defi2013 janvier | Coeur en émoi

Archive pour janvier 2013

Djeha et les brochettes

Un jour, Djeha passe devant un marchand de brochettes. Humm! Que cela sent bon! Djeha a faim, mais il n’a pas beaucoup d’argent. Comment faire ? Il va acheter un morceau de pain et… revient. Il s’arrête devant le marchand de brochettes.
– « Tu veux acheter des brochettes ? » demande le marchand.
– « Combien en veux-tu? »
– « Non, non, je ne veux rien acheter » répond Djeha.
– « Alors va-t-en ! »
– « Attends un peu » dit Djeha.

Il prend le morceau de pain et le tient au-dessus des brochettes qui cuisent. La fumée monte vers le pain. Le marchand étonné, demande:

– « Que fais-tu ? »
– « Attends un peu » répond Djeha. « Tu vas voir. »

Au bout d’une minute, le morceau de pain est couvert de fumée et de graisse qui sent bon. Djeha alors porte le morceau à sa bouche et le mange.

– « C’est très bon! » dit il !
– « Merci et au revoir. »
– « Mais tu me dois de l’argent » crie le marchand en colère.
– « Je ne te dois rien » répond Djeha.
– « Je n’ai pas mangé tes brochettes, j’ai pris seulement la fumée. »
– « Allons chez le cadi ! »
– « D’accord ! Allons chez le cadi. »

Ils arrivent chez le cadi et expliquent l’affaire.
Le cadi demande au marchand :

– « Combien d’argent lui demandes-tu ? »
– « Je veux un dinar » répond le marchand.
– « Donne-moi un dinar » dit le cadi à Djeha.

Il prend le dinar, le passe sous le nez du marchand, une fois, deux fois puis il le rend à Djeha.

– « Mais monsieur le cadi » dit le marchand « ce dinar est pour moi. Pourquoi est-ce que vous le lui rendez ? »
– « Voyons! » répond le cadi « Djeha a senti l’odeur de tes brochettes et toi tu as senti l’odeur de son argent. Maintenant personne ne doit rien à personne ! »
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Le clou de Djeha

Un jour, Djeha n’a plus d’argent. Il décide de vendre sa maison. Quelqu’un veut l’acheter alors Djeha lui dit:
– « Je vends ma maison mais dans cette maison, il y a un clou planté dans un mur. Ce clou, je ne le vends pas, il est à moi. Tu n’as pas le droit de l’enlever ni de l’enfoncer. D’accord ? »
– « D’accord dit l’acheteur, j’achète la maison. »

Tous les deux vont chez le notaire pour signer la vente. Sur le papier, le notaire écrit que le clou qui est dans le mur ne peut être ni enlevé ni enfoncé.

Quelques jours plus tard, Djeha trouve un vieux cheval mort, jeté dans la rue. il donne de l’argent à des gens et leur dit:
– « Portez ce cheval mort devant la porte de la maison de Djeha. »

Une fois arrivés, Djeha frappe à la porte et dit aux gens de la maison:
– « Je veux accrocher ce cheval à mon clou ! »
– « Quoi, mais tu es fou! Cette maison est à nous! »
– « Cette maison est à vous mais le clou est à moi. » répond Djeha.
– « Ton cheval est mort et déjà il sent mauvais ! »
– « Le clou est à moi » répète Djeha.
– « Allons chez le cadi. »

Djeha et l’acheteur vont chez le cadi.

– « Montre-moi le papier écrit au moment de la vente » dit le cadi. Djeha montre le papier.
– « C’est vrai » dit le cadi « le clou est à Djeha. Il peut faire ce qu’il veut avec. »
– « Mais monsieur le cadi » dit l’acheteur « aujourd’hui, nous avons un mariage chez nous. Cet homme apporte un cheval mort qui sent très mauvais et il veut l’accrocher au clou ? »
– « Tu as signé le papier » répond le cadi « Il est trop tard. »
– « Monsieur le cadi » dit l’acheteur « c’est d’accord. Je laisse toute la maison à cet homme. Je lui demande seulement qu’il nous laisse finir la fête et après je lui donnerai la clef. »

C’est ainsi que Djeha a retrouvé sa maison !

