une légende ?
En 1970, on a annoncé la mort du Phénix ! Une fausse alerte…
Certains par prétention, diront que le cheïkh s’est affaibli et qu’il a perdu de son assurance ! D’autres affirmeront que le Cheïkh est devenu un vieillard maladif…
 
« Ech- Cheft Edhib Issayed Enn’Mer, A Maâmi Labssar ! »
 
Début 1973, El Anka subit une première crise et s’en remet assez rapidement.
Septembre 1973, une deuxième crise plus grave nécessite son hospitalisation à la clinique de Cheraga pour soins intensifs…
 
On annonce encore une de plus le décès du maître du chaâbi !
Encore une fois, la rumeur a bien circulé…
 
El Anka part pour trois mois à Nancy pour une convalescence méritée.
 
De retour au pays, il reprend lentement et anime quelques fêtes familiales. Il devient sélectif. La RTA, consciente de ses erreurs passées, le sollicite mais le Maître décline cette offre tardive…
 
Et le 16 Mars 1974, la salle Atlas la plus vaste d’Alger avec ses trois mille places était archicomble à l’occasion du retour inespéré du cheikh que l’on disait mort ! El Anka apportait un cinglant démenti à ses détracteurs, avec Sobhane Allah ya l’tif, un texte magnifique de Mustapha Toumi. Une sorte de véritable anthologie en l’honneur du Grand Maître…
 

 
« Essid Imout Yak Ssid, Walou Ki Yechref » « Menou Ledhyeb Khayfa ! »
(Le lion restera toujours Lion jusqu’à la mort !) (Même s’il est très âgé, les Loups le craignent quand même !)
 
Ce fut l’apothéose. Un véritable triomphe !
 
 
Et après ?
En 1978, lorsque le Cardinal mourut, les fans et les connaisseurs du chaâbi se sont mis à se poser la question de savoir qui allait assurer la succession. À l’époque, ils étaient nombreux encore à être sur le terrain : El-Ankis, Guerrouabi, Ezzahi, Chaou, Bouaâdjadj, El-Ghobrini, Hassène Saïd et bien d’autres encore. Près de 30 ans après, beaucoup de ces derniers, ont raccroché officiellement.
 
Est-ce la fin du chaâbi ? Non, le chaâbi ne disparaîtra jamais.
 
Il est né à la Casbah mais c’est l’Algérie toute entière qui lui a ouvert les bras. De Mostaganem à Relizane le chaâbi continue d’envoûter ses admirateurs ! Les puristes retrouveront avec joie, l’empreinte des Guessoum, des Laâlam, des Domaz, des Liamine, des Guettaf qui ont su chacun à sa manière, assurer la relève et insuffler sans jamais faillir, à cet art traditionnel un regain de jeunesse dans la pure lignée de ses dignes précurseurs…
 
Non, le chaâbi ne peut pas mourir. Chaque génération a ses hommes.
 
 
La solitude et la fin
Après plus de cinquante ans au service de l’art, El Anka animera les deux dernières soirées de sa carrière jusqu’à l’aube :

  • En 1976, à Cherchell, pour le mariage du petit-fils de son maître cheikh Mustapha Nador.
  • En 1977, à El-Biar, chez une famille très proche. (Avec Boudjemaâ Ferguène, Smaïn et El Hadi El Anka au piano)

 

 
En salle de réanimation de l’hôpital Mustapha, vers trois heures du matin, Il meurt le 23 novembre 1978, à l’âge de 71 ans, dans les bras de son jeune fils El-Hadi. Il est enterré au cimetière d’El-Kettar où reposent déjà Maâlma Yamna, Rachid Ksentini, les frères Mohamed et Abderrezak Fekhardji, Mouhieddine Bachterzi, Hadj Mrizek, Mohamed Zerbout, Fadhéla Dziria (Fadhéla Madani), El Hadj Noureddine, Khelifa Belkacem, Omar Mekraza…
 
 
En cas de recopie complète ou partielle (texte ou photos), veuillez préciser s’il vous plaît la source en mettant un lien direct vers le site. Respectez les efforts de l’auteur qui ne demande rien en retour. Merci !
Http://goutdemiel.com
 
 

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34 réponses à to “El Hadj M’hamed El Anka…”

  • mr douhi abdelhamid:

    El Hadj M’Hamed El Anka restera gravé dans nos mémoires, Allah yarahmou

  • goutdemiel:

    Oui, Abdelhamid !

    El Anka est inégalable ! Irremplaçable ! Ni le « Relizani » ni personne d’autre !
    Cheïkh M’Hamed était le génie de son époque dans le domaine de la musique…
    Ce qui est vraiment important, c’est qu’il croyait vraiment en ce qu’il faisait ! Il en était pleinement convaincu malgré toutes les embûches et tous les obstacles des conservateurs « andalous » !
    Le chaâbi s’est imposé. Il est là. Il existe, grâce à la persévérance du cheikh M’Hamed El Anka (Rahimahou Allah) Merci, mon frère pour ta visite et pour ton commentaire.
    Kamel

  • abdelkaderbendameche:

    yaatik essaha Kamel cette contribution est bien documentée et juste el anka est un monument culturel et artistique de notre pays

  • goutdemiel:

    Merci mon frère !