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Un jour, un homme adossé à un mur, voit passer quelqu’un qui lui dit:
– Connais-tu Djeha ? Je voudrais le rencontrer car on prétend qu’il est rusé. Étant donné que je suis très intelligent, je voudrais me moquer de lui.
L’homme lui répond :
– Peux-tu maintenir ce mur avec ton dos ? Il est fragile ! Et ici, chaque homme du village se relaie, tour à tour, pour éviter qu’il ne tombe. Moi, je vais chercher Djeha et je reviens reprendre ma place.
L’homme s’exécute.
Au bout de quelques heures, des hommes du village qui se demandaient ce qu’il faisait, l’abordent :
– Que fais-tu ?
Il leur explique tout ce qui s’est passé. Ils lui répondent:
– Pauvre idiot, tu avais affaire à Djeha, lui-même !
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Djeha et le savant
Djeha avait une petite barque qu’il utilisait pour faire traverser la rivière aux gens. Un jour son passager était un savant décidé à tester le savoir de Djeha et à lui donner une leçon.
– « Dites-moi, Djeha, comment orthographiez-vous le mot dépressionnaire ? »
– « Je ne sais pas, dit Djeha en continuant de ramer. »
– « Combien font deux tiers de neuf ? »
– « Aucune idée. »
– « comment calcule-t-on la surface d’un triangle ? »
– « Pas la moindre idée. »
– « Vous n’avez donc pas appris cela à l’école ? »
– « Non, je n’ai jamais été à l’école ! »
– « Dans ce cas, la moitié de votre vie est perdue. »
À ce moment même, une terrible tempête survient et la barque commence à couler. Les deux hommes se retrouvèrent à l’eau, assez loin l’un de l’autre.
– « Dites-moi, Monsieur le savant » dit Djeha « Avez-vous appris à nager ? »
– « Non, jamais! » dit le savant qui se débattait pour ne pas se noyer.
– « Dans ce cas » lui cria Djeha « ce n’est pas la moitié mais c’est votre vie entière que vous allez perdre ! »

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Les hommes sont égaux !
Un jour, quatre enfants ont trouvé un sac de noisettes et n’avaient aucune idée de la manière de le partager. Ils virent arriver Djeha et accoururent vers lui en lui disant:
– « Toi Djeha qui a la sagesse pourrais-tu nous partager ce sac de noisettes qu’on a trouvé ! »
Djeha répondit :
– « Mais bien sûr mes chers enfants, seulement dites moi, vous désirez que je vous fasse le partage de Dieu ou le partage d’un simple mortel ? »
Les enfants bien sûr, dirent qu’ils veulent le partage de Dieu !
« Très bien « dit Djeha et il prit du sac de ses deux mains des noisettes qu’il offrit au premier, replongea une main et sortit une grosse poignée qu’il offrit au second.
Dans le sac il ne restait que deux noisettes qu’il donna au troisième!
Le quatrième dit: mais moi j’ai rien reçu !
Djeha répondit : « Vous m’aviez demandé le partage de Dieu, non ?
si vous m’aviez demandé le partage d’un simple mortel, vous auriez tous reçu la même chose ! »

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La marmite qui meurt en couche
Djeha vient frapper un jour à la porte de sa voisine Fatima :
– « Veux-tu me prêter une de tes marmites ? J’en ai besoin pour faire mon repas. »
– « Bien sûr », lui dit-elle, « je vais te la chercher. »
La voisine revient avec une marmite de taille moyenne qu’elle donna à Djeha. Le lendemain, Djeha posa une petite marmite à l’intérieur de la première et frappa à la porte de sa voisine.
– « Merci beaucoup, ma sœur. Voici ta marmite, elle m’a rendu grand service. »
– « Mais, Djeha, la petite marmite n’est pas à moi! »
– « Mais si! Durant la nuit, ta marmite a accouché d’une petite. C’est sa fille, donc elle te revient de droit. »
La voisine se moqua de la crédulité de Djeha mais fut contente de gagner une petite marmite.
Quelques jours plus tard, Djeha frappa à nouveau à la porte de sa voisine.
– « Peux-tu encore me prêter une de tes marmites ? »
– « Avec joie », lui répondit-elle. « Je m’en vais te prêter la plus grande et la plus belle. »
La voisine espérait récupérer une deuxième belle marmite. Djeha prit la grande marmite, remercia sa voisine et rentra chez lui.
Deux jours passèrent puis quatre, sans aucune nouvelle de Djeha.
La voisine commença à s’inquiéter. Elle finit par frapper à la porte de son voisin.
– « Tu as oublié de me rendre ma marmite. »
– « Je n’ai pas oublié, mais je ne savais pas comment t’annoncer la mauvaise nouvelle. En vérité, alors qu’elle accouchait, ta belle marmite est morte la nuit dans des douleurs atroces. »
– « Es-tu en train de te moquer de moi Djeha ? Comment une marmite peut-elle mourir ? »
– « Tu as cru qu’une marmite pouvait enfanter et maintenant, tu refuses de croire qu’elle peut mourir ? »

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Le chat et le gigot

Djeha va au marché et achète un gigot de trois livres.
Il rentre chez lui et donne la viande à sa femme, en lui demandant :
– Voici la viande pour le déjeuner. Fais-la cuire à point, comme je l’aime !
Puis il sort.Sa femme fait cuire le gigot.
On frappe à la porte, elle ouvre : c’est son frère qui revient de voyage. Il a faim. Tous deux se mettent à table et finissent par manger tout le gigot. Djeha rentre et dit :
– Ça sent bon ! Où est la viande que j’ai achetée ?
– Le chat a tout mangé pendant que j’étais occupée à faire le ménage, répond sa femme.
Djeha court après le chat.
Il l’attrape et le met sur le plateau de la balance : il constate alors qu’il pèse trois livres.
– Scélérate, crie-t-il à sa femme. Si les trois livres sont de la viande où est le chat ? Et si c’est le poids du chat, où est la viande ?
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L’habit ne fait pas le moine

Un jour, Djeha alla aux bains publics mais on ne le traita pas comme il l’aurait souhaité. On lui donna un vieux peignoir de bain et une serviette élimée. Il ne dit rien et donna une pièce d’or à chacun des hammamjis qui se sont maudits d’avoir été trompés par ses modestes vêtements. Une semaine plus tard, il revint au même établissement. Il fut chaleureusement accueilli, chacun rivalisant avec les autres pour lui offrir le meilleur service possible.
En sortant, il donna un tout petit pourboire.
– Comment dirent les employés, cette somme ridicule pour ce que nous t’avons offert ?
– Ceci, répliqua Djeha, c’est pour la manière dont j’ai été traité la semaine dernière. Le pourboire de la semaine dernière était pour la manière dont vous m’avez traité aujourd’hui.

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Djeha et le pommier
Djeha, à un certain âge plantait un pommier dans son jardin quand le sultan vint à passer. Il s’arrêta et dit à Djeha, d’un ton moqueur :
– Voyons, pourquoi te donnes-tu tant de peines ? Tu ne mangeras jamais les fruits de ce pommier ! Tu sais bien que tu mourras avant qu’il ne commence à produire des pommes.
Ce à quoi Djeha répondit :
– Oh Sultan ! Nous mangeons les fruits des pommiers plantés par nos pères ! Nos enfants mangeront les fruits des pommiers plantés par nous.
Cette réponse pleine de sagesse plut au sultan qui en récompense, lui donna une pièce d’or.
– Oh Sultan, dit Djeha en empochant la pièce, voyez comme ce pommier a déjà donné des fruits.
Cette remarque fit rire le sultan qui lui donna une autre pièce d’or.
– C’est de plus en plus extraordinaire, s’écria Djeha ! Voilà un pommier qui donne deux récoltes par an.
Le sultan se mit à rire aux éclats et donna une troisième pièce d’or à Djeha.