    Venant de Mr BENDAMECHE AbdElKader, je suis très touché par ce compliment ! Droit au cœur, merci mon frère…

    Pour nos amis, Monsieur Bendameche est le commissaire du Festival national de la chanson chaâbie et l’auteur entre autres, d’un ouvrage sur « Les grandes figures de l’Art Musical Algérien » ! Il est né le 26 septembre 1949 à Mazagran dans la wilaya de Mostaganem.
    Il est diplômé de l’école nationale d’administration et cadre supérieur au ministère de la Culture. Il est aussi membre du Conseil national économique et social (CNES) et professeur du patrimoine culturel. Monsieur Bendameche est aussi producteur d’émissions de télévision. Il a été président du Conseil national de la musique…Chanteur chaâbi, Abdelkader a consacré plusieurs ouvrages principalement au patrimoine comme « L’œuvre réunie d’El Boudali Safir », « Histoire de Mostaganem », « La troupe artistique du FLN (1958-1962) », « Constantine (2005) » ou encore « Mahboub Bati l’artiste et la légende (2006) ». C’est encore lui, qui est à l’origine des coffrets consacrés aux maîtres de la chanson algérienne et qui contiennent en CD, les principales œuvres d’El Anka, Guerrouabi, Ahmed Wahbi et bien d’autres…

    C’est un grand honneur pour moi, mon frère ! Merci pour cet encouragement…

    J’espère que ma proposition concernant notre frère AbdAllah Guettaf tient toujours !

    Cordialement. Kamel

  • snoussi ali:

    cher ami merci beaucoup pour cet article plus que complet. ma question s’adresse à vous mais aussi à notre ami si abdelkader bendaamache: pourriez vous me donner plus d’informations sur les voyages de cheikh el hadj mhamed el anka au maroc et les villes qu’il a visitées et surtout ses contacts et amis artistes du melhoun ou moghrabi au maroc. enfin un vieux oujdi m a dit que cheikh anima un grand mariage à oujda pendant les années 40 avec cheikh hamada dans la meme soirée et ajouta que entre deux chansons cheikh fumait beaucoup
    merci

  • Salam Khouya Ali,

    Merci pour les compliments !
    J’ai contacté notre frère AbdaelKader Bendameche et je lui ai transmis ton message.
    Tu dois patienter un peu, mon frère car monsieur Bendameche a d’autres préoccupations mais je suis sûr qu’il fera le nécessaire…
    C’est un homme de haute culture, vérité oblige !

    Je lance un appel à tous ceux qui pourraient apporter de nouveaux éclaircissements, concernant les contacts, voyages et fêtes que le Cardinal aurait animé au Maroc, ce grand pays frère et grand terroir, d’illustres chantres du melhoun !

    Merci mon frère pour le commentaire et pour ton passage…

    Fraternellement.

    Kamel

  • ali:

    merci surtout à toi khouya si kamel , pour cet article original que j’ai transmis à plusieurs associations ici chez au maroc , en particulier à marrakech et salé ou el hadj allha ayrahmou est tres tres aimé puis à fes , rabat et oujda bien sur. el hadj avait eu des différents avec safir boudali rahimahou allah car ce dernier ne voulait pas trop que el hadj chante surtout des poemes marocains du malhoun en délaissant un peu les poemes des benmsayeb , bentriki , ben sehla etc ; el hadj expliqua avec beaucoup de certitude que les structures poetiques du mahoun marocain étaient les mieux adaptées pour le genre musical qu il était déja entrain de révolutionner; encore une fois ma question s’adresse à toi et si abdelkader oustadouna , auriez vous plus d’informations concernant cette querelle disons musicale entre el hadj et safir boudali? enfin ici au maroc les amoureux de el hadj el anka ne comprennent toujours pas pourquoi est ce que les responsables à la RTA amputaient et amputent toujours la partie qui concerne feu sa majesté le roi Mohammed V dans la chanson du cheikh el hadj el anka  » al hamdou lillah ma bqach isti3mar fi bladna » et à ce sujet pourriez vous m’envoyer le texte complet de cette chanson et le nom de l’auteur si il ne s’agit pas de el hadj el anka lui meme puisque je crois avoir reçu un mail d’un ami algérois me disant que c’est le grand poete mostfa toumi auteur de sobhane allah ya ltif qui l’a écrite.
    allah yahfadkoum khouya kamel wa salami li si abdelkader bendaamache
    akhoukoum ali

  • Salam khouya Ali,

    Merci pour ton obligeance et ta grande gentillesse…
    Droit au cœur, mon frère !
    Nos sincères salutations et notre indéfectible amitié à nos frères marocains.
    Merci encore une fois de plus pour toutes ces démarches hautement significatives et de ton soutien désintéressé pour le renouveau du melhoun et surtout la vulgarisation des richesses de notre terroir !
    Je n’ai pas entendu parler de ce différent entre El Anka et Boudali, en tout cas pas à ma connaissance même d’après les quelques recherches sur le sujet…
    Safir Boudali, avait dirigé la RTA et c’était un admirateur du Cardinal auquel il avait apporté tout son savoir et son aide. El Anka était un précurseur dans le domaine et même s’il avait déjà fait ses premiers pas à la bonne école, en autodidacte avéré il avait su trouver le bon chemin, le juste milieu entre le classique genre Abderrak Fakhardji, Mohamed Khaznadji ou Bheidja Rahal et le style andalou, (Alger, Tlemcen et Constantine) jugés trop académique et surtout réservés aux initiés d’une classe d’intellectuels conservateurs !
    El Anka donna tout d’abord à son style, un rythme adéquat différent des autres formes de la musique dite andalouse.

    Il innova en introduisant un instrument de choix : le mandole !
    Puis, il procéda à l’élagage de ce qui était pour lui, du superflu : Daira , Mestekhber, Mçedder, Btayhi, Derj, Touchiat el inçirafate, Inçiraf, Khlass et Touchiat el Kamal !