La valeur d’un conseil
Un jour ses amis ont demandé à Djeha :
– Tu es un homme sage. Peux-tu nous dire ce que tu considères comme le plus précieux au monde ?
– Je considère le conseil, comme étant sans prix.
Ses amis lui ont ensuite demandé :
– Et que considères-tu pour être sans valeur ?
– Je dirai que le conseil est la chose qui a le moins de valeur au monde.
– Eh bien! Objecta son auditoire. Comment une chose peut-elle être à la fois sans valeur et la plus précieuse ? Tu dois faire une erreur !
– Non, mes amis. Je sais de quoi je parle. Un conseil pris peut être précieux mais il devient sans valeur quand on ne l’écoute pas !

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voici des petites histoires de Djeha

-Djeha,comment construit-on un minaret?
-c’est simple: on prend un puits et on le met à l’envers.

-Djeha,de quel coté doit-on se tourner pour faire la prière quand on est en voyage ?
– du coté où on a entreposé ses chaussures.

-Djeha, lequel des deux est le plus important le soleil ou la lune?
– la lune bien sur…
– Le soleil quel imbécile ! Il éclaire pendant qu’il fait jour..

-Djeha, un homme de cent ans peut-il avoir des enfants ?
-s’il a de jeunes voisins, il peut !

-Djeha, que signifie pour toi le mariage ?
– c’est la vie à deux. Pendant le jour, on grogne à deux et la nuit, on ronfle à deux !

-Djeha, pourquoi tu manges les dattes avec leurs noyaux ?
– parce que l’épicier qui me les a vendues, les a pesé avec leurs noyaux !

Un matin, Djeha quitte son domicile pour aller labourer son champs. Sur son chemin, il aperçoit une peau de banane.
– Catastrophe! Je vais encore tomber aujourd’hui!

On demanda à Djeha de montrer son nez, il pointa son oreille.
– ce n’est pas le bon endroit que tu montres Djeha !
– si vous ne montrez pas le faux, vous ne saurez jamais où est le vrai!

– Oh! Khadija ma chérie, la boisson te rend si belle.
– mais je n’ai rien bu, répond sa femme !
– bien sûr, c’est moi qui ai bu…
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un jour, Djeha est monté au minaret de la mosquée et a commencé à crier à pleins poumons. Aussitôt après, il en est descendu et a commencé à courir dans la rue…
– pourquoi cours-tu ainsi ? lui demanda un passant.
_ pour savoir à quelle distance porte ma voix, lui répond Djeha.

Un jour, un mendiant frappe à la porte de Djeha.
– Allah m’a dirigé vers cette maison pour avoir un bon repas.
– désolé dit Djeha, vous n’avez pas frappé à la bonne porte.
La maison d’Allah est la-bas, en lui indiquant la mosquée voisine !

– Quelles sont les meilleures qualités humaines, Djeha ?
– un philosophe m’a dit une fois qu’il y en avaient deux ! Il en a oublié une mais m’a dit l’autre. Pour tout vous dire, j’en ai oublié une, moi aussi !

– Quel âge as-tu Djeha ?
– Quarante ans.
– Mais tu nous as dit la même chose, il y a dix ans!
– Cela prouve que je ne change pas et que je dis la vérité !

Khadija mettait le linge à sécher sur une corde et la chemise de Djeha fut emportée au loin par un vent violent.
– Nous devons sacrifier une chèvre dit Djeha !
– En quel honneur ce sacrifice, lui demanda sa femme ?
– Pour la chance que j’ai eu, en n’étant pas dans la chemise, répondit Djeha !

Djeha achète une paire de chaussures qu’il décide de ne mettre qu’une fois arrivé à la maison.
sur le chemin, son pied heurte une pierre. Il a eu l’ongle du gros orteil cassé.
– Dieu merci ! Heureusement que je n’avais pas mis mes chaussures. Elles n’auraient pas résisté à un coup pareil !