    Il établit donc une codification très simple à la portée de TOUS (initiés et profanes) ! Il simplifia la prosodie et la syntaxe des mots sans toucher à l’essence même du texte !

    Tout doit commencer pour El Anka, par une TOUCHIA (qui est le mode annoncé) puis généralement un Kreyssi(diminutif de KOURSI – chaise) ensuite on enchaine avec des insirafs du même mode ! Le Mkhilass lui, fermait la 1ère partie. (Prélude ou prologue)

    Sur le même mode, des chants (Ghazl ou religieux selon le milieu ou l’appréciation du chanteur) ouvrent la 2e partie du répertoire chaâbi (nommé ainsi par Safir Boudali en 1964 (?) ) On termine par un mkhilas (pas obligatoire) ! Plusieurs séries de chants de différents modes sont permis et la soirée avance sur un air de fête !
    La 3e partie (la dernière), débute vers la fin de la nuit (dernier tiers) par une Touchia la plupart du temps (l’artiste se repose un peu…) puis on enchaine avec des « Sobohis » (des matinales) et les fameuses incantations de l’au revoir (c’est la fin d’un répertoire chaâbi)

    Les puristes du chant andalous ont TOUS crié au sacrilège devant une telle audace et ont surnommé le Cardinal, « El Harras » (Le Massacreur) lol

    POur Bensahla, Bna Msayeb, il me semble qu’ils étaient versés dans un 1er temps dans le domaine exclusif du « Ghazl » ! Leurs textes étaient surtout propres au « Hawzi » et au « 3roubi » et c’est ainsi que M’hamed El Anka, s’en détourna…
    Après ses déboires avec « sa Aïcha » et son pélerinage à la Mecque, Bna MSayeb revint au Medh et au texte religieux !

    El Anka s’intéressa alors à quelques textes, devenus célèbres…

    – EL Horm Ya Rassoul Allah
    – Marit Fel Mlah « Nari w’qourhti We Sbeb El Qelb El Hzine Aï Sidi, AâmH’oudj Chaftou Aâïnya »
    – Mahboubi Zah’we El Khattar « Mawfachi Tolbi »
    – Yal Ouahdani
    – Zora Ya Aâchqine Zora

    Pour le reste, j’attends que notre frère Bendamache me réponde alors j’en profiterais pour lui faire part de toutes ces questions restées en suspens !

    Nos amitiés à tous nos frères là où ils sont, sans exception aucune !

    Allah Yahafdhak, akhi Ali.

    Tu peux aussi consulter si tu veux, deux autres articles traitant du domaine du chaâbi :

    http://http://goutdemiel.net/?p=2838
    http://http://goutdemiel.net/?p=3689

    Marhaba Bik Fil Djazaïr Waqta Ma B’ghit, ya Akhi El Karim…
    Ma maison est la tienne !

    Kamel

  • El Anka, a des chansons merveilleuses !

  • ali snoussi:

    cher frere et ami sidi kamel
    merci et mille merci pour tout absolument tout!
    effectivement je suis un marocain amoureux et tres attaché à tout ce qu’a fait sidi mhamed el hadj al anka rahimahou allah. les raisons sont tres diverses et nécessitent des dizaines de pages , retenons juste que el hadj a su grace à son génie etre à l’écote de l’ame nord africaine avec ses composantes amazihes et andalouses et ses deux enfants terribles que son melhoun et chaabi. el hadj a beaucoup souffert et c’est normal surtout quand un artiste décide de ne jamais perdre sa dignité !!! el hadj a vécu une bonne période de sa vie à essayer de servir son art , subvenir aux besoins de sa grande famille et surtout ne jamais perdre un yotta de sa karama et de sa fierté, peut etre que des responsables malveillants ont cherché à l’atteindre dans ce registre, bref , c’est un grand parmi les grands et les grands souffrent et font souffrir . malheureusement les marocains qui l’ont connu sont vieux maintenant et le manque de contact artistique entre le maroc et l’algérie fait que tres tres peu de marocains se souviendront de lui lil assaf!!!
    il y a une partie de son chef d’oeuvre  » el khazna el kbira » enregistrée à la télévision en 1967 en compagnie de si abdelghani belcaid , moh à la guitare , mahboub bati au luth et bien d’autres ; cette partie est un « goubahi » en mode çika : ya el hadra zidou fi slate saheb el khatem wa el maaraj » qui me semble ne pas faire partie du poeme de sidi lakhdar benkhlouf de « el khazna » , je serai tres heureux de recevoir le texte et l’auteur de « ya el hadra zidou fi slate saheb el khatem »
    qui sait un jour nous recueillerons en semble sur la tombe de el hadj inchallah et toucherons de nos propres mains les instruments de el hadj si son fils si el hadi nous le permettrait un jour . le maroc est aussi votre second pays cher ami et frere et tu es aussi le bien venu .
    hafidakoum allah
    akhoukoum ali

  • Salam Masker,

    Je m’excuse pour ce retard car j’étais un peu malade (une grippe carabinée…)
    Merci pour ce commentaire. Oui, effectivement, El Anka a chanté de très belles chansons !
    Merci l’ami…

  • Khouya Ali, mes salutations les meilleures et mon amitié la plus sincères !