Djeha alla voir son riche voisin pour lui emprunter une somme d’ argent!
– Pourquoi cet argent ? lui demanda son voisin.
– Pour acheter un éléphant, répondit Djeha.
– Si tu n’as pas d’argent, comment vas-tu faire pour prendre soin de cet éléphant?
– Écoute, je suis venu te voir pour emprunter de l’argent et non pour te demander des conseils…
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Promesses
Djeha travaillait au bazar comme porteur occasionnel. Un jour, un marchand l’appela et lui demanda de l’accompagner chez lui pour porter une lourde caisse contenant un lot d’assiettes en porcelaine. Comme Djeha demandait quel serait son salaire, le marchand lui dit :
– Écoute, j’ai tout dépensé et il ne me reste plus d’argent. Je te paierai à la fin de la semaine, quand j’aurai vendu ma récolte de dattes. En attendant, pour t’encourager, je te livrerai trois secrets, en cours de route.
Après un certain temps, Djeha s’arrêta car il ressentait la fatigue. Il demanda alors à l’homme de lui dévoiler le premier secret.
– D’accord, dit ce dernier. Si quelqu’un te dit que cinq et cinq font neuf, surtout ne le crois pas !
Reposé, Djeha reprit son chemin mais il s’arrêta de nouveau et dit au marchand :
– Je ne ferai pas un pas de plus si tu ne me dis pas le deuxième secret.
– D’accord, dit l’homme ! Si quelqu’un te dit que le sable est un aliment très nourrissant, ne le crois pas !
Reprenant son chemin, il arriva exténué à destination, suivi par le marchand, qui lui dit :
– Voici le troisième secret : si quelqu’un te dit que je tiens toujours mes promesses, surtout ne le crois pas !

A ce moment, Djeha lâcha la caisse, qui tomba avec un bruit retentissant. Il dit au marchand :
– En échange de tes trois secrets, je vais, à mon tour, t’en révéler un : si quelqu’un te dit que tes assiettes sont toutes cassées, surtout crois-le !

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Prêt de l’âne
Le voisin :
-Djeha , pourrais-tu me prêter ton âne aujourd’hui
– Malheureusement, c’est impossible je l’ai déjà prêté à mon frère.
A ce moment, on entend l’âne braire dans l’écurie.
Le voisin :
– Mais qu’est ce que j’entends ?
Djeha
– Non mais tu ne crois tout de même pas que je vais prêter mon âne a quelqu’un qui croit plus la parole de mon âne, qu’en ma propre parole !

Vente de l’âne

Djeha
– où vas-tu Ahmed, avec ton vieil âne ?
– bah, je vais au marché car cet âne est si vieux qu’il me tarde de m’en débarrasser tant il me coûte à le nourrir !
– Et bien, je t’accompagne ! Je vais faire un tour au marché.
– Tu comptes le vendre cher ton âne ?
– oh, tu sais Djeha, 1 dirham suffirait et je serais gagnant…
– Si tu veux, Ahmed je pourrais le vendre un peu plus cher !
– Si tu veux, moi je n’ai pas eu beaucoup de chance…

Au marché, Djeha commence à clamer les mérite de cet âne qui est flanqué parce qu’il ne mange rien et qui ne rechigne pas à la tâche ! Les prix grimpent : 100, 200, 500, 1 000 dirhams !
… Djeha continue à en vanter les mérites allant jusqu’à dire qu’il descend de la lignée des ânes de Médine et de ceux qui ont servi les conquérants de l’Espagne…
Les enchères montent : 10 000, 20 000 dirham !!!

A ce moment là, Ahmed détache son âne et dit :
– Non, non, il n’est pas question que je vende un âne de cette qualité !!!

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Djeha est confortablement installé sur le toit en terrasse de sa maison, jouissant de la douceur de l’après midi. Tout à coup, quelqu’un l’appelle de la rue :
– Djeha! Djeha! Viens voir!
– Eh Djeha! Allez descends! J’ai une question à te poser!
Il appelle encore et encore. Djeha qui n’arrive plus à jouir du calme, finit par descendre à contre cœur.
À sa porte, il trouve un homme la main tendue.
– Djeha, peux-tu me donner une pièce d’un dinar ?
– Ah ! C’était ça, ta question importante ! C’est pour ça que tu as dérangé ma tranquillité ! Suis-moi!
Le mendiant grimpe péniblement avec Djeha jusqu’à la terrasse.
– Maintenant, dit Djeha, je te donne ma réponse : c’est non !

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« L’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité. »  

(John Fitzgerald Kennedy)

En Algérie, le président Bouteflika applique les grandes lignes de sa politique intérieure et dicte bien sûr les orientations de tout ce qui touche à sa politique extérieure ! Un président de la république qui agit sans conteste, en tant que ministre des affaires étrangères…

Complètement déphasé, il compte sur ses anciennes connaissances dans un contexte géopolitique très instable. Il ne semble pas se rendre compte que les enjeux politiques ont changé. « Bandung, les non-alignés, le groupe des 77, Yalta, l’OUA et la ligue arabe » sont un souvenir du passé. Juste un épouvantail…
Bien entendu, l’opposition n’est là que pour la galerie ! L’APN et le Sénat sont des institutions pour la conformité et un vœu pieux pour nous rassurer que la constitution est bien là…
Le peuple est livré à lui-même. Il n’est jamais saisi pour des questions qui risqueraient de mettre la patrie en danger ! Nous naviguons à vue.
Il est vrai que le poisson pourrit toujours par la tête !

1/La Tunisie

Le pouvoir d’Alger a toujours soutenu Ben Ali.  Il n’a pas vu venir la révolution du Jasmin ! Il pensait qu’elle serait étouffée dans l’œuf et ce fut la fuite précipitée du dictateur qui remit les choses en place. Bouteflika accorde une aide financière de 100 millions de dollars (71,68 millions d’euros) aux nouveaux dirigeants tunisiens, en signe d’allégeance.

2/La Libye

Encore une fois, le pouvoir d’Alger passa à côté de la plaque avec la même cécité et le même désarroi…
Un vent de panique souffla sur le Maghreb. La rébellion  libyenne accusa ouvertement le régime d’Alger de soutenir le despote en place en armes et en mercenaires. A Alger, c’est le grand mutisme.
Kadhafi est froidement assassiné. Alger réagit. Trop tard, le vent a tourné !

3/L’Égypte se libéra, le Yémen capitula et la Syrie implosa…

Le pouvoir à Alger se cramponna et défendit bec et ongles le régime sanguinaire en Syrie. On ne voulait surtout pas créer un précédent !

P.A.R.T.E.Z

 1er épisode :  le Mali

Tumultueux le Sahel devint vite incontrôlable…

– Le MNLA des Azawad, le MUJAO et l’AQMI déstabilisèrent le Mali et la bande du Sahel.
– Le MUJAO prit en otage, 06 de nos diplomates en poste au consulat d’Algérie, à Gao.

Soudain, tout s’emballa très vite…

On parlait d’appliquer la Chariâ. On parlait aussi d’autonomie pour les touaregs…

L’Algérie a toujours défendu deux principes intangibles :

– La souveraineté nationale.
– La non-ingérence.

Force est de constater que le président Bouteflika pour des raisons inavouées vient honteusement bafouer et fouler aux pieds, la dignité de la nation qui a enfanté la valeureuse révolution de Novembre 1954 !

La visite du président français en Algérie ce 19 décembre 2012, a fait couler beaucoup d’encres, de larmes et sang…

L’opacité étant la carte maitresse d’un régime autoritariste, on ne peut donc se fier qu’aux non-dits de ce voyage d’obédience qui n’a pas finit de livrer toutes ses arcanes. Certains avancent qu’il pourrait s’agir d’un éventuel deal relatif à un 4e mandat présidentiel mais en contrepartie de quoi ?