    Salam Allah äleykoum…

    Je m’excuse pour ce retard car j’étais un peu malade (une grippe assez sévère)
    Je suis bien heureux de te lire…

    Oui, tu as bien raison, mon frère ! Peut-on résumer la vie et l’œuvre du Cardinal en quelques lignes, quelques livres, quelques films ou feuilletons ? Impensable…
    C’est un monument du châabi. El Anka ne se résume pas ! El Anka se consulte…

    Merci pour toutes ces remarques si instructives et si pertinentes.
    Le Maroc est un pays frère, personne n’en doute, mon frère…
    Peut être qu’un jour, nous irons ensemble visiter sa tombe et pourquoi pas rendre visite à son fils El Hadi…tout est possible, mon frère ! Seule, l’intention compte !

    Voici la qassida « Yel Hadra Zidou Fi Slate Sahab El Khatem Wel Mîiradj… »
    de (Mohamed Ben Ali Ould Errezine)
    Remarque:

    Il y a une deuxième : الحضرة كثرو بالصلاة على شارق لنوار طه سيد لبرار نور ابصاري
     » Yel Hadra kathrou be Slate Âala Chareq Lenouar, Tah’a Seyed Labrab Nour Ebsari » (El Mendaci)

    Yel Hadra :


    يا الحضرة

    للشيخ محمد بن علي ولد الرزين

    خمــــاسة

    يا الحضرة زيدوا في صلاة صاحب
    الخاتم والمعراج
    طه كوكب الأبراج قرة غناجي
    شفيعنا في يوم الحر الشديد
    وهراجه
    بيت

    يا هراجي من تهراجي قوى زعاجي
    و عقلي راج
    هايج هيجة المحتاج هايج تهياجي
    للنبي شقت و هجت أهل الهوى
    هاجوا
    بيت

    من فلاجي طال علاجي قصر راجي
    والساكن هاج
    نضرم جمري لهاج هيّج مهاجي
    للحبيب عليجه بالسبيل من
    هاجوا

    ريال
    الصلاة على زين الفلجة /إمام الورى روح المهجة/ مكمل الحاجة
    لأمته ظل بالغاجة/ بالكرايم لأمته جاء/ عز المنتجى
    سعد من هو في حماه نجى/ ذاك فيذي و ديك نجي/ في زوالغه ناجي

    بيت

    نور داجي طب رهاجي ضياء سراجي
    سيد الأنتاج
    مول الحلة والتاج غاية علاجي
    شامخ القدر الشافع الورى
    بتفراجة
    بيت

    نعم ناجي طب علاجي كل هاجي
    مدحه مسراج
    يسلك النساج يوم الهراجي
    في مديح الهادي طب العليل و
    علاجه

    ريال
    في مديح الهادي تفريج/ يا العاشق في مدحه هيج/ و فوز بهياجة
    شرفه في بيات التنسيج/ لا غنى تضحى ليه حتيج/ يوم الهراجة
    سال بين أرباب التنسيج/ قل لهم ذا الشغل نسيج/ عابد الهياجة
    بيت

    يا الهاجي في ترواجي لا تحاجي
    بشرع السماج
    ديباج حلة الدياج من نسل ديباجي
    بالمديح تعنى وترك زعيج و
    زعاجه
    بيت

    من نساجي صغت نساجي بخط باجي
    يعجب من هاج
    جوهر صافي مبهاج من الذهب ساجي
    قال محمد في ختيم الأبيات و
    نساجه
    نمــــــت

    Allah Yahafdhak, ya khouya Ali.
    Tahyatna Li Ah’l El Moughrib…

    Kamel

  • ali:

    sidi kamel hafidak allah wa chafak min koulli bass
    comment te remercier cher frere et ami
    salami likoulli al ahbab
    akhoukoum ali

  • Ya Khouya Ali, Allah Yahafdhak…
    Ben, pour me remercier, c’est très simple :
    -Tu passes le grand bonjour à tous nos frères au Maroc !
    -Tu passes de temps à autre et tu nous donnes de tes nouvelles !

    La Tenssana Bi Edouâa Essalah, Ya Bnel Ossol !

    Merci mon frère

  • ali:

    Ana sidi kamal tarani bi 3ayn al kamal , je prie Allah qu’il te donne santé et imane et protége tes proches et nos deux peuples algériens et marocains, je prie Allah que la fraternité, notre histoire commune et nos origines communes prennent le dessus sur la politique et qu Allah nous permettent de continuer à alimenter notre histoire et destin commun dans l’intêret de nos deux nations et grands peuples .

    Sidi kamal est-ce que cheikh sidi el hadj el Anka a chanté « El harraz » ou non ?

    Salami li koulli al hbab et Allah yaraham achoouyoukhs
    ton frère Ali.

  • Allah Ybarek Fik, Ya khouya Ali wa Fi Ahiba’Ina Fil Moughrib El Aziz !

    Merci pour ta grande gentillesse et ton affabilité !
    Je dirai aussi « Amine ! »

    A ma connaissance, El Hadj M’Hamed El Anka, n’a jamais chanté « El Harraz » du moins en public ! Son élève, Abd-El-Kader Chercham en a fait une de ses favorites et l’a chantée à merveille…

    Merci khouya Ali, Wa 3Aleykoum Essalam Wa Rahmatou Allah !
    Allah Yarham H’oum Wa Djamiê El Mouslimina Wel Mouslimate…

    Ton frère Kamel.