Ménageant le MNLA pour des raisons  ethniques (nous avons nous aussi, nos touaregs) l’Algérie se retrouve alors pieds et poings liés en accordant à la France colonisatrice le droit de survoler librement notre espace aérien dans un déni flagrant à notre souveraineté nationale !

Pour rappel, le 15 avril 1986, François Mitterrand s’était opposé énergiquement au survol de l’hexagone par les F 111 qui voulaient bombarder la Libye sur ordre de Ronald Reagan !

Bien avant lui en 1958, le général De Gaulle considérant la construction de l’Europe comme un contre-pouvoir à l’hégémonie américaine, voulait une réforme de l’OTAN avec une participation effective de la France aux problèmes mondiaux. Ce qui l’incita à accepter de moins en moins une intégration qui priverait la France de son autonomie et risquerait de l’entraîner dans des conflits qui n’étaient pas les siens…
Il avait tout fait pour éviter une subordination honteuse qui empêcherait la France de recouvrer toute sa souveraineté !
La France n’est pas la France, sans la grandeur, disait-il !
Le 03 mai 1966, la France appliqua les premières mesures restrictives sur les conditions de survol du territoire par les avions de l’OTAN !

Rassurée, la France peut donc sereinement entreprendre son action punitive contre les groupes islamistes présents au Mali.

2e épisode : Ain Amenas

Alors là, tout s’emballe dans une grande confusion…
Aucune logique. Cela sent le coup fourré pour plusieurs raisons !

A/Les assaillants

a)Les faits

– Un groupe d’une quarantaine d’assaillants djihadistes a parcouru des centaines de kilomètres depuis la frontière malienne (ou libyenne)  à bord de plusieurs véhicules, jusqu’à In Amenas.
– Les membres de ce groupe sont issus de huit nationalités : des tunisiens, des libyens, des égyptiens, deux canadiens, des maliens, des nigériens (Niger), des mauritaniens et 03 algériens !
– Le groupe s’en est pris dans un premier temps à un bus transportant des travailleurs ?!
– Quelques heures après, la prise d’otages avait commencé sans que cela n’alerte l’armée, fortement présente dans les parages.
– Le groupe n’a rencontré aucune résistance ni de la part des gendarmes stationnés aux abords du complexe ni de la part de la soixantaine de vigiles privés chargés de la sécurité du site.

D’après les communiqués officiels, ce groupe était lourdement  armé !

L’armement récupéré est composé de :

– six (6) fusils mitrailleurs (FMPK)
– 21 Fusils PMAK
– Deux (02) fusils à lunettes.
– 02 mortiers 60mm avec roquettes.
– 06 missiles de type C5 60mm avec rampes de lancement.
– 02 RPG7 avec 8 roquettes.
– 10 grenades disposées en ceintures explosives.

– Des tenues militaires étrangères.
– La récupération d’un stock de munitions et d’explosifs.

===>Aucun matériel de communications récupéré ?

b)Le constat

Ou bien, ce sont des novices (?) ou alors des enfants de chœur !

Comment un groupe de terroristes, bien conscient des dangers et des enjeux en place, peut-il prendre des risques pour faire avorter une mission suicidaire plus importante, en attaquant un simple bus ?

– Parcourir 400 km en terrain découvert et très bien surveillé ?
– Attaquer un bus et alerter ainsi les forces de sécurité ?
– Permettre aux employés algériens de circuler librement et surtout d’utiliser leurs téléphones portables et/ou de prendre des photos ?
– Cibler « certains » otages et permettre à d’autres de prendre la fuite ?
– De « miner » le site gazier alors qu’aucun engin n’a explosé par la suite même lorsque l’armée avait donné l’assaut…?
– Pourquoi n’ont-ils pas utilisé l’arsenal à leur disposition contre le bus ni contre les forces de sécurité ?
– Pourquoi le choix de Ain Amenas où  le nombre de français  est très insignifiant ?
– Pourquoi certains otages ont été tués par balles alors que d’autres ont été déchiquetés par des ceintures explosives, rendant ainsi très difficiles leurs identifications ?

c)Synthèse

La France a envahi le Mali, un petit africain juste devant nos frontières. Un transfuge de l’AQMI (ou un infiltré) se lance alors dans une périlleuse aventure suicidaire contre notre pays en représailles à cette ignoble agression, sous prétexte que l’Algérie apporte son soutien à la France. Malgré une logistique très sophistiquée, cette opération s’avère n’être qu’un simple coup d’épée dans l’eau !?