  • ali:

    sidi kamel je te souhaite santé et bonheur sur tous les plans pour 2014 et un bon aid mawlid nabaoui , à cette occasion bonne écoute de khazna lakbira de sidi el hadj mhammed el anka allah ayrahmou oua aysaknou fi jannati8i aaaamine
    akhouka ali

  • Salam khouya Ali,

    Merci pour tes vœux si sincères et fraternels…
    Je te souhaite à mon tour, une année de réussite, de prospérité et de santé ainsi qu’à tous les musulmans du monde entier…

    C’est très gentil à toi, mon frère !

    Mouloud Nabawi saîid, koul âame Wa Entoum Bi Alf kheyr…

    Merci ! Amine…

    Kamel, ton frère.

  • On a souvent tendance à lire qu’après la mort du virtuose cheikh saïdi , el anka se trouvera seul dans le genre m’dih. En réalité, il y avait beaucoup de meddah à cette époque comme Mustapha Driouèche, El Ounas Khmissa, Mohamed Essafsafi, Saïd Derrar, Ahmed Mekaïssi, Saïd Laouar mais les maisons de disques coloniales les ont ignorés. A part le meddah – Malek Saïd – qui a laissé 04 enregistrements et qui sont toujours gardés par la phonothèque de la radio Algérienne. Même les artistes professionnels comme Hadj M’rizek, Hadj Menouar ont très peu de disques Alors que Khélifa Belkacem n’a même pas laissé de disque. Dans l’une des réponses de notre ami Kamel, il dit que pour El Anka, daïra, mceddar, btayhi et daraj étaient du superflu. Pour être honnête, il faut dire qu’El Anka était avant tout un Meddah et non pas un maître de la musique Andalouse.
    El Anka a remis le m’dih au goût du jour grâce à son talent et sa jeunesse. N’oublions pas qu’au moment du décès de cheïkh Nador, El Anka qu’on appelait – m’hamed el meddah- n’avait que 19 ans. Il avait sans nul doute une autre vision du m’dih qui ne correspondait pas à celle des anciens meddah . N’oublions pas qu’à ses débuts El Anka se produisait dans les fumeries où son auditoire était constitué surtout par les jeunes de sa génération.

  • Salam Sohib,

    Non, disons qu’El Anka était le précurseur et que par ses idées originales et sa façon de jouer, il faisait de l’ombre aux autres et à tous ceux qui semblaient « figés » dans le notoirement connu…
    El Anka était un génie dans son genre même si étant « Meddah », certains n’avaient point hésité à l’affubler à titre dérisoire de « Cheikh El Harras » !
    Je suis vraiment heureux mon cher Sohib de voir que tes connaissances sont quand même très respectables sur le plan musical et historique…tous ces meddahs que tu énumères me sont inconnus et je suppose que ceux ne sont pas leurs vrais noms ! A part, les professionnels et Khelifa Belkacem mort accidentellement à la fleur de l’âge en intervenant dans une rixe !
    Oui, mon cher Sohib, tu as bien raison. El Anka n’a jamais été un maître de la musique Andalouse…
    Il s’en est inspiré !

    Il faut bien partir de quelque chose ?!

    Le style d’antan, étant ce qu’il était, El Anka n’avait pas hésité à remodeler ce qu’il avait sous la main, en procédant aux différents élagages qui donneront vie à un style épuré, vif et propre à sa propre vision ! La Casbah regorgeait de « Mahchachate » ! C’était une époque très dure…
    El Anka avait fait l’essentiel ! Le châabi venait de naître…

    Merci Sohib !

    Très heureux de te lire, mon frère…

    Kamel

  • Bonjour,
    El Meddah Malek Saïd (qui est son véritable nom) a enregistré 04 chansons en 1924 (du vivant de cheïkh Nador) et parmi ces chansons laazeb ou lemzaoudj. Même Abdelkader Bendamèche a diffusé les chansons de ce fameux Meddah sur les ondes de la chaîne3. L’orchestre de Malek Saïd ressemble à celui de rachid el ksentini c’est-à-dire avec très peu d’instruments à cordes. Comme on ne sait pas comment le reste des Meddah des années 20 jouaient alors il vaut vieux ne pas s’embarrasser de conjectures. Vous dites qu’El Anka, s’est inspiré de la musique Andalouse mais i tous les musiciciens Algérois se sont inspirés des modes andalous pour leurs compositions. Les gens de L’andalou l’ont appelé  » Cheïkh El Harras  » le jour où il a commencé à s’intéresser aux Touchia et insirafat. En introduisant Touchia et insiraf, El Anka a sans doute voulu étoffer le m’dih. Pour moi, El Anka reste avant tout un grand styliste. C’était un artiste rigoureux et un instrumentiste hors pair sans oublier sa diction singulière.

    Ce qui suit ce sont les oeuvres déposées à la SACEM Française, où apparaît le nom de Said Malek.

    EL KHALEK LAABAD
    Compositeur : Ali CHABRI
    Auteur : Abdelkrim DALI ALI
    Arrangeur : Said MALEK
    ISWC : T-900.778.703.3
    YA NASS DJARETLI GHARAIEB
    Compositeur : Mahiddine BACHETARZI
    Auteur : Said MALEK, Joseph KESPY
    BOU SALEF MERIEM
    Auteur : Joseph KESPY, Said MALEK
    ISWC : T-900.754.938.4
    EL BLA FEL KHOLTA
    Compositeur : Mahiddine BACHETARZI
    Auteur : Said MALEK, Joseph KESPY
    ISWC : T-900.756.433.2
    YA EL CADI
    Compositeur : Said MALEK, JEAN ESTANG, Mohammed HALO, Areski CHAIB
    ISWC : T-902.687.043.9
    YOUM EL DJEMAA KHERDJOU
    Compositeur : Said MALEK
    Auteur : Joseph KESPY
    ISWC : T-900.763.317.2

  • Je connais cette chanson depuis longtemps déjà !
    « Sobhane Allah Ratt 3ayni, Fi N’Har El Youm Ya Slam (Islam-Mouslimine)
    Qoudami Sar Chi Khsam
    Bine El Âazeb Wel M’Zawedj
    Ki Âdou Fel M’lawma (M’Khasma…)

    Voilà de tête, j’ai retenu le refrain ! (Khmassa)
    Pour le reste, ce sont des textes assez connus des mélomanes…

    J’ai eu le grand plaisir de discuter avec le regretté Abdelkrim Dali au TNA, à l’occasion de l’accessit d’un ami, chanteur et membre d’une association de la musique andalouse ! Un grand monsieur ce Dali (Allah Yarhamou) qui mémorisait disait-il plus de 600 Qacida…
    Grâce à El Anka, le châabi a eu ses lettres de noblesse !
    Abdelkader Bendamèche est un mécène qui aime le châabi et qui fait tout pour le valoriser et le pérenniser. Nos sincères salutations à notre frère Bendamèche !

    Merci khouya Sohib pour ces précieuses informations très enrichissantes…

    Au grand plaisir de te relire, mon frère !

    Kamel

  • Merci infinimenet pour cet excellent article sur le ténor m’hamed El Anka, dommage qu’il nécessite beaucoup de mises au point historiques il apporte par ailleurs beaucoups d’élements et d’éclairages nouveaux.
    La biographie de Rabah Sâadallah est je pense la seule et la plus compléte!
    encore tous nos encouragement pour cette maniére qui nous manque fortement.

  • Salam khouya Mohamed,
    Saha Syamkoum…
    Merci pour ton passage. En fait, rien n’est parfait ! J’ai eu beaucoup de mal à trouver des informations authentiquement crédibles. J’aurais bien aimé lire cette biographie mais hélas, il ne m’a pas été donné de trouver les bonnes références…où puis-je trouver ce livre ?

    S’il y a des lacunes, je serai bien heureux de les combler. Faites-moi signe mon frère…

    Merci pour vos encouragements !

    Taqabala Allah mina wa Minkoum, Essyam wel Qyam…

    Kamel

  • Kouider Gendouze:

    Salam ,
    je viens tout juste de découvrir ce merveilleux web site et je vous dis bon continuation.

    je voudrais ajouter une autres version de l’histoire que vous mentionner:
    Quelques exemples :
    1/ Avec ses élèves
    – Un de ses élèves, pensait avoir tout appris et se ventait d’être le l’éventuel successeur du Cardinal ! El Anka le fit venir puis lui présenta une boîte à chiquer…
    Il lui ouvre la boîte et dit :
    – « Sers-toi ! » C’est ce qu’il fit.
    – « Tu vois, tu n’as pris qu’une pincée, regarde ce qui reste encore… »
    =========
    La version que j’ai entendue et celle qui a eu lieu entre le maitre Sfinja et un des ses diciples. La boite n’etait pas une boite de chique mais de « nefaa » qui etait repondue dans ce milieu.

    Je ne pense pas que le Cardinal chiquer (Chemaa).
    Mais j’ai entendue une version equivalent ou un des eleves du cardinal qui faisait parti de son orchestre , avait commencer a animer les fete familiale avec son propre orchestre. Une fois le maitre etait entrain d’animer un mariage quand il remarqua l’eruption de l’eleve sa soiree terminee est venue apprecier le maitre. El Anka le voyant a entame « Chouffe Enakab dja a room adkhaki, ma kra laakouba wa hacel fi majaless lechiekh… ». l’histoire nome Hassisen Sadi comme etant l’eleve. Wa Allah aalam.

  • Daboudj:

    Bonjour,
    Pour ce qui est du livre de Feu Rabah Sâadallah, il me semble que c’est un ouvrage de référence, dont le tirage malheureusement était limité,un de mes livres de chevet.
    Par ailleurs,il me semble que certaines photos,sur cet article sont tirés de ce-dit ouvrage.
    Bonne continuation.
    Daboudj

  • Kouya Kouider, salam Allah 3aleyk…

    Heureux que mon site, t’ait plu ! Merci pour ton passage.
    El Anka est une icône dans l’anthologie du chaâbi…il est incontournable ! Son empreinte est indélébile.
    El Anka a établi les règles du chaâbi et a tracé les voies de cette nouvelle école à l’instar de l’Andalous, du Hawzi et autres genres musicaux traditionnels.
    La personnalité du cheikh El Anka est si controversée, qu’on lui prête parfois des anecdotes qui sortent de l’ordinaire…
    Certains le présentent comme un personnage assez rusé, qui utilise les calembours, les jeux de mots et la moquerie…
    Il est bien vrai qu’El Anka est issu de la vieille école ! Les gens de sa génération ont presque tous disparu. Que reste-il ? C’est le dernier des Mohicans ! Il est assez fier de lui-même et ne supporte pas l’indécence de cette nouvelle génération qui n’a rien vu et qui n’a connu aucune souffrance !

    El Anka remet placidement les gens à leurs places véritables. Il est très modeste et n’aime pas les opportunistes de tous bords.