B/Les forces de sécurité

a)Les faits

On nous fait prendre des vessies pour des lanternes !

– On nous fait croire que les assaillants sont venus de Libye.
– Les assaillants sont présentés comme issus de plusieurs nationalités !
– L’armement est implicitement imputé aux islamistes libyens.
– D’après monsieur  Xavier Driencourt, l’ambassadeur français en Algérie, il y aurait quelques 40.000 ressortissants français, dans notre pays. Combien dans le Grand Sud ? Plus de 25.000 ?
– Pourquoi avoir utilisé des hélicoptères lors de l’assaut provoquant ainsi, la mort de plusieurs otages ?
– C’est la tactique russe. Fin octobre 2002, un commando tchétchène prend en otage 800 personnes dans un théâtre de Moscou.
A l’aube du samedi 26 octobre, tout s’accéléra. Du gaz soporifique fut éjecté dans l’enceinte. L’assaut donné, les services spéciaux pénétrèrent dans le théâtre en tuant un à un, à bout portant 50 Tchétchènes endormis, femmes et hommes confondus !
L’assaut des forces russes se solde par la mort de 129 otages.

Les forces russes ne travaillent pas à l’occidentale, comme en 1993 où la prise d’otages de la maternelle de Neuilly débuta par le dialogue et la concertation  avant la neutralisation, du forcené en dernier recours par le RAID français.

b/Le constat

– Personne ne s’est rendu compte que les assaillants étaient déjà sur les lieux ? Normal ! Ils étaient déjà là, au milieu de plus de sept cent civils. Ils ne sont pas venus d’ailleurs. Comment cela aurait-il été possible ? On ne peut même pas accéder au Sud sans laisser passer !!!
– On a cité la Libye pour l’incriminer et forcer la main à ses dirigeants afin de les mettre devant le fait accompli.
– Nationalité des assaillants : n’est-ce pas là, un fallacieux prétexte pour une internationalisation du conflit malien ?
Trois algériens parmi les assaillants, ont été arrêtés (ou récupérés ?) par les services de sécurité !
– Un seul français (d’origine basque) a trouvé la mort à Ain Amenas.
– Faut-il ressembler à ce point aux preneurs d’otages que d’envisager, comme eux, la mort pour ces otages ?
– L’Algérie n’a pas essayé de libérer ses 06 diplomates, toujours aux mains du MUJAO depuis plus de trois mois ? Pourquoi ? Deux poids, deux mesures ?
– L’Algérie a toujours préférée les négociations et ne s’est jamais privée de le rappeler aux autres, en toute occasion. Les otages américains ont été libérés le 20 janvier 1981, grâce à une médiation algérienne.  Durant la crise libyenne et syrienne ou pour le Mali. (MNLA, ANSAR Edinne…) Notre pays a toujours prôné le dialogue et la solution politique.

c/Synthèse

Les assaillants ont perdu l’essentiel de leur effectif, perdu leur arsenal, perdu leur crédibilité et leur attaque est un véritable fiasco ! Où est l’erreur ?
Tout cela, nous rappelle étrangement les moines trappistes du monastère de Tibhirine, les massacres de Berrouaghia et ceux de Serkadji …

Le président algérien, AbdelAziz Bouteflika d’habitude si loquace,  s’est emmuré dans un  silence monacal !  Qui ne dit mot, consent !
Est-ce le début de la fin ?

Seddiki Kamel

 

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