    شوف النقاب جاء يروم فخاخي**في الزراب صاب وساخي
    ماقرى لعقوبة وعماه رب الورى واحصل في مصيدة الاشياخ
    وبقى لا بيض لا فراخ

    « Chouf ennekab Dja Irom Fkhakhi : Fi Ezrrab Sab Awssakhi
    Ma Qra Laâqouba W’Eaâmah’ Rab El Wra : Wa Hssal Fi M’sayd El Chyekh
    W’e Bqa La Bidh, La Frakh…

    Avec mes amitiés

    Kamel

  • Bonsoir Daboudj,
    Il y a bien longtemps déjà, depuis le décès de notre frère et ami AbdAllah Guettaf…
    Je suis vraiment très heureux de te relire, toi l’enfant de notre chère Casbah ! Très honoré…
    Oh, tu sais que pour les photos, c’est une vraie jungle ! On ne sait vraiment pas à qui appartiennent ces photos.
    Mon passe-temps favori, c’était les bibliothèques. Plus maintenant !
    Je n’arrive pas à trouver, des livres de référence et je suis obligé de faire des recoupements pour essayer de trouver parfois l’origine de certaines informations concernant le chaâbi ou la biographie d’un chanteur donné ! Si tu as quelques livres, je serais très intéressé…
    C’est mon passage dans le monde du chaâbi qui a été pour moi, une référence puisque j’ai pu côtoyer de grandes figures du chaâbi et me familiariser avec les textes de Qassayd très originales telles que :

    La N’ôud Fraq El êuchaq Ya l’Merchouq
    Bâad Ma ânaqni Taânaq El Merchouq !

    ou

    Nassek Ya Dheret El M’Hassen A’ Loughzal Zh’iro
    Semaouek Ya H’lal îidi Milati Ezah’ra
    Wana, Ya zah’r Ezh’ari, Semitek Tadj El Bh’a Ezh’or !

    Un trésor inestimable de notre terroir ! On ne peut citer tous les textes du melhoun ! Impossible…

    « Mel Djefni yebki be dameê Lil We N’Har
    Mal Djefne Hbibi, Sahi Mné dmouêe »

    Ce Bit ou Syah est un bijou dans le genre.

    Porte-toi bien mon amie.

    Mes amitiés

    Kamel

  • Kouider Gendouze:

    Merci Khouya Kamel de ta réponse et surtout de la version correct de l’khmassa.
    Kouider

  • Salam khouya Kouider,

    De rien, mon frère ! Tout le plaisir est pour moi…
    Heureux de te relire.

    Merci pour ton passage.

    Kamel

  • noureddine demil:

    c’est au hasard d’un détour que je suis tombé sur ton site que j’ai bien apprécié. je suis tenté de me manifester pour te dire que je suis entrain de rédiger un livre sur la vie algéroise(sociologie, psychologie, anthropologie, histoire, civilisation, tradition, urbanisme); Il ne s’agit pas d’un livre savant. Je raconte Alger simplement. Je parle notamment de la basse casbah ou le chaabi avait vu le jour, comment, et quels ont été les mécanismes en œuvre dans sa naissance. Je n’aime pas qu’on parle de fumeries ou de Mehchachate comme si c’tait des lieux » underground  » ou tous les drogués d’Alger venaient se défoncer. le chaabi est né dans le café Malakoff(Rue du vieux Palais, rue parallèle à la rue de Bab el Oued) ou tous les grands Maitres de la musique classique venaient se produire. M’nemeche l’avait inauguré en 1862. Mohamed Sfindja son disciple prit le relais après son retrait de la scène artistique . Le maitre Nador perpétua la tradition par la suite. C’était dans ce café que l’hadj venait assister à ses soirées en pensant qu’un jour il fera partie de son orchestre. Après le décès brutal de Nador, El Anka fut désigné par les musiciens pour assurer le rôle de chanteur du Medh dans la troupe de Nador. El anka avait géré une première fois(40-45) ce café ou Mrizeq était un élève, et qhiwdji son demi-frère organisait les orchestres et les agendas des chouyoukh pour les fêtes familiales. M’rizek l’avait géré de 45 à 55 ou tous les Maitres venaient se produire (M’newer, Khlifa Belkacem et m’rizeq lui-même. Mes parents habitaient Malakoff Juste au dessus de la terrasse du café. Mon père fréquentait le monde qui entourait l’anka.
    Plus tard je suis devenu son coursier attitré. je lui achetais les cigarettes(4 paquets de cigarettes Gitane, c’était un gros fumeur, c’était la cigarette qui l’avait tué). Je lui achetais aussi les journaux(Moudjahed et echhaab). Un jour, il voulait testé mon niveau scolaire, il m’avait fait lire un encadré dans El Moudjahed ou il était question de la guerre du Cambodge. appréciant ma production, interpela mon qui n’était pas loin et lui dit » ton fils est »qafez » en matière scolaire(j’étais en CM2), sa voie, c’est l’école, ne le lâche pas, il deviendra quelqu’un. Aujourd’hui, je suis médecin spécialiste dans les troubles du comportement chez l’enfant en profession libéral à Paris. Mon destin s’est-il joué à ce moment là? . On lui attribue beaucoup d’anecdotes souvent fausses, sur son caractère, son insolence, sa suffisance, son arrogance. Moi je peux témoigner de ce qui est vrai et de ce qui est faux. ce que je retiens de lui en tant qu’être , c’était son attitude paternelle, avenant et tendre. Par rapport aux courses que je lui faisait, il ne m’a jamais récompensé en argent. c’était toujours des gâteaux du café(croquet, croissant ou youyou accompagné d’un fraise(lait grenadine) . El Hadj avait racheté ce café en 74 de la famille de M’rizeq décédé en 55. Il l’a géré jusqu’à sa mort en 78. Mon livre s’intitulera « Alger, les fantômes de la cité »,A bientôt. Noureddine

  • Salam khouya Noureddine,

    – c’est au hasard d’un détour que je suis tombé sur ton site que j’ai bien apprécié.

    ===>Merci mon frère, à ton service…

    – je suis tenté de me manifester pour te dire que je suis entrain de rédiger un livre sur la vie algéroise(sociologie, psychologie, anthropologie, histoire, civilisation, tradition, urbanisme); Il ne s’agit pas d’un livre savant. Je raconte Alger simplement. Je parle notamment de la basse casbah ou le chaabi avait vu le jour, comment, et quels ont été les mécanismes en œuvre dans sa naissance.

    ===>Une très bonne idée, venant d’un enfant de la basse casbah…

    – Je n’aime pas qu’on parle de fumeries ou de Mehchachate comme si c’était des lieux » underground » ou tous les drogués d’Alger venaient se défoncer.

    ===>C’est un cliché assez commun que l’on avait collé au chaâbi contrairement à l’Andalou que l’on présentait comme l’expression d’une honorable caste. Il y avait quand même une certaine part de vérité…

    – le chaabi est né dans le café Malakoff(Rue du vieux Palais, (rue parallèle à la rue de Bab el Oued) ou tous les grands Maitres de la musique classique venaient se produire. M’nemeche l’avait inauguré en 1862. Mohamed Sfindja son disciple prit le relais après son retrait de la scène artistique . Le maitre Nador perpétua la tradition par la suite. C’était dans ce café que l’hadj venait assister à ses soirées en pensant qu’un jour il fera partie de son orchestre. Après le décès brutal de Nador, El Anka fut désigné par les musiciens pour assurer le rôle de chanteur du Medh dans la troupe de Nador. El anka avait géré une première fois(40-45) ce café ou Mrizeq était un élève, et qhiwdji son demi-frère organisait les orchestres et les agendas des chouyoukh pour les fêtes familiales. M’rizek l’avait géré de 45 à 55 ou tous les Maitres venaient se produire (M’newer, Khlifa Belkacem et m’rizeq lui-même. Mes parents habitaient Malakoff Juste au dessus de la terrasse du café. Mon père fréquentait le monde qui entourait l’anka.

    ===>Merci mon frère, pour ces précieuses informations.

    – Plus tard je suis devenu son coursier attitré. je lui achetais les cigarettes(4 paquets de cigarettes Gitane, c’était un gros fumeur, c’était la cigarette qui l’avait tué). Je lui achetais aussi les journaux(Moudjahed et echhaab). Un jour, il voulait testé mon niveau scolaire, il m’avait fait lire un encadré dans El Moudjahed ou il était question de la guerre du Cambodge. appréciant ma production, interpela mon père qui n’était pas loin et lui dit » ton fils est »qafez » en matière scolaire(j’étais en CM2), sa voie, c’est l’école, ne le lâche pas, il deviendra quelqu’un.
    Aujourd’hui, je suis médecin spécialiste dans les troubles du comportement chez l’enfant en profession libéral à Paris. Mon destin s’est-il joué à ce moment là? .

    ===>C’était un homme expérimenté. Oui, sûrement !

    – On lui attribue beaucoup d’anecdotes souvent fausses, sur son caractère, son insolence, sa suffisance, son arrogance. Moi je peux témoigner de ce qui est vrai et de ce qui est faux. ce que je retiens de lui en tant qu’être , c’était son attitude paternelle, avenant et tendre. Par rapport aux courses que je lui faisait, il ne m’a jamais récompensé en argent. c’était toujours des gâteaux du café(croquet, croissant ou youyou accompagné d’un fraise(lait grenadine) . El Hadj avait racheté ce café en 74 de la famille de M’rizeq décédé en 55. Il l’a géré jusqu’à sa mort en 78. Mon livre s’intitulera « Alger, les fantômes de la cité »,A bientôt. Noureddine

    ===>Je te souhaite beaucoup de succès dans ton projet. Puisse-t-il voir le jour !

  • Omar Laouar:

    Je suis très enchanté d’être parmi vous. La musique chaâbi me colle depuis toujours!!!!!!!.
    Je voudrais apporter un témoignage tel que me l’a rapporté mon très cherb et regretté collègue de travail rahimahou Allah. Qui a habité el biar (Alger) l’histoire se passait dans le café cercle de el biar un jour el hadj el anka Allah ya r’hou wyarham jmi3 men sar oufat était attablé avec une personne et très occupé à discuter avec elle. Quand une personne accoudé au comptoir invité el hadj à prendre qlque chose ….
    -Ammi el hadj wach rak ,Ammi el hadj ochrob hadja
    -Merci ya oulidi on a déjà pris qlque chose
    Ce dialogue se répéta plusieurs fois et à chaque fois il gênait el hadj et son convive
    En vain la personne insistait et insistait encore …….
    El hadj commandait au garçon un thé ……….il se fait servir …. prend une gorgée du verre de thé….et se rinça la bouche avec…………
    Mon ami rahimahou Allah me raconta alors que la personne s’est éclipsé illico presto

  • Salam khouya Omar,

    Merci pour l’anecdote…

    El Anka était un homme du peuple. Il était très respecté…pour sa modestie et son franc-parler !

    Les gens parfois oublient, le respect que l’on doit à la modestie !
    Le châabi est une école ouverte à tous (hommes et femmes) et tous lui doivent modestement un grand respect…

    Merci d’être passé, mon frère.

    Cordialement, Kamel

